mardi 24 mars 2009

Courses urbaines à venir

"Paris - Roubaix est une hérésie !" B. Hinault.

Alors en avant les hérétiques, viens faire ton Paris-Roubaix.
Départ le samedi 11 avril à 17 heures devant le 81 avenue Pasteur à Angers.
Pense à venir avec ton vélo, de quoi réparer les crevaisons, tes ami-e-s, ton envie de jeter bouffer des pavés et d'affronter les éléments.
Laisse chez toi : les chipotis, ton individualisme et la peur de te confronter à l'histoire.



Pignon sur rue. Une énigme citadine.

Amène ton cerveau, un crayon, un antivol, ta bicyclette.
Apporte un goûter et une boisson à partager.
Prends tes responsabilités.
Rendez-vous le 26 avril 2009, place du Pilori à 15 heures.

(clique sur le flyer pour t'inscrire)

mardi 10 mars 2009

Le velo comme outil d'émancipation

"Elle refusa le sillon de l'épouse-ménagère que la société lui avait tracé, découvrant le chemin dangereux de l'égalité et de la liberté."

Par un passeur d'images

mardi 10 février 2009

Techno-colon en libre service

Extrait d'une émission de Basse Intensité, infokiosque radiophonique en direct des faubourgs de l'anti-monde.


Techno-colon en libre service

dimanche 21 décembre 2008

Pétrole, le moment d'acheter ?

Chorus : Oui, oui, vendons notre âme !






Personne n’aura raté la chute brutale des cours mondiaux du carburant. Beaucoup s’en seront réjoui et continuent d'apprécier de voir les prix baisser à la pompe - qui apprécie d'enrichir des humanistes notoires comme Totalfinaelf ? - même si d'une manière non proportionnelle.


Le yoyo est-il aujourd'hui en bout de course ? La crise énergétique n’était-elle finalement pas un canular monté de toute pièce et relayé par des sites et des blogs aussi catastrophistes que Velo2Ville ?


Un nombre d'individus plus réduit aura largement profité de ces mouvements rapides, d’abord causés par la spéculation. Il est plus que probable que d’autres épisodes de ce type sont à prévoir. D'ailleurs, le mouvement est déjà reparti à la hausse.


Ne s’agit-il pas là encore d’une occasion en or pour tous les exclus présents ou futur, pour tous ceux qui craignent pour leur retraite ? En achetant alors que les cours sont au plus bas une matière première vis-à-vis de laquelle l’économie mondiale est encore loin d’être sevrée, ces individus avisés ne s’assureraient-ils pas des lendemains qui chantent ? N'aurions-nous pas tous intérêt à nous convertir, ne serait-ce qu'à raison des quelques euros d'épargne dont nous disposons, à un capitalisme fort respectueux de notre futur intérêt bien compris, celui qui voudrait que nous cherchions à nous construire nos propres pilotis pour ne pas être submergés sous le tas de fumier auquel 2009 menace de ressembler ?



Peut-être n’y a-t-il pas lieu de pousser la réflexion aussi loin dans le registre métaphysique?Peut-être convient-il, plutôt que de se soucier de faire fructifier son kapital, de réaliser que l’enjeu véritable est ailleurs. Car que se passe-t-il lorsque les bases d’un système vacillent ?


Sauf à croire qu’ils participent d’une intoxication d’une ampleur inédite à l’échelle de l’humanité, les éléments d'analyse dont nous disposons nous invitent plutôt à envisager une modification radicale du monde connu. Il est vrai, rien ne permet pour l'heure d'exclure que les capitalistes dominant y perdront leur place.



A voir...


Certains pensent que l’état d’esprit que nous adopterons pour envisager cette grande transition conditionnera pour une grande part l’organisation sociale qui pourra s’y maintenir : A quoi peut-il bien servir d'avoir une cabine de luxe lorsque le bateau coule ? Si celle-ci donne droit à un des strapontins contingentés sur le canot de sauvetage, chercher à l'obtenir n'implique-t-il pas, une fois le naufrage consommé, que l'heureux bénéficiaire veuille empêcher vaille que vaille les moins chanceux de grimper à bord ?



Des fictions anticipatrices comme Mad Max et Gunnm, pour ceux qui connaissent, ne nous offrent-elles précisément pas une version capitaliste de ce que pourrait être le chapitre de l'histoire de l'humanité sur le point de s'ouvrir ? Au fond, Georges Monbiot, dans l’article suivant, dont nous vous proposons une libre traduction, ne suggère pas autre chose.


Enfin, une Date


Pour la première fois, l’Agence Internationale de l’Energie avance une date pour le pic de production de pétrole.


Et ce n’est pas rassurant.


Georges Monbiot, The Guardian, 15 décembre 2008


Pouvez-vous imaginer une menace majeure à laquelle le gouvernement britannique ne se préparerait pas ? Il emploie une armée de fonctionnaires, d’espions et de consultant pour évaluer les chances d’attaque terroriste, d’écroulement financier, d’inondation, d’épidémie, et même de chute de météorite, et pour envisager la meilleure réponse déployer si cela venait vraiment à se produire. Mais il est un risque par rapport auquel il paraît plutôt décontracté. Il n’a jamais mené sa propre évaluation de l’état des ressources globales en pétrole ni de la possibilité qu’elles puissent un jour culminer avant d’entrer en déclin.


Lorsque vous lui posez la question, il produit systématiquement la même réponse : « les ressources globales en pétrole sont adéquate pour le futur prévisible.[1] » Il tire cette connaissance, comme il l’indique, des évaluations produites par l’AIE dans ses rapports intitulés « World Energy Outlook ». Dans son rapport de 2007, l’AIE semblait conforter la position du gouvernement. « Les ressources mondiales en pétrole, » indique-t-il, « sont jugées suffisantes pour satisfaire la croissance prévue de la demande à l’horizon 2030[2] » ; il ne se prononce cependant en aucune manière sur la situation au-delà de cette date et ne dit pas si ces ressources seront toujours suffisantes après 2030. En ce qui concerne le gouvernement, là s’arrête la pertinence de la réflexion. Comme la plupart des gouvernement des pays riches, le Royaume-Uni assimile les projections de l’AIE à la parole divine. Plus tôt cette année, j’ai soumis une requête au ministère britannique du commerce dans le cadre de la Liberté de l’information afin de savoir de quel plan d’urgence disposerait le gouvernement pour faire face à l’éventualité d’un pic de production en 2020. Je reçus la réponse suivante : « Le Gouvernement ne juge pas nécessaire d’établir de plan d’urgence spécifique pour l’éventualité d’un pic de l’approvisionnement en pétrole brut survenant entre maintenant et 2020[3]. »


Il conviendrait donc sacrément que l’AIE aie dit vrai. Dans le rapport sur le même sujet commandité par le ministère de l’énergie américain, l’analyste spécialisé Robert L. Hirsch concluait que « sans une adaptation rapide, les coûts économiques, sociaux et politiques » du pic de production de pétrole « seront sans précédent[4]. » Il continue en expliquant ce qu’il entend par « adaptation rapide ». Même une réponse d’urgence apportée mondialement « 10 ans avant le pic mondial » s’ensuivrait, écrit-il, « d’une pénurie des combustibles liquides à peine une décennie après le pic[5]. » Pour éviter l’effondrement économique mondial, c’est « une réponse organisée à la catastrophe 20 ans avant le pic[6] » qui s’impose. Si Hirsch a raison et que la production de pétrole culmine bien en 2028, alors nous sommes profondément dans la mélasse.


Je vous engage donc à graver ceci dans votre esprit : entre 2007 et 2008, l’AIE a radicalement modifié sa position. Jusqu’à l’édition 2008 de son rapport, l’agence se gaussait des individus qui prétendaient que les ressources en pétrole pourraient culminer avant de décroître. Dans son avant-propos à un livre publié en 2005, son Directeur exécutif, Claude Mandil, balayait les inquiétudes de ces derniers en les qualifiant d’oiseaux de mauvais augure. « L’AIE maintient depuis longtemps que rien de tout cela ne doit nous préoccuper » écrit-il. « Les ressources mondiales en hydrocarbures sont abondantes et fourniront facilement le monde en carburant tout au long de sa transition vers un futur assis sur des énergies renouvelables.[7] » Dans l’édition 2007 du World Energy Outlook, l’AIE avançait un taux annuel de déclin de l’extraction à partir des champs pétrolifères existants de 3,7 %[8]. Le rapport présentait ce chiffre comme un challenge à court terme, avec la possibilité d’une rupture temporaire de l’approvisionnement autour de 2015, mais indiquait qu’un investissement suffisant permettrait de palier toute pénurie. Le nouveau rapport, publié le mois dernier, est porteur d’un message très différent puisqu’il avance un taux de 6,7 %, ce qui signifie que le fossé à combler est bien plus large[9].


De manière plus significative, l’AIE suggère pour la première fois dans son rapport de 2008 que les ressources pétrolières mondiales pourraient trouver leurs limites. « Bien que le point culminant de la production totale de pétrole ne soit pas attendu avant 2030, il est prévu que la production de pétrole conventionnel… plafonne dans période antérieure à cette date[10]. » Cet euphémisme révèle une évolution majeure. Jamais auparavant une des prévisions de l’AIE n’avait envisagé explicitement le plafonnement la de production mondiale de pétrole conventionnel (précisément ce que nous voulons dire lorsque nous évoquons le pic pétrolier).


Mais le rapport n’apporte pas davantage de précision. Cela signifie-t-il ou non qu’il nous reste suffisamment de temps pour nous préparer à cette échéance ? Qu’entend le rapport par « dans la période antérieure à cette date » ? l’agence n’a jamais produit de prévision plus précise – jusqu’à maintenant. Pour la première fois, l’Agence, à l’occasion de l’interview que m’a accordé Fatih Birol, son chef économiste, a avancé une date. Et elle devrait glacer les sangs de toute personne comprenant ses implications.


Fatih Birol, le coordinateur du dernier rapport, est un homme de petite taille, intelligent et calme aux cheveux épais et gris et aux sourcils broussailleux. Il m’a expliqué que les nouvelles projections de l’agence s’appuyaient sur une étude majeure des taux de déclin des 800 plus grands champs pétroliers, qu’il a lui-même dirigée. Sur quoi alors se fondaient les précédents chiffres ? « Il s’agissait essentiellement d’une présomption, d’une présomption globale quant aux champs pétrolifères mondiaux. Cette année, nous avons analysé la situation pays par pays, champ par champ, tant sur terre qu’offshore. Nous avons mené un travail très détaillé. L’année dernière il s’agissait d’une supposition, et cette année il s’agit des conclusions de notre étude. » Je lui ai dit qu’il me semblait extraordinaire que l’AIE n’aie pas mené pareil travail plus tôt et ait appuyé ses prédiction sur un travail de divination informée. « En fait personne n’avait mené pareille recherche, » m’a-t-il dit. « Il s’agit là des premières données publiques disponibles[11]. »


N’était-il pas irresponsable d’avancer un taux de déclin de 3,7 % en 2007, alors qu’aucun élément solide ne permettait de l’affirmer ? « Non, nos précédentes prévisions en la matière ont toujours précisé qu’il ne s’agissait que de présomptions fondées sur les meilleures données scientifiques disponibles – et nous avons de la même manière toujours précisé que ces chiffres [pourraient se révéler] supérieurs à nos suppositions. »


Je lui ai alors posé une question à laquelle je n’attendais pas de réponse directe : pouvait-il me donner une date précise à laquelle selon lui l’approvisionnement pourrait cesser de croître ?


« S’agissant des pays non OPEP », me répondit-il, « nous estimons que, d’ici trois à quatre années d’ici, la production de pétrole conventionnel arrivera à un palier, et commencera à décliner. … Pour ce qui est du tableau d’ensemble, pour peu que l’OPEP investisse rapidement, la croissance de la production globale de pétrole conventionnel peut toujours se poursuivre, mais nous nous attendons néanmoins à un plafonnement autour de 2020, ce qui n’est bien évidemment pas une bonne nouvelle s’agissant de l’approvisionnement en pétrole. »


Autour de 2020. Ceci projette une lumière assez différente sur le sujet. La date de Monsieur Birol, si elle se révèle correcte, nous laisse environ 11 ans pour nous préparer. Si le rapport Hirsch est fondé, nous avons déjà raté le bateau. Birol dit qu’il nous faut une « révolution énergétique globale » pour éviter un crack pétrolier qui comprendrait (d’une manière désastreuse pour l’environnement) un mouvement massif vers l’exploitation des pétroles non conventionnelles, comme les sables bitumineux du Canada. Mais rien n’est encore intervenu à pareille échelle, et Hirsch suggère que même s’ils étaient décidés aujourd'hui, les investissement nécessaires et les modifications d’infrastructures ne pourraient pas être réalisés à temps. Fatih m’a confié « je pense que le temps n’est pas de notre côté sur ce coup-ci ».


Quand je l’interrogeais sur l’évolution de la position de l’Agence, il m’a rétorqué qu’elle n’avait jamais vraiment dit quoi que ce soit de différent. « Nous avons dit par le passé qu’un jour viendrait où nous serions à cours de pétrole. Nous n’avons jamais prétendu que nous disposions de centaines d’années de pétrole… mais ce que nous avons dit c’est que cette année, par rapport aux années précédentes, nous avons constaté que les taux de déclin sont significativement plus élevés que ce que nous avions relevé précédemment. Mais notre position consistant à présenter notre voie énergétique comme non soutenable n’a pas changé. »


Il s’agit bien sûr d’une absurdité destinée à sauver la face de l’Agence. Il y a une grande différence entre un taux de déclin de 3,7 % et un taux de 6,7 %. La différence est même encore plus grande entre le fait de suggérer que le monde est engagé dans une voie énergétique insoutenable – un énoncé auquel presque tout le monde peut souscrire – et le fait de révéler que les ressources en pétrole conventionnel sont susceptibles de plafonner en 2020. Si c’est là ce que suggérait l’AIE par le passé, ce n’était pas très clair.


Que faisons-nous maintenant ? Nous pouvons nous enfuir, ou nous pouvons espérer et croire qu’Hirsch se trompe lorsqu’il avance que 20 ans de préparation sont nécessaires, et mettre en œuvre un programme global de crise d’amélioration de l’efficience énergétique et d’électrification. Dans tous les cas le gouvernement britannique aurait mieux fait de commencer à établir des plans d’urgence.


[1] Eg DECC Press Office, 28th October 2008. Statement emailed to Duncan Clark at the Guardian.
[2]International Energy Agency, 2007. World Energy Outlook 2007, page 43. IEA, Paris.

[3]BERR, 8th April 2008. Response to FoI request, Ref 08/0091.
[4]Robert L. Hirsch, Roger Bezdek and Robert Wendling, February 2005. Peaking of World Oil Production: Impacts, Mitigation, & Risk Management. US Department of Energy, page 4. http://www.netl.doe.gov/publications/others/pdf/Oil_Peaking_NETL.pdf
[5] ibid, page 59.
[6]ibid, page 65.

[7]International Energy Agency, 2005. Resources to Reserves: Oil and Gas Technologies for the Energy Markets of the Future, page 3. IEA, Paris.

[8]International Energy Agency, 2008. World Energy Outlook 2008, page 43. IEA, Paris.

[9]International Energy Agency, 2008. World Energy Outlook 2008, page 43. IEA, Paris.

lundi 15 décembre 2008

Interconnexion des problématiques : pédaler ne suffit pas (suite)

Fin de la bagnole, on y est...
Et maintenant ?

Ceux d'entre vous qui ont vu le dernier film des frères Coen comprendront peut-être ce que je veux dire lorsque j'évoque les limites indépassables de la notion de "pensée positive", qui apparaissent crûment une fois que celle-ci ne dispose plus d'aucune assise concrète.

Vous savez, cette pensée positive, chantée et reprise par un de nos anciens premiers ministres les plus drôles (the yes needs the no to win... et autres rafarinées plutôt fines),

Cette pensée positive dont le défaut était censé expliquer tous les tracas des plus désenchantés de nos nouvelles générations perdues,

Cette pensée positive qui constituait l'ultime ligne de démarcation entre les aspirants légitimes au bonheur corporate et les autres, indécrottablement arc-boutés sur des postures archaïques de résistance idéologique,

Cette pensée positive qui, si on l'écoutait, nous commanderait de nous ruer sur les belles voatures toutes neuves à prix cassé, histoire d'être des bons petits patriotes du capitalisme industriel, pendant que les projets de petites exploitations agricoles sont tenus en échec par les SAFER,

?

Eh bien, pour ce qui est des mirobolantes promesses d'une technologie ne requérant que notre foi pour nous assurer un avenir meilleur mais toujours fait de consommation à outrance,

Pour ce qui est du maintien d'une société juste et égale à la seule condition de se plier sans rechigner aux exigences si réalistes du Grand Kapital,

Pour ce qui est de maintenir le niveau de vie des petites mains méritantes, qui se lèvent le matin pour aller mettre les pieds dans la fange graisseuse des lignes de montage,

C'est terminé.

Oui, oui.

C'est pas oui-oui qui le dit, ni bibi,

Non,

C'est Carlos Ghosn,

Grand Humoriste devant l'éternel.

Ceci pour ceux qui croiraient encore que le grippage généralisé d'un système peut laisser la moindre de ses composantes à l'abri.

Question: Combien croyez-vous qu'il y ait de cyclistes à Détroit ?

Réponse : on s'en fout, ils vivent tous dans une ville fantôme.

Notre société a été délibérément construite autour de l'automobile. Lorsque celle-ci ne peut plus tenir sa place, qu'est-ce qu'il reste ?

Il serait de peu d'utilité de continuer la liste des éléments problématiques qui émergent simultanément dans notre si beau système. Vous les connaissez probablement.

Peut-être les tenants les plus impliqués de ce truc en déshérence chercheront-ils encore à nous vendre la solution "tout-techno", avec moult voitures électriques.

Pour autant, vous n'oublierez probablement pas que :


Je ne dis pas qu'il convient de remettre frontalement en question la mobilité individuelle : la SNCF, avec des tarifs défiant plus l'entendement qu'une concurrence que personne ne souhaite, s'en charge (Il ne vous aura bien entendu pas échappé que ses tarifs favorisent ceux qui, dans un contexte où la flexibilité de la force de travail est le critère ultime de sa valeur, peuvent réserver leurs billets plus d'un mois à l'avance).

Non, je dis juste que tout (y compris la politique tarifaire grandes lignes de la SNCF) est à revoir.

Tout,

Vite,

Ensemble,

Dans la restauration des principes directeurs les plus essentiels.

Sinon ?

Homo homine lupus

Sinon ?

Eh bien cette maxime, ce postulat idéologique indissociable de l'ultra-libéralisme, deviendra réalité concrète.

Bien trop concrète.

Encore plus qu'il ne l'est déjà.

En un énoncé par trop performatif, certains des écologistes les plus libéraux esquissent ce que ça pourrait bien vouloir dire.

...

Du haut de nos vélos,

On les laisse faire ?

dimanche 30 novembre 2008

2012, Angers Ville Cyclable extermine la pauvreté

Ou comment remettre les marges à Leur Place – Petit exercice d’étymologie appliquée

Oulah ! Rien qu’à voir le titre, on sent le film d’auteur.

Anticipation ou pas, je sais pas si j’irai le voir.


Arf !


Bon, trêve de plaisanterie, essayons de nous comprendre.

Où placer les limites de la ville ?


Il n’est pas question ici de contours administratifs. Non. c’est plutôt votre subjectivité que ce billet entend interpeller.

Habitant sur les franges de notre douce cité andégave, l'un de vos serviteurs, lorsqu’il met en mots son intention d’enfourcher son vélo pour rejoindre l’un de ses lieux de sociabilité préférés, dit qu’il « va en ville ». Il y a là clairement un abus de langage, car Angers, à proprement parler, il y vit. Bon, dans son quartier, c'est vrai, il peut, les bons jours, acheter du pain, des clous de cercueil, quelques bières ou une douzaine d’œufs. Il pourrait également se rendre à l’église ou au troquet faire un loto si cela l’intéressait. Vous conviendrez qu’on fait plus riche comme vie sociale.

Ainsi, même s’il ne peut se rendre là où il se trouve déjà, l’emploi de l’expression « aller en ville » présente au moins l’insigne intérêt de rendre compte d’une réalité. Pour exister socialement, il se rend dans le centre-ville, où il peut interagir avec ses pairs, mais également constater que le monde continue de tourner, même s’il lui arrive d'avoir l'impression que c’est sans lui ni ses semblables.

Dans le centre, chacun peut constater que l’existence d’autres catégories d’individus est bien réelle. Bref, le centre-ville, qui se trouve justement au « centre » s’est pour lui substitué à la ville proprement dite dans le rôle historique de lieu de liberté. Parce que les services municipaux et commerciaux nécessaires à la vie dans sa forme actuelle y sont concentrés, mais aussi parce qu’il s’y sent plus à l’aise que dans une galerie commerciale offrant (presque) les mêmes services à ceux qui acceptent d’évoluer dans un cadre approprié et contrôlé par des intérêts privés et mercantiles. Parce qu’il peut y faire ses achats, mais aussi parce qu’il peut ne rien y acheter. Parce qu’il peut simplement y exister, échanger, transcender son altérité.

Ne pouvant s’offrir le luxe d’y vivre dans des conditions qu’il juge acceptable, il peut néanmoins, avec sa bicyclette, s’y rendre à l’occasion. Cela lui coûte d’autant moins que le trajet est le plus souvent agréable. Dans le pire des cas, il prend le bus. Cette dernière solution est cependant tout simplement exclue lorsque, dans un jour particulièrement faste, intéressé par un concert moins underground que ceux organisés par l’étincelle, il doit se rendre au Chabada – c’est vrai, c’est plutôt rare. Et cher. Il lui faudrait en effet alors accepter de faire le trajet du retour à pied. Et là il s’agit d’un autre genre d’expédition. Alors, précisément, il ne lui vient même pas à l’esprit de dire qu’il « va en ville »…


…d’où le titre de ce billet un peu long.


L’au-delà du centre de gravité de la ville, ses marges – auxquelles le quartier du Chabada appartient, constitue une destination uniquement pour ceux qui ont quelque chose à y faire. L’utilité de cet au-delà n’est donc au mieux , pour la majorité de la population, que théorique et ponctuelle. Elle est dans tous les cas relative. Ce qui s’y passe est bien réel, mais n’est pas sensible pour tous.

C’est précisément à cet endroit, juste à côté du haut lieu culturel qu’est le Chabada, que notre municipalité se propose de regrouper, au sein d’une future « cité des solidarités », l’ensemble des associations caritatives à action locale, comme les restaurants du cœur, pour l’instant situés en plein centre-ville, non loin de l’étincelle. Ainsi, Angers centre, lieu où il fait bon vivre pour peu qu’on en ait les moyens, aura exterminé la pauvreté.


Oui, tu as bien lu,


EXTERMINÉ.


(Du latin ex – au-delà – et terminus – frontière).


Angers aura mis la pauvreté, dans ce qu’elle a de visible, au-delà de ses frontières. Dans le même ordre d'idée, l'auteur ne peut qu'engager le lecteur intéressé à jeter un oeil sur le désormais arrière-gardiste Exterminez toutes ces brutes de Sven Lindqvist.

Les nécessiteux d'ores et déjà remis aux bons soins de la charité publique (dont tout laisse à penser qu'ils seront de moins en moins nombreux dans les années à venir, c'est bien connu) n’auront, en tant que tels, plus aucune raison valable, sauf à faire les boutiques, aller au restaurant ou au cinéma, de dégrader le paysage du cœur de ville angevin ni donc d'empiéter sur la qualité de vie de ceux qui ont quelque chose d’important à y faire. (Je t'engage sur ce point à t'arrêter deux minutes pour lire Le Mur, journal mural du SLIP, la prochaine fois que tu traineras tes guêtres dans le quartier Saint-Serge, peut-être apprendras-tu deux trois trucs intéressant sur le "management urbain" que l'on s'applique à déployer dans le centre d'Angers).

Nous assisterons ainsi à la mise en œuvre d’une politique volontariste : l’extermination, la mise hors champ de la pauvreté comme alternative fonctionnelle à la résorption d’inégalités qui se creusent plutôt chaque jour davantage (situation à laquelle, reconnaissons-le, l’équipe municipale ne pourrait mais, même si elle le souhaitait).

Gageons que ce refus de transiger avec la bonne conscience des populations solvables – et donc économiquement utiles – se traduira par un renforcement de la cohésion sociale, des valeurs d'entraide et de solidarité si nécessaires à une vie collective harmonieuse et épanouissante. Le contraire serait proprement inimaginable.


C’est de toutes façons une autre histoire.


Bref, vous l’aurez compris, le titre de ce billet n’a rien à voir avec le fait que ce site ait naguère été celui des abattoirs. Ni avec une quelconque ressemblance des locaux en question, à un ou deux miradors près, avec un centre de transit vers d'improbables camps de regroupement, ressemblance que soi-disant renforcerait la proximité de la voie ferrée.

Non, rien à voir.


...


Au moins les pauvres de la ville pourront-ils aller chercher leurs colis alimentaires à vélo. Peut-être même avec l’un de ceux mis gracieusement à disposition par la ville. Ceux qui ne résident pas à Monplaisir y trouveront l’occasion d’une activité physique accrue qui compensera l'effet néfaste pour leur santé des produits industriels dont ils rempliront chichement leurs sacs.


Ils trouveront d’ailleurs sur le présent blog comment construire à moindre frais une remorque fort utile lors de tels trajets utilitaires.


PS : oui, c’est vrai, la banque alimentaire et le secours populaire, institutions cataplasmes apposées sur la jambe de bois des inégalités structurellement générées par notre belle ultralibéralie, sont déjà implantés hors du champ de vision du citoyen-travailleur lambda. Il n’empêche, un tel regroupement ne va à l'encontre d'aucune des dérives les plus glaçantes de notre société que chacun, s’il s’en donne la peine, peut observer quotidiennement.


Mais au fait, n'est-ce pas en notre nom que les décisions, chaque jour, sont prises et mises en oeuvre ?


crédits photos : Un vélorutionnaire angevin de grande taille pour la première et le magazine Vivre à Angers d'Angers Loire Métropole pour la vue d'ensemble.


mardi 18 novembre 2008

Et en plus, on roule à vélo

Nous aussi, nous avons manifesté dans notre vie,
Nous avons même manifesté contre la guerre et pour la paix dans le monde,
Certains d’entre nous ont même manifesté à l’étranger, et certains aux Etats-Unis,

Nous aussi, nous habitons ou pourrions aimer habiter un village de 300 habitants,
Nous avons même imaginé vivre et habiter à la campagne et devenir épiciers,
Certains d’entre nous aimeraient reprendre une vieille ferme et planter des carottes,

Nous aussi avons des ordinateurs portables et des connexions Internets,
Nous avons même créé des blogs politiques et associatifs,
Certains d’entre nous connaissent même des sites libertaires ou anarchistes,

Nous aussi, nous possédons une carte des chemins de fer et destinations de la SNCF,
Nous avons, pour les plus jeunes, une carte 12-25 ans pour voyager moins cher,
Certains d’entre nous ont même été importunés par les voies ferrés dans leur promenade du dimanche,

Nous aussi, nous avons des livres à la maison,
Nous avons même des livres politiques qui expliquent comment renverser le système capitaliste,
Certains d’entre nous ont même écrit des livres subversifs expliquant comment organiser une action militante

Nous aussi, nous aimons la nature,
Nous avons même toutes et tous pensé faire de l’escalade pour profiter des paysages de montagne,
Certains d’entre nous ont même, dangereux qu’ils sont, des mousquetons et un casque d’escalade,

Nous aussi, nous sommes allés à l’école,
Nous avons même essayé de faire des études, voire beaucoup d’études,
Certains d’entre nous ont même obtenus leur diplôme BAC+5.

Si c'est ça être terroriste, alors nous sommes toutes et tous des terroristes de l’ultra-gauche : Arrêtez-nous !

Les aspirants suspects peuvent se signaler au ministère de l'intérieur en signant la pétition de soutien aux détenus : adressez un mail avec nom, prénom et adresse à lafabrique@lafabrique.fr

vendredi 17 octobre 2008

Fabriquer soi-même une remorque vélo monoroue

Bienvenue à l'atelier. Ce premier billet mécanique sur Vélo² énumère les principales étapes d'une fabrication de remorque monoroue.
La première étape du projet : la récup. Un cadre de vélo (pour les haubans et une fourche avant complète), une autre fourche, une planche en bois et une petite roue.
L'outillage : une bonne perceuse (avec forets bois et métaux), une scie à bois (ou scie sauteuse), une scie à métaux (ou disqueuse) et quelques clés plates pour la visserie.
Deux mécanismes sont essentiels pour qu'une remorque monoroue fonctionne pleinement :
En premier, la fixation de la remorque sur l'arrière du vélo doit être articulée afin que l'ensemble épouse le relief du terrain.
Pour ceci, je perce un trou à chaque extrémité d'un profilé alu (2mm ep.) puis je le fixe solidement au cadre.
Ensuite je découpe les deux haubans (bras arrières) du cadre du vélo récupéré. Ils feront office de bras d'attaches pour la remorque. Percage à l'extrémité sur la partie plate.
Je loge une vis avec une partie lisse et deux rondelles caoutchouc . Le tout, bien serré, n'entrave pas la bonne rotation des bras.
Etape suivante.
Découpe de la planche de bois (d'étagère) à la scie sauteuse, d'une taille ajustée au sac qu'elle transportera (30x80 cm), ponçage, pochoir, couche de verni. Je fixe la fourche récupérée à l'aide de quatre vis et met en place la roue de la remorque. Passé ce stade, je place la remorque derrière le vélo à l'aide d'une cale pour déterminer la hauteur la plus adéquate.

Deuxième mécanisme indispensable d'une monoroue : un axe de direction pour que la remorque pivote et suive la trajectoire du vélo.
Sans soudure, le point le plus délicat du projet va consister à relier les bras d'attaches à la fourche qui servira d'axe.
Voici le système appliqué : deux plaques d'acier sont fixées sur la fourche (précisemment sur les deux départs de tubes conservés lors de la découpe du cadre), elles-mêmes traversées par deux tiges filetées, le tout boulonné à chaque extrémité.Sur la partie basse de la fourche, je fixe une équerre pour relier la planche.
Un coup de peinture pour la finition et place aux premiers tests.
Dabord à vide puis avec des charges plus ou moins importantes. Ca semble convaincant. La tenue de route est plus que correcte, quelques grincements sont à noter lorsque la chaussée est déformée.
Avec le recul necessaire, des améliorations/transformations seront probablement apportées.

Cette remorque est une fusion d'éléments d'autoconstructions partagées sur internet, dont deux réalisations m'ont particuliérement inspiré:
La remorque de Lepoune et son système d'axe de rotation- mess#73 - forum Vélotaf.
La remorque d'Amgoun pour l'idée d'une planche de bois comme structure de base - forum du Vélorizontal.

Voici une liste d'autoconstructions non-moins instructives :

Les remorques monoroue :
La remorque Rafale, châssis en aluminium et remorque en bois.
La remorque de Tof74 en aluminium - Voyage forum.
La remorque de Fred en aluminium - Ze Fred's blog.
La remorque de Yann en aluminium - Véleau.
La remorque Monotractée d'Alain et Jean, en bois et aluminium.
La remorque Camping-Bike de Julteam, chassis aluminium et remorque bois - forum vélo artisanal.
La remorque porte-bagage de Pierre (soudure) - forum vélo artisanal.
Le vélo remorque pour enfants (soudure) - Cyclurba.

Les remorques deux-roues :
La remorque en bois de Marc - forum décroissance.
La remorque alu de Pataber - forum décroissance.
Les plans de la cariole du Canard Laqué.
La remorque de Rafi, version 1 et version 2. (soudure).
Une remorque plateau à partir d'une simple palette de bois (Ang).
La remorque en bambou de Majuscool pour Florette le chien - Voyage forum.
La remorque en acier de Syluella (soudure) - Voyage forum.
Et une multitude d'autres expériences partagées.

[EDIT - vendredi 24 octobre 2008]

Comme tout prototype maison, celui-ci a demandé une légère amélioration quant à sa robustesse. J'ai profité de la présence de deux trous filetés sur les haubans (visibles 5 photos au-dessus) pour fixer un profilé alu aprés avoir préalablement scier une petite fente dans l'axe.

Je m'assure ainsi de pouvoir charger davantage la remorque et le grincement (qui provenait finalement des tiges filetées) est supprimé.

mardi 14 octobre 2008

Gloire aux vaincus


Au fil des tours, la terrible côte de Domancy commence à
faire son effet. Hinault y mène une cadence infernale.
Dans sa roue, tout le monde s'accroche à l'image de
Nicolas Sarkozy et Laurence Parisot.

Chanpionnat du Monde des Sallanches, France, 31/08/1980Peste et Choléra présente :
"GLOIRE AUX VAINCUS"
Une fable des temps modernes

En ces temps troublés, nous vous invitons tou-te-s à
enfourcher votre bicyclette pour participer à cette
première course sauvage automnale.

Rendez-vous le samedi 25 octobre, à 15 heures,
devant les Assedic de Verneau au 25 rue Général Lizé.

Venez bien sûr avec votre vélo, un stylo, un antivol et
votre bonne humeur. Prenez aussi vos responsabilités !

mardi 30 septembre 2008

La citation du mois

"Seuls les millionnaires gagnent vraiment du temps en auto. Les autres ne font qu'effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport."

"La vitesse généralisée d'un mode de transport tient compte de la quantité de travail nécessaire à celui qui s'en sert pour acquérir le moyen d'être transporté; pour l'obtenir, il faut diviser le kilométrage annuel effectué par ce mode, par le temps passé en un an dans ce mode de transport et à l'extérieur, par exemple à gagner de quoi le payer;
Jean-Pierre Dupuy a calculé que, pour toutes les classes de revenus « moyennes » - de salarié agricole à cadre supérieur, à l'exclusion des millionnaires-, la vitesse généralisée de la bicyclette est égale ou supérieure à celle de l'automobile ; seuls les très riches gagnent vraiment du temps en auto. Les autres ne font qu'effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport."

(source J
EAN ROBERT, Le temps qu'on nous vole, Paris, Seuil, 1980, p. 64 - L'encyclopédie de l'Agora)

lundi 29 septembre 2008

Le vélo, l'anti-stress pour traitement local

Tout cycliste urbain remontant une file de voitures stagnantes
s'expose à un facteur important de pleine satisfaction.
La notice prescrit généralement une absorption par la
gauche pour des raisons de sécurité, si celle-ci est obturée,
aucune contre-indication n'empêchera d'user de la droite.
Dosage préconisé : intensif progessif - traitement d'une durée minimale
de deux ans jusqu'à fin des travaux
et arrivée du tramway.
Effets secondaires pour le cycliste urbain: possibles crises d'euphories.
Effets secondaires pour l'entourage : impatience, stress et irritations pouvant
se manifester par d’aussi récurrents que ridicules coups de klaxons.
Médecine douce délivrée sans ordonnance.

(Photos Bd Foch - Angers)

mardi 9 septembre 2008

A vélo à l'Amap

Un supermarché ne pourait survivre sans automobile puisqu’il est situé essentiellement en périphérie de ville et donc qu’il dépend de la sur-mobilité des ménages. A moins que ce ne soient les ménages sacrifiant aux exgences de sur-mobilité qui se croient dépendants du concept de supermarché. C'est vrai quoi, y'a des grandes places pour garer des grandes voitures avec des grands coffres pour mettre des gros packs de cola et d'eau minérales dedans. Le tout plus cher qu'au détail parce que bon, qui va aller vérifier les prix alors que les produits soi-disant en promo et leurs homologues au prix habituel sont disséminés sur plus de 1 500 m² de surface commerciale, hein ?
S'aventurer à vélo dans ces zones commerciales, souvent excentrées et toujours aménagées en fonction des besoins des seuls automobilistes, relève autant du non sens que du sport extrème. Parvenu à atteindre l'entrée du complexe sans se faire écraser, ayant résolu le casse-tête du parquage de son véhicule, le cycliste urbain se demande ensuite rapidement ce qu'il a à gagner à passer une heure ou davantage dans un dédale de rayons d'où il ne pourra guère ramener que l'équivalent d'un panier ou deux, mais certainement pas le contenu de tout un caddie.

Bref, par souci de praticité, d'art de vivre, mais aussi pour leur santé mentale, nombre de cyclistes urbains optent davantage pour les commerces de proximité.
En matiére de transport et d'alimentation, les marges de manoeuvres restent à la main de chacun et les utiliser à bon escient pourrait permettre, sait-on jamais, d'impulser une évolution positive.
Partout dans le monde, de plus en plus de gens cherchent à se nourir autrement - se libérer du racket des intermédiaires/transformateurs/empoisonneurs tout en défendant une agriculture humaine. Un pont jeté entre producteurs heureux de son activité et personne ayant besoin de s'alimenter et plaisir à le faire, entre milieu rural et milieu urbain. Une manière de restaurer, autant symboliquement qu'en pratique, l'interconnexion, la symbiose nécessaire entre toute forme de vie et ce qui produit les moyens de sa subsistance.

Soucieux de sortir de sa posture passive du consommateur, le cycliste lassé des grandes surfaces croise, à un moment où à un autre, une Association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP). L'acronyme désigne, en France, un partenariat de proximité "à ma portée" entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un système de distribution de « paniers » composés des produits de la ferme.

Pour le paysan, c'est l'assurance du maintien de son activité agricole grâce à la garantie d'un revenu stable et cohérent; pour le consommateur, des aliments frais, de saison, souvent biologiques ; pour les deux partenaires, un prix équitable. Le tout permettant de court-circuiter un intermédiaire gourmand de marges arrières et d'emplois précaires : la grande distibution.

Voici une liste non exaustive d'Amap dans le maine et Loire, dont une,"L'Aneth" qui distribue ses paniers à la MPT de Monplaisir, 3 rue de l'Ecriture, à Angers (contact : amaplaneth@gmail.com)

dimanche 7 septembre 2008

Dynamique de groupe

Retour en images sur le quatrième anniversaire de la vélorution d'Angers.

Quinze heures passées, la place du Ralliement se remplit peu à peu de cyclistes venus des quatre coins d'Angers, voire même d'un peu plus loin. La plupart des fidèles sont là - ceux qu'on n'avait pas vus depuis longtemps ne voulaient pas rater l'événement - mais il y a aussi les novices, qui viennent un à un enrichir le réseau des cyclistes urbains vélorutionnaires.
La première demi-heure est toujours l'occasion de serrer quelques mains, de se retrouver, de se demander comment la vie a été, pour chacun de son côté... y'a pas à dire, les coïncidences, ça crée des liens. Les moins ponctuels arrivent au compte-goutte, renforçant in extremis les effectifs, et puis ça y est, il est 15 heures 30, heure habituelle du départ. Pas d'itinéraire prévu. Un esprit plus enclin à prendre l'initiative monte en selle. Il lance un "Allez, on y va", rapidement relayé - "C'est parti", "à l'assaut", "Go", et c'est une véritable marée à roues qui s'ébroue, s'élance, se répand. Jusqu'à ce que finalement la masse cycliste prenne possession de la chaussée en y imposant sa présence physique incontestable.

Certains, soucieux de rendre plus explicite la visibilité de notre réunion, recourent à l'image, avec efficacité, il faut bien dire.

L'un des logos du mouvement planétaire Critical Mass. Rappellons qu'il n'existe aucun logo officiel pour ce mouvement qui ne l'est pas lui même.

Le nombre de participants est aujourd'hui plus que suffisant pour que le groupe s'impose naturellement, ce qui rend la relation à l'automobiliste plus facile.
Chacun peut ainsi user de son vélo à sa guise, à son rythme, en toute sécurité dans une ambiance conviviale qui tient plus du "joyeux bordel" que de l'embouteillage des heures de pointe.
C'est là le trait le plus séduisant de la vélorution. Chacun d'entre nous se souvient combien il a été frappé, la première fois, de constater à quel point il était plaisant et reposant de pouvoir évoluer en ville, sur son vélo, sans avoir à craindre le trafic automobile. Combien il était imprévisible d'y trouver un tel plaisir. Les jours de retrouvailles, le rapport de force avec la masse automobile est temporairement inversé. C'est comme si elle n'existait pas, et nous, les cyclistes, pouvons ainsi jouir de la rue sans inquiétude. Le plaisir de la mobilité atteint ainsi une rare pureté.
Cette même remarque revient, inlassablement, au fil des coïncidences, chaque fois dans la bouche de nouveaux participants, surpris, qui ne s'étaient pas imaginé qu'il pourrait être si agréable de se balader en centre ville, à vélo, tout simplement. Comme toutes les connaissances, celle-ci, une fois acquise, demeurera indélébile. Nous ne le savions pas auparavant, mais nous ne l'oublierons jamais, la ville à vélo, c'est vraiment agréable !
Voilà ce qui rend le succès de la vélorution inéluctable (bon, ça et la fin du pétrole, c'est vrai).

On immortalise ce quatrième anniversaire par une photo de groupe et un dernier "lever de vélos".

Moment essentiel entre tous que celui de l'après : rencontres, prises de paroles en petits groupes ou devant tous, échanges d'infos en tout genre, de mails, de numéros de téléphones. On discute matos ou bricolage, on s'aperçoit que nos considérations esthétiques ou politiques ne sont pas aussi singulières qu'on avait pu le craindre ou le penser, on constate que notre sensibilité n'est pas si farfelue. Bref, dans les rues d'Angers, à vélo, on ne sera plus jamais vraiment seuls...

Le temps passe insensiblement, les cyclistes urbains se saluent les uns après les autres alors que la "masse cycliste" se disloque peu à peu. Certains poursuivront l'anniversaire jusque tard dans la nuit.

Post scriptum : S'il y avait eu une petite fête dans la foulée, probable qu'une grande partie des participants s'y serait retrouvée...
Pour les cinq ans, y'aurait peut être quelque chose du genre à goupiller, une couche de plus de coïncidence à ajouter pour y remédier, genre sound system inopiné...

samedi 6 septembre 2008

Sauver la planète à vélo… pour le bénéfice de qui ?


La prise de conscience écologique est indispensable pour adoucir le désastre écologique en cours. Dans cette croisade, quelle valeur nous sert de boussole ?

Sommes-nous mus par le seul instinct de conservation, par essence égocentrique, ou nous plaçons-nous au contraire sous la bannière de valeurs plus ambitieuses ? S’agit-il de préserver la plus grande part de notre confort ou au contraire de permettre à l’humanité, dans son ensemble, de perdurer ?

Moins dépendants de l’automobile, nous permettrons peut-être à des politiques différentes de celles déployées depuis 50 ans de voir le jour. Mais cela suffira-t-il ?

L’humanité est confrontée à une crise alimentaire sans précédent. Beaucoup le savent, mais ne peuvent que supposer la part de responsabilité qui est celle de l’occident dans cette situation. Peu de médias s’attardent à expliciter les mécanismes à l’œuvre.

Dans l’article dont je vous propose la lecture, Georges Monbiot montre que nos assiettes ne sont pas innocentes. Certe, notre culpabilité n’est qu’indirecte, tant nos grands décideurs se dispensent souvent de rendre compréhensibles les décisions prises en notre nom. Je ne suis pas un chantre de la responsabilité individuelle, mais peut-être la modification de nos pratiques quotidiennes, sans attendre qu’elles nous soient dictées par en haut, pourra-t-elle nous libérer un jour de l’hypocrisie représentative actuelle et nous permettre d'imposer des conceptions politiques plus... comment dire... humaines.

Famine manufacturée

Une nouvelle vague de colonialisme alimentaire retire la nourriture de la bouche des pauvres

Georges Monbiot, The Guardian, 26 août 2008, http://www.monbiot.com/archives/2008/08/26/manufactured-famine/


traduction O²

Dans son livre « les holocaustes de la fin de l’ère victorienne », Mike Davis nous narre l’histoire des famines qui frappèrent l’Inde dans les années 1870. La faim commença lorsqu’une sécheresse, causée par El Nino, tua les plans du plateau du Deccan. Alors que la morsure de la famine se faisait sentir, le Vice-Roi, Lord Lytton, supervisa l’exportation vers l’Angleterre d’une quantité record de 6,4 millions d’hundredweight (environ 320 000 tonnes) de farine. Pendant que Lord Lytton menait une vie à la splendeur impériale et commandait, entre autres extravagances, « le repas le plus colossal et le plus onéreux de l’histoire mondiale », entre 12 et 29 millions de personnes moururent[1]. Seul Staline fabriqua la faim à une aussi vaste échelle.

Aujourd'hui un nouveau Lord Lytton s’emploie à concevoir un autre raid alimentaire brutal. Courtisan favori de Tony Blair, Peter Mandelson a souvent donné l’impression qu’il ferait n’importe quoi pour complaire à son maître. Il est aujourd'hui commissaire européen au commerce extérieur. Depuis ses somptueux bureaux de Bruxelles et Strasbourg, il espère imposer un traité qui permettra à l’Europe d’arracher la nourriture de la bouche de certaines des populations les plus pauvres d’Europe.

Quelque 70 % des protéines consommées par les Sénégalais proviennent du poisson[2]. Traditionnellement moins cher que les autres produits animaux, il subvient aux besoins d’une population qui arrive en queue de classement au titre de l’Indice de Développement Humain[3]. Un sixième de la population du Sénégal est employé par l’industrie de la pêche ; les deux tiers de ces travailleurs sont des femmes. Au cours des trois dernières décennies, leurs moyens de subsistance ont commencé à décliner au fur et à mesure que les autres nations pillaient les stocks sénégalais.

L’Union Européenne est confrontée à deux problèmes majeurs en matière de pêche. L’un, qui résulte en partie de son incapacité à manager correctement les pêcheries européennes, tient au fait que celles-ci ne peuvent plus satisfaire la demande intérieure. L’autre résulte du fait que les gouvernements européens n’entendent pas entrer en confrontation avec leurs lobbies de la pêche en démantelant les bateaux excédentaires. L’Union européenne a tenté de résoudre ces deux problèmes d’un coup en envoyant ses pêcheurs en Afrique de l’Ouest. Depuis 1979, elle entretient des accords avec le gouvernement sénégalais qui autorisent nos flottes à croiser dans ses eaux. L’écosystème marin du Sénégal a, en conséquence, commencé à évoluer de la même manière que le nôtre. Entre 1994 et 2005, le poids du poisson pris au Sénégal est tombé de 95 000 tonnes à 45 000 tonnes. Submergée par les chalutiers européens, la pêche sénégalaise périclite : le nombre de bateaux emmenés par la population locale a décru de 48 % depuis 1997.

Dans un récent rapport sur ce pillage, ActionAid montre que les familles de pêcheur qui pouvaient se permettre trois repas par jour doivent désormais se satisfaire d’un ou deux seulement. Alors que le prix du poisson augmente, leurs clients connaissent également la faim. Le même phénomène s’est produit dans tous les pays avec lesquels l’Union européenne entretient des accords en matière de pêche[4]. En échange de misérables flux d’échanges internationaux, leur source primaire de protéine a été pillée.

Conscient de la situation, le gouvernement du Sénégal a refusé en 2006 de renouveler son accord de pêche avec l’Union européenne. Mais les pêcheurs européens, essentiellement espagnols et français, n’ont pas tardé à contourner l’interdiction. Enregistrant leurs bateaux comme sénégalais, ils ont acheté des quotas aux pêcheurs du cru et transféré leurs prises en haute mer depuis les bateaux locaux. Ils peuvent ainsi continuer à capter le poisson du pays, sans être aucunement obligés de l’y commercialiser. Leurs profits sont conservés sur la glace jusqu’à ce que la prise parvienne en Europe.

Les services de Mandelson s’emploient à négocier des accords de partenariat économique avec les pays africains. Ils devaient être signés avant la fin de l’année passée, mais un grand nombre de ces derniers, Sénégal compris, s’y est refusé. Ces accords prévoient le droit pour les compagnies européennes de s’installer librement sur le sol africain et disposent qu’elles y recevront le même traitement que les entreprises locales. Cela signifie que le pays hôte ne serait pas autorisé à traiter différemment ses propres entreprises et les compagnies européennes. Le Sénégal serait ainsi empêché de s’assurer que le poisson pris sur son territoire est employé par sa propre industrie pour nourrir sa propre population. Les subterfuges employés jusqu’à présent par les chalutiers européens seraient légalisés.

La Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique a décrit les négociations européennes comme « insuffisamment inclusives ». Elles souffrent d’un « manque de transparence » et d’une capacité insuffisante des pays africains à saisir les complexités légales[5]. ActionAid montre que les services de Mandelson ont ignoré ces problèmes, accru la pression sur les pays récalcitrants et « emmené les négociations à un rythme plus élevé que ce que pouvaient assumer les pays africains ». Si ces accords sont appliqués de force à l’Afrique de l’Ouest, Lord Mandelson sera responsable d’une nouvelle famine impériale.

Il s’agit là d’un exemple du colonialisme alimentaire qui en vient une fois de plus à gouverner les relations entre les pays riches et les pays pauvres. Alors que les ressources alimentaires globales se resserrent, les riches consommateurs entrent en compétition avec les affamés. La semaine dernière, le groupe environnemental WWF a publié un rapport sur la consommation indirecte d’eau par la Grande-Bretagne du fait de l’achat de nourriture[6]. L’essentiel du riz et du coton que nous achetons provient, par exemple, de la vallée del’Indus, terroir regroupant l’essentiel des meilleurs terres agricoles du Pakistan. Pour satisfaire la demande extérieure, les bassins aquifères de la vallée sont pompés plus vite qu’ils ne peuvent se régénérer. Dans le même temps, la pluie et la neige décroît dans l’Himalaya, probablement du fait du changement climatique. Par endroit, le sel et d’autres poisons pour les cultures se diffusent dans des cours d’eau affaiblis, rendant l’agriculture impossible pour longtemps. Les céréales que nous achetons sont, pour la plupart, librement commercialisées, mais leurs coûts masqués sont intégralement assumés par le Pakistan.

Maintenant nous apprenons que les pays du Moyen-Orient, Arabie Saoudite en tête, sécurisent leurs approvisionnements futurs en nourriture en essayant d’acheter des terres dans les pays les plus pauvres. Le Financial Times rapporte que l’Arabie Saoudite entend mettre sur pied une série de fermes à l’étranger, chacune d’entre elles installées sur des superficies pouvant dépasser 100 000 hectares. Leur production ne serait pas commercialisée mais envoyée directement à leurs propriétaires. Le Financial Times, généralement favorable à la vente, quelle qu’en soit l’objet, agite le « scénario cauchemardesque de céréales expédiées depuis des fermes fortifiées sous le regard des affamés locaux. » L’article indique qu’au moyen « d’accords bilatéraux confidentiels, les investisseurs espèrent être en mesure de contourner toute restriction commerciale que les pays hôtes pourraient imposer en cas de crise. »[7]

L’Ethiopie et le Soudan ont tous deux offert aux pays du pétrole des dizaines de milliers d’hectares[8]. Rien de plus simple pour les gouvernements corrompus de ces pays : en Ethiopie l’Etat considère posséder l’essentiel de la terre ; au Soudan, une enveloppe glissée sur le bon bureau transforme comme par magie la propriété d’autrui en échanges commerciaux internationaux[9]. Pourtant 5,6 millions de Soudanais et 10 millions d’Ethiopiens auraient actuellement besoin de l’aide alimentaire. Les accords proposés par leur gouvernement pourront seulement renforcer ces famines.

Rien ici n’entend suggérer que les pays pauvres ne devraient pas vendre de nourriture aux riches. Pour échapper à la famine, les pays doivent renforcer leur pouvoir d’achat. Ce qui signifie souvent vendre leur production agricole et en accroître la valeur en la transformant sur place. Mais les accords que je viens de décrire n’ont rien d’équitable. Là où ils utilisèrent par le passé la canonnière et le Cipaye[10], les pays riches recourent aujourd’hui au chéquier et aux hommes de loi pour s’approprier la nourriture de ceux qui ont faim. La bataille pour les ressources a commencé, mais – à court terme en tout cas – nous en aurons à peine conscience. Les gouvernements du monde riche se mettront à l’abri du coût politique des pénuries, quand bien même cela signifierait que d’autres populations doivent mourir de faim.



[1] Mike Davis, 2001. Late Victorian Holocausts: El Nino Famines and the Making of the Third World. Verso, London.

[2] ActionAid, 11th August 2008. SelFISH Europe. http://www.illegal-fishing.info/uploads/ActionAidSelFISHEurope.pdf

[3] Indice composite (santé, éducation et niveau de vie) entendant évaluer le bien être des populations (ndt).

[4] Vlad M. Kaczynski and David L. Fluharty, March 2002. European policies in West Africa: who benefits from fisheries agreements? Marine Policy, Volume 26, Issue 2, pp75-93.
doi:10.1016/S0308-597X(01)00039-2
Tim Judah, 1st August 2001. The battle for
West Africa’s fish. http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/1464966.stm

[5] UNECA, EPA Negotiations: African Countries Continental Review, African Trade Policy Centre, February 2007. Quoted by ActionAid, ibid.

[6] Ashok Chapagain and Stuart Orr, August 2008. UK Water Footprint: the impact of the UK’s food
and fibre consumption on global water resources. Volume one. http://assets.panda.org/downloads/wwf_uk_footprint.pdf

[7] Javier Blas and Andrew England, 19th August 2008. Foreign fields: Rich states look beyond their borders for fertile soil. Financial Times.

[8] Barney Jopson and Andrew England, 11th August 2008. Sudan woos investors to put $1bn in farming. Financial Times.

[9] For discussions of how landrights in Africa are overruled, see:

Lorenzo Cotula, September 2007. Legal empowerment for local resource control. International Institute for Environment and Development. http://www.iied.org/pubs/pdfs/12542IIED.pdf

Camilla Toulmin, 2006. Securing Land and Property Rights in Africa: Improving the
Investment Climate. Chapter 2.3 of the Global Competitiveness Report, World Economic
Forum, Switzerland.

[10] Soldat auxiliaire indigène (ndt)

Notes perso :

Ah ben c'est pour ça qu'ils préfèrent venir jouer les clandestins chez nous, alors...

Oui oui, tout s'explique. Je me demandais souvent pourquoi certains de mes compatriotes s'étonnent que les immigrés clandestins risquent leur vie à venir chez nous où on les accueille à grand coup de matraque alors qu'ils étaient si bien, chez eux. C'est qu'ils se trompent, ces bons français, voilà. En fait, là bas, nos immigrés, ils crèvent de faim, tout simplement.

Le monde meurt de faim et pédaler ne suffit pas : go vegan !

L'agrofuel n'est pas le seul à accaparer des terres autrefois utilisées pour l'alimentation humaine.
Chaque calorie animale consommée en aura nécessité sept d'origine végétale pour être produite.
Réduire sa consommation de viande jusqu'à remettre en question la place trop importante que celle-ci occupe dans notre régime alimentaire, c'est objectivement favoriser la possibilité qu'advienne un jour un modèle agricole plus équitable. La terre ne peut supporter autant de voitures que d'individus, elle ne peut pas davantage produire de viande pour plus de six milliards de carnivores.

dimanche 17 août 2008

4e anniversaire

Concepteur : RB. Merci Roro !

jeudi 31 juillet 2008

Le monde évolue, mais que faut-il pour qu’il change ?

Bientôt les voies automobiles les plus urbaines seront investies par les deux-roues non motorisés. Comme le montre cette vidéo, ce mouvement a débuté aux Etats-Unis.



La société automobile a atteint ses limites, mais la voiture individuelle est-elle le seul élément à remettre en question ?

A Angers, les voies sur berge sont aujourd’hui soulagées de l’essentiel du trafic qu’elles accueillaient naguère, désormais redirigé vers une bretelle autoroutière flambant neuve.

Nul doute que la mairie se félicitera prochainement de voir cet axe réapproprié par des cyclistes… mais cela devrait-il pour autant susciter l’enthousiasme ? Il ne s’agira pas nécessairement d’une avancée vers une société plus juste, même si la ville sera plus agréable pour ceux qui y vivent, cyclistes compris.

L’argument de la « qualité de vie » est le cheval de bataille des architectes d’une société dissimulant sa sévérité sous des atours agréables pour les citoyens les mieux intégrés et les moins rétifs aux changements en cours : peines planchers qui justifieront bientôt de nouvelles prisons en même temps qu’une surveillance accrue de l’activité sociale et intellectuelle des individus, recul des libertés individuelles, précarisation des plus faibles et expulsions massives d’immigrés, autant d’évolutions, pour n’en citer que quelques-unes, concomitantes de la « prise de conscience écologique », si favorable à l'utilisation de la bicyclette, actuellement en cours.

La mutation de nos villes tend à rendre ces durcissements imperceptibles pour ceux qui n’en font pas les frais.

Est-ce pour cela que nous pédalons ?

Les Etats-Unis viennent d’adopter une "loi" régularisant les écoutes illégales pratiquées depuis plusieurs années avec la complicité des opérateurs privés de télécommunication. En Europe, le « paquet télécom », qui favoriserait la surveillance de l’activité de tous les internautes sera soumise au vote des députés le 22 septembre prochain.

Pour tous ceux, cyclistes ou non, qui préfèrent le respect des droits de l'homme et la liberté à la peur et à la défiance organisée, rendez-vous est donné le 11 octobre 2008.

mercredi 30 juillet 2008

La citation du mois

Merveilleuse transparence de la bicyclette...

«La bicyclette fut peut-être la dernière invention compréhensible par n'importe qui à l'oeil nu. Merveilleuse transparence de la bicyclette, venant après l'évidence de la brouette, la simplicité du tonneau, la franchise du cabestan, la naïveté du vistemboire ! Après, nous entrâmes dans l'ombre. Il m'est souvent arrivé de penser que l'étendue globale de mes connaissances faisait de moi un homme du XVIIIe siècle, pas davantage. Et encore. Diderot, une fois qu'il eut fini de relire les épreuves de l'Encyclopédie, devait déjà être un peu plus ferré. C'est notre paradoxe, depuis la fin du XIXe siècle, que de vivre de plus en plus ignorants dans un monde de plus en plus savant. Dans le même temps où les sciences de la nature obscurcissaient l'univers préexistant (car la connaissance de l'ADN n'explique quelque chose qu'à ceux qui comprennent l'ADN; la science éclaire surtout le scientifique), les sciences appliquées et la technique saturaient le réel d'artefacts et de gadgets qui nous amenèrent peu à peu à la condition d'idiots émerveillés.»

François Taillandier
source : "Vers l'homme futur" - L'humanité

vendredi 25 juillet 2008

Cyclistes aspirant à société équitable cherchent rupture désespérément

En matière écologique et sociale, la politique déployée depuis mai 2007 paraît timorée et cosmétique. Si le grenelle de la communication environnementale a permis de conférer une légitimité certaine à des icônes nationales comme Nicolas Hulot en matière de green washing les réalisations concrètes demeurent indigentes. Bon, c'est vrai, maintenant on pense tous à fermer le robinet pendant qu'on se lave les dents...

Dérailleur grippé, changement de braquet impossible ?

Les faits évoquent plutôt une prolongation des tendances préexistantes, sans jamais sortir du registre « foutage de gueule ». Depuis l'utilisation peu raisonnée de l'aéroplane pour leurs déplacements officiels – notre bon Premier ministre a jugé nécessaire de se rendre à l'inauguration de la nouvelle ligne TGV Est... en avion – jusqu'au conseil de notre ministre de l'économie de recourir au covoiturage, non pour contribuer à endiguer l'effet de serre, mais bien pour faire face à l'augmentation du prix des carburants, les exemples ne manquent pas.

Il serait néanmoins tout aussi hypocrite de la part de nos dirigeants de nous intimer de partager notre voiture pour sauver la planète alors que les nouveaux projets de centrales nucléaires sont mis en route sur fond de multiplication des fuites d'uranium. Le covoiturage, digne d'être encouragé, n'est bien entendu pas en cause ici, mais il est clair que les mesures écologiques structurelles font pâle figure jusqu'à présent.

Égaux devant le rêve, seuls face au cauchemar

importance en termes d'enjeux globaux, mais ilLe comportement de chacun a certes son contribue surtout à définir le système qui viendra ensuite contraindre l'individu dans sa vie quotidienne. Ainsi la rurbanisation et la périurbanisation, décriées ici comme ailleurs pour leurs conséquences prévisibles, ont-elles logiquement aggravé la dépendance de la société occidentale vis-à-vis de l'automobile tout en rendant plus difficile le retour à une agriculture non industrielle. Le piège de cette conception du confort risque aujourd'hui de se refermer implacablement sur ceux qui, au cours des dernières décennies, ont cédé aux puissantes sirènes des Bouygues et autres pavillonneurs sans disposer des moyens d'acquérir en proximité immédiate des villes centres. Les résidants des beaux quartiers d'Avrillé (première couronne d'Angers) pourront venir parader en centre ville grâce au Tramway ou sur leur joli Fatboy G-String Raw à 2 000 euros. Cela coûtera un peu plus de sueur aux habitants des villages situés à plus de 20 km, précisément ceux sur le territoire desquels les lotissements se sont multipliés au cours des dernières décennies.

Anticiper, on s'y met ?

La crise actuelle était prévisible voilà déjà 40 ans, et les choix opérés depuis lors ont largement contribué à son avènement. Par le tout auto, c'était certes la liberté de déplacement que l'on offrait à la grande masse des travailleurs solvables des trente glorieuses, tout heureuse de son nouveau statut de consommateur, mais c'était également la mobilité des biens, des services et des travailleurs que l'on favorisait, pour le plus grand profit du capital.

Sans s'attarder sur le passé, il est possible de s'interroger sur les solutions à déployer face aux difficultés qui se profilent à l'horizon. Différentes approches peuvent probablement se concevoir, qui nous projetteraient dans autant d'avenirs distincts. N'est-ce pas sur ce point que les citoyens auraient leur mot à dire ? N'est-ce pas là l'avis exprimé par les militants antinucléaires lorsqu'ils relèvent que le choix de construire aujourd'hui de nouvelles centrales, sans parler du coût immédiatement associé, limite la marge de manœuvre politique de demain ?

Le déplacement, nécessité sociale et individuelle

Se déplacer en ville, pour rejoindre la ville, pour son travail, pour partir en vacances, autant de nécessités contraignantes. La bicyclette occupera une place importante, si ce n'est prépondérante, au sein des solutions à imaginer et à déployer. Toutes celles imaginables ne se valent pas pour autant.

Devant impérativement réduire la quantité de CO² émis dans l'atmosphère, les gouvernements occidentaux favorisent – comme c'est étrange – les solutions les plus compatibles avec le maintien d'une société structurellement productrice d'inégalités. Taxer lourdement les véhicules les plus polluants après avoir encouragé des modes de vie dépendants de l'automobile sonnera comme une blague amère pour les ménages modestes, qui ne comptent pourtant pas nécessairement au nombre des détracteurs les plus virulents de l'économie de marché. C'est pourtant bien pour ceux qui n'auront d'autre choix que de supporter ces nouvelles charges que la plaisanterie sera la plus cruelle.

Le gouvernement entend obliger les méchants chômeurs à accepter les emplois raisonnablement situés à moins de 30 km de trajet de leur domicile. Bon courage à ceux qui n'ont pas de voiture, qui devront prévoir quelques heures de trajet quotidien. Le sport, c'est bon pour la santé, le vélo, c'est écolo, mais tout de même...

Le bon fonctionnement de notre société suppose la mobilité. Comment en assumer le coût ?
Favorable à la socialisation équitable de cette charge, Vélo2Ville consacrera quelques articles à la question, largement débattue par ailleurs – voir notamment le site du Réseau pour l'Abolition des Transports Payants, de la « gratuité ».

Piste a priori prometteuse en matière de progrès social, les réalités multiples que cette expression peut recouvrir ne sont-elles cependant pas également susceptibles de dissimuler un redoutable cheval de Troie des chantres du green washing ?

A suivre...

image: www.freeimages.co.uk'

samedi 12 juillet 2008

Tout de même...


...c'est fou ce qu'on peut faire avec un vélo sans frein et sans roue libre. Gaffe aux ratiches ceci dit.

Macaframa Productions

jeudi 10 juillet 2008

Méfions-nous des évidences

Avez-vous vu, dernièrement, les bicyclettes se multiplier ?

Il n’est pas question ici de s’en offusquer, tant nous avons pu appeler cette évolution de nos vœux. Il est clair qu’il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit. Comme nous vous l’avions indiqué, en France, pour la première fois de l’histoire post-industrielle, les ventes d’automobiles ont récemment manifesté le début d’un déclin, au même titre que le nombre de kms parcourus. Evènement totalement inédit, ce mouvement gagne également les Etats-Unis, autrement compromis dans une civilisation et un urbanisme « tout auto ».

Il semblerait qu’avec un pétrole flirtant avec les 150 $ le baril, le crash civilisationnel ne soit plus éloigné.

Mais alors plus du tout.

Et ensuite ?

Certes, nous ne nous retrouvons pas dans le modèle de société actuel, aujourd’hui voué à une remise en question brutale et profonde, mais devons-nous pour autant nous abstenir de réfléchir à la suite ?

Les prix de l’énergie, comme de tout ce qui en dépend – les produits alimentaires figurent au premier rang de cette liste – sont appelés à grimper encore davantage. Probablement deviendront-ils rapidement insupportables pour une bonne partie de la population mondiale, celle des pays développés comprise.

La question qui se pose est donc la suivante:

Comment les individus feront-ils face à la crise systémique déjà en cours ? Restaureront-ils l’empathie comme principe directeur ou laisseront-ils consacrer une société davantage individualiste, violente et inhumaine ?

Rappelons ici que la crise des subprimes, que nos médias européens ne couvrent qu’avec une timidité de violette compte tenu de sa gravité, est directement liée au renchérissement du précieux combustible.

Rappelons que les conflits pour le contrôle des ressources énergétiques n’appartiennent plus, depuis plusieurs années, au domaine de l’anticipation et qu’ils sont appelés à se multiplier.

Rappelons enfin que le système financier dérégulé – esprit même de la mondialisation actuelle, est directement impliqué dans le déroulement de cette crise. Comme le prédisaient certaines banques en 2005, le libre jeu de la spéculation promet de porter les prix d’une ressource aussi indispensable au fonctionnement du monde que nous connaissons à des sommets encore inconnus (le baril pourrait atteindre 300 $ d’ici quelques années).

Nombre d’éléments laissent entrevoir un retour du protectionnisme, un repli des civilisations sur elles-mêmes. En un mot, un avenir où les ressorts les plus décriés du néo-libéralisme seraient battus en brèche.

Mais au profit de quoi ?

Dans une société devenue aussi individualiste que la nôtre, quelle sera la réaction spontanée de tous ces ego laissés à eux-mêmes face à un modèle consumériste impossible à maintenir ? Notre modèle de société, loin de proposer une alternative, n’a fait qu’encourager la fuite dans le matériel face à l’anxiété existentielle qui frappe toute forme de vie consciente d’elle-même et de sa finitude.

Chassez le naturel, il revient au galop

Nous pouvons prédire que le réveil, déjà amorcé, sera difficile pour la plupart d’entre nous, peut-être même pour chacun d’entre nous. En effet, la conscience des difficultés à venir ne sera qu’une maigre consolation pour les oiseaux de mauvais augure, habitués à être mis à l’index par la majorité conforme et bien-pensante, lorsque personne ne pourra plus compter sur les grandes surfaces pour s'approvisionner en nourriture.

Et si la dictature écologique qui se profile à l’horizon, focalisant la vindicte sur les comportements individuels en taisant le déterminisme social à l’œuvre, ne devait être qu’une étape supplémentaire dans la division des forces de résistance, condition du parachèvement de l’emprise du système ?

Soudainement culpabilisés et laissés à eux-mêmes, les rurbains, bientôt privés d’emploi, déchus de leurs rêves de réussite conforme et promis à des difficultés matérielles aussi inédites qu’insurmontables, ne risquent-ils pas – la psychologie humaine étant ainsi faite – d’adopter une posture défensive, par définition agressive ?

Au contraire, ceux caractérisés de longue date par une sensibilité écologique affirmée – décroissants, détracteurs du développement durable de tous poils – ne seront-ils pas tentés d’endosser les nouveaux habits d’excommunicateurs qui leurs seront probablement proposés ?

Tous victimes d’une même réalité, même si certains auront d’avantage profité des largesses du système, devrions-nous passivement accepter un avenir où nous nous entredéchirerions ? Repliés sur nous-mêmes, devrions-nous nous-mêmes donner le coup de grâce à un concept d’intérêt général, de bien commun, déjà moribond ? L’ego est-il promis à la victoire sur l’humanité ? Qui, alors, gagnerait au change ?

« Gouverner, c’est prévoir »

Les puissants actuellement aux affaires l’ont toujours su. Peu de chances qu’ils l’aient oublié.

Si notre désir est de nous réapproprier ce pouvoir et l’avenir qui va avec, nous devons également faire œuvre prospective et surtout éviter de nous laisser diriger par nos affects, de tirer des conclusions dictées par l’instant.

Aux rurbains de comprendre leurs erreurs et de réfléchir au moyen de les corriger, d’adapter dès maintenant leur mode de vie sans honte ni rancœur. Les saisies immobilières risquent de gagner nos contrées. Peut-être cette large frange de la population pourrait-elle préfèrer faire œuvre collective, se donner les moyens d’habiter pleinement son cadre de vie tout en en supprimant la dimension pendulaire plutôt que de s’arc-bouter sur un individualisme qui la voue à la déchéance si ce n’est au caniveau ?

Et si, en un opportunisme opportun, tous ces esprits conformistes et conformes, se découvrant une âme de Che, envoyaient bouler pêle-mêle boulots, trajets quotidiens et remboursements d'emprunts à taux variables ? Et s'ils réinventaient les piqueteros, les mettant à la sauce suburb occidental, attendant de pied ferme les uniformes chargés de les expulser en affirmant :
"Nous ne bougerons pas, nous ne paierons pas ! Que les banquiers et le système financier aillent au diable, nous allons nous prendre en main. Nous binerons nos pelouses et écroulerons les deux tiers des maisons. Nous réinventerons le village et l'agriculture vivrière pour nous préparer à accueillir les hordes d'urbains fuyant des villes désormais invivables (sans parler des réfugiés climatiques)" ?
On peut rêver, mais j'en connais qui n'en mèneraient pas large.


Aux activistes écologistes, dans le même temps de se raisonner. Qu’ils n’oublient pas la raison première de leur prise de conscience, de leur engagement : Fut-il en temps utile le seul clairvoyant, quel intérêt aurait l’humaniste à exécuter une sentence contre l’humanité ? Certes, les lotissements ont rogné les surfaces agricoles et naturelles, dopant au passage ventes de voitures, comportements irresponsables et états d'esprit douteux, mais au moins sont-ils déjà possédés par le peuple. Que gagneront les idéologies alternatives à voir toutes ces surfaces accaparées par ceux qui sont déjà de grands propriétaires ? Là encore, rêvons que ces espaces deviennent un océan sur lequel reconstruire le collectif.

Nous sommes tous l’imbécile de quelqu’un. Qu’aurions-nous à gagner à laisser libre cours à la haine, à la revanche ?

Surtout, que risquerions-nous de perdre dans l’opération ?

Le pardon est le privilège des forts, et l’espoir se cultive autant qu’il peut dépérir.

Bon, je veux pas dire pour autant qu'il faudrait pardonner toutes les formes d'entêtement, hein, faudrait pas pousser non plus. Mais face aux difficultés, toutes les bonnes volontés - sincères - seraient bonnes à prendre, non ?

lundi 7 juillet 2008

Bike Punks - Fanzine

"Le fanzine est un journal libre, parfois clandestin (une large majorité d'entre eux n'a pas de dépôt légal), publié sous l'égide du Do it yourself , souvent spécialisé, créé et réalisé de manière désintéressée par et pour quelques passionnés.
On se le procure dans quelques librairies, disquaires spécialisés, lycées, universités, salles de concerts indépendantes, ou par le bouche-à-oreille."
Voici un extrait tiré d'un fanzine formé de trois photocopies A4 repliées, composé d'une BD et d'un assemblage-collage de textes, poèmes et d'images. Trouvé sur le comptoir de L'Etincelle, l'auteur serait un lillois de passage à Angers. Celui-ci a eu la bonne idée de laisser trainer quelques exemplaires de ce fanzine imprégné de liberté.
Bonne route à l'auteur.



mercredi 2 juillet 2008

Angers mon village


L'engrenage frustration - consommation à crédit - prospérité factice que l'on nous vend comme du bonheur n'est pas encore parvenu à déshumaniser tous les individus. Imaginez-vous ? Certains ont dans la tête de faire perdurer des valeurs ancestrales telles que la convivialité, l'entraide et la simplicité !


Rencontrer son prochain, redécouvrir la ville autrement, développer une vie sociale de proximité grâce à la pratique du vélo urbain, bref faire de cette culture émergente une victoire contre l'indifférence à la solitude urbaine et à la déshumanisation qui l'accompagne, voilà l'occasion qui vous est donnée samedi. Rendez-vous, comme chaque mois, à 15h, Place du Ralliement.

dimanche 22 juin 2008

La citation du mois





"L'homme ne court pas à sa perte, il y va en voiture." Auteur inconnu




dimanche 15 juin 2008

Sport et vélo urbain

Aujourd'hui encore, beaucoup de gens n’imaginent même pas pouvoir utiliser un vélo pour se déplacer : ce mode de transport a totalement disparu du champ des possibles. Le vélo souffre essentiellement d’un problème d’image : la majorité de la population l’oublie ou évalue mal ses avantages. A tous les niveaux, les obstacles imaginés sont plus importants que les obstacles réels.

L'effort à fournir, par exemple.

N'avez-vous jamais entendu vos proches ou vos collègues s'exclamer : "Oui, mais toi t'es sportif, tu es jeune". "Ah ! Tu est venu à vélo. Tu es courageux !"

Et non. Les cyclistes urbains sont en grande majorité des non-sportifs. Vous et moi le savons bien, mais eux, l'ignorent (et s'ignorent).

Si le sport professionnel de haut niveau, quel qu'il soit, est depuis longtemps rongé par le système et accuse de nombreuses tares (corruption, dopage, etc), loin de moi l'envie de critiquer l'activité sportive où de nombreux individus se réalisent pleinement.

Seulement, voilà : le vélo urbain n'est pas un loisir et n'entre pas dans le cadre d'une quelconque compétition. Son usage est essentiellement pratique. Contrairement à de nombreuses activités sportives, son utilité est quotidienne sans systématiquement être plannifiée, autrement-dit, le vélo intégre pleinement votre quotidien. La durée de l'exercice est relativement réduite et ne requiers pas de conditions physiques exceptionnelles. L'usage quotidien du vélo permet simplement de se sentir en forme et n'incite donc aucunement à rechercher une activité physique.

Alors prendre sa voiture pour se rendre au terrain de foot ou à la piscine afin de réaliser ses deux heures de sport hebdomadaire, ceci dans le but, souvent inavoué, de palier à une vie trop sédentaire ? Vous n'y pensez-pas. Je suis non-sportif, je me déplace à vélo tous les jours...

jeudi 27 mars 2008

Velorium tremens

Rendez-vous samedi 29 mars, 16h, rue Louison Bobet.
Prendre un crayon et ses responsabilités.
Rayon d'actions

lundi 10 mars 2008

Vitesse et orientation

Avis aux pédales rouillées, le printemps est de retour, occasion toute trouvée de se décrasser un peu...
Certains ont pensé aux cyclistes en manque de sensations fortes et leur proposent une course urbaine. Ne reculant devant aucun péril, Vélo²Ville s'est procuré l'un des flyers circulant sous le manteau pour annoncer l'évènement et vous le présente aujourd'hui en exclusivité mondiale Bizarrement, en ces temps de mondialisation triomphante, les organisateurs n'échappent pas à un certain américanisme. C'est en effet à une alleycat qu'il vous est proposé de participer.


vendredi 22 février 2008

A la conquête de l'espace urbain

Enfin.

Enfin les beaux jours reviennent.

Se disent tous les cyclistes. Ils ont bien raison. Heureusement que le réchauffement climatique emporte également son lot de conséquences agréables, comme le raccourcissement de la phase hivernale.

Bref. Il est bien possible que la prochaine vélorution se déroule sous des cieux plutôt clément. Qui s'en plaindra ?

Pour une fois, une activité culturelle permettra aux curieux de prolonger la balade mensuelle. A l'étincelle sera projeté le film "Live Bicycle", qui permettra aux cycloactivistes (cherche pas dans le Robert, cette entrée n'y figurera qu'à compter de 2010...) angevins de resituer leur "engagement" dans un contexte plus global. Pour ceux qui l'ignorent encore, le mouvement critical mass est planétaire et, au regard du contexte, il ne demande qu'à s'amplifier encore. Bref, ceux que cela intéresserait pourront venir constater la vivacité du phénomène en Europe, plus spécialement en Italie, où s'est tenue, au printemps 2006, la première et autoproclamée "masse critique mondiale".

Par la même occasion, les cinéphiles rempliront la petite salle obscure du seul lieu alternatif de la ville, voué à la fermeture dans le courant de l'été, après 11 ans d'une existence sans compromis. Une belle occasion de lier esprit précurseur et nostalgie par anticipation, avenir et passé, de mesurer à quel point nos actes individuels influent sur notre réalité commune.

A samedi, donc.

PS: reste calé sur la fréquence Vélo², des news arrivent tout prochainement quant à l'actualité sportive des cyclistes urbains. Pour célébrer la fin de l'hiver, ce ne sont pas moins de deux alleycats qui devraient se tenir courant mars dans les rues de notre bonne vieille capitale de l'Anjou.

Faut ce qu'il faut.

samedi 9 février 2008

Travailler plus pour payer sa voiture

La voiture ? Plus qu'un moyen de transport, un art de vivre...

...au moins d'après les publicitaires.

Tu ne le savais pas encore ? Je te laisse en juger, même si ce morceau de choix ne date pas d'hier :


Mais, dans les faits, il semble que ce soit aussi la conclusion à laquelle arrive ce peuple fier et libre qu'est celui des Etats-Unis. Mieux vaut en effet que leur véhicule leur donne le sourire, lorsqu'ils rejoignent chaque jour leur boulot si épanouissant. Comme le rappelle Benoît Lambert, "L'Américain-type consacre plus de 1500 heures par an à sa voiture: il y est assis, en marche ou à l'arrêt, il travaille pour la payer, pour payer l'essence, les pneus, les péages, l'assurance, les contraventions et les impôts. Il consacre quatre heures par jour à sa voiture, qu'il s'en serve, s'en occupe ou travaille pour elle. Et encore, ici ne sont pas prises en compte toutes ses activités orientées par le transport : le temps passé à l'hôpital, au tribunal ou au garage, le temps passé à regarder à la télévision la publicité automobile" .

Personnellement, j'ajouterais que cette moyenne ne pourra, à données constantes, qu'augmenter. Les français, en occidentaux dignes de ce nom, continuent à acheter plus d'une voiture chacun et à alimenter en conséquence les bouchons aux entrées de ville, bloqués qu'ils sont dans leur pavillon implanté sur un carré de pelouse à 25 km de leur lieu de travail et du plus proche supermarché (dont ils dépendent pour approvisionner leur barbecue en charbon de bois).

Et toi, combien de temps passes-tu "autour" de ta voiture ? Et si la vitesse procurée par ta grosse (ou petite) cylindrée n'était en fait qu'une illusion d'optique ? Oui, oui, tu as bien lu, une ILLUSION... Je m'explique :

Ras la caisse t'invite à remplir ce formulaire (en francs) te permettant de calculer ta vitesse réelle (temps passé en voiture + temps de travail pour payer ton déplacement, le tout divisé par la distance effectivement parcourue).

Tu l'auras compris, deux facteurs jouent ici contre la célérité de ton bolide :

1/ les bouchons (vite, plus d'autoroutes, même si la voiture est condamnée à l'extinction),
2/ la faiblesse de ton salaire horaire, puisque moins tu gagnes, plus il te faut d'heures pour payer ta voiture et les frais annexes (vite, des postes de P-DG, ou de médecin, à tout le moins, pour tout le monde).

La prochaine fois qu'en voiture, tu doubles un vélo, il se peut donc qu'il ne s'agisse que d'une impression... (t'as déjà remarqué comment c'est pas cher la vidange, sur un biclou ?)

Tout ceci pour te dire que si, effectivement, laisser ta voiture au garage (voire la vendre après avoir relocalisé ton habitat en un endroit, certes moins champêtre, mais beaucoup plus fonctionnel pour un piéton que Trifouillis-les-Pavillons-Desservis-par-la-Nationale) permettra aux plus riches (qui ont, eux, un garage grand standing en centre-ville ou en première couronne) d'améliorer l'efficacité réelle de leurs déplacements motorisés, ce n'est pas une raison pour ne pas l'envisager.

Car si les privilèges reprennent aujourd'hui du poil de la bête, garde en tête en ces temps de crise que tout ce qui monte doit nécessairement redescendre un jour, les riches dont le melon ressemble à une montgolfière y compris.

mardi 5 février 2008

Réaliser soi-même des stickers

Comment fabriquer soi-même ses stickers ? Voici une méthode parmi tant d'autres pour réaliser une communication par l'autocollant, ce plus petit support d'art de rue.

Matériel nécessaire :

* un ordinateur équipé d'une imprimante laser. Si vous êtes équipé d'une imprimante jet d'encre, cette méthode reste envisageable, seulement vos autocollants ne résisteront pas longtemps aux intempéries.

* avoir préalablement installé le logiciel libre The Gimp sur votre ordinateur, un éditeur d'images puissant (souvent comparé à Photoshop).

* une rouleau de scotch double-face et une paire de ciseaux, en vente dans toutes les bonnes quincailleries.

* un rouleau adhésif vénilia transparent, de fabrication française.

* une table formica et 4 chaises rouges (optionnel).


Aprés avoir réalisé et imprimé votre planche A4, collez en premier l'adhésif vénilia. Pour éviter les plis, faites adhérer une première partie, puis d'une main, exercez une pression sur l'adhésif, de l'autre main, tirez progressivement le support vénilia jusqu'à la couverture complète de votre feuille A4. Ensuite, découpez grossiérement autour de votre planche de stickers.


Retournez votre planche et collez vos bandes de scotch double-face. Assurez-vous que les bandes ne s'enchevêtrent pas les unes sur les autres. De plus, faîtes en sorte qu'il se trouve un intervalle entre deux bandes au dos de chacun de vos stickers, ceci permettant de retirer aisément la protection au moment voulu. Ensuite, vous n'avez plus qu'à découper soigneusement vos stickers.


Les poches de votre pantalon sont désormais remplies de stickers. Au gré de vos envies et des possibilités urbaines, vous collerez vos autocollants où bon vous semble...

mercredi 23 janvier 2008

La citation du mois



"Chaque cycliste, même débutant, sait qu'à un moment ou un autre de sa vie il aura rendez-vous avec une portière de voiture."

Paul Fournel - Besoin de vélo.

lundi 14 janvier 2008

Cyclisme sur autoroute

Petit retour en images sur la petroleum-party du samedi 05 janvier dernier.

Au terme d'une petite balade dans le centre-ville d'Angers ou chaque cycliste a pu renchérir sur le prix du baril de pétrole ( le prix a grimpé en flèche, dépassant les 1000 $ en un temps record), c'est sur le futur contournement d'Angers par l'A11 que nous avons achevé notre périple dans l'ère du pétrole cher.

Ambiance post-pétrole assurée.

Pour assurer la convivialité lors de ce rassemblement spontané, chacun avait apporté quelques réjouissances et breuvages qui ont pu être partagés à l'abri du pont - comme quoi certains ouvrages d'art conserveront une utilité dans l'ère post-industrielle, même si sans commune mesure avec l'investissement qu'ils auront mobilisé.

C'est dans une ambiance bon enfant et sans aucun formalisme que ces protagonistes précurseurs et visionnaires ont ainsi pu échanger sur leur vision de l'avenir après une revigorante promenade sous la pluie. Précisons à ce sujet que le cours des vêtements de pluie - un pantalon imperméable est un must pour pédaler sous les éléments déchainés sans risquer ensuite une pneumonie - est appelé à exploser lui aussi, alors équipez-vous vite ;-).


Ah oui, rendez-vous a été pris pour célébrer le passage du cap des 200 dollars... même lieu, même heure (même s'il neige).

vendredi 4 janvier 2008

L'an 01 - "On arrête tout et on réfléchit"


L'An 01, réalisé par Alain Resnais, Jacques Doillon, Jean Rouch et Gébé, diffusé pour la première fois en salle en 1973, sera projeté sur Angers dans le cadre du festival Premiers Plans.

"On arrête tout et on réfléchit".

Construits à partir de ce slogan, trois récits de politique-fiction imaginés et filmés aux Etats-Unis, en France et en Afrique se succèdent. Une utopie joyeuse. Si joyeuse et si simple que notre cloisement mental en prend un coup (âme individualiste, prévoir une aspirine).

Voici un court extrait, savamment sélectionné, de ce film culte :




"La première Vélorution en France fut organisée au début des années 70 par les Amis de la Terre à Paris contre un projet d'autoroute qui devait longer la Seine et traverser la capitale d'est en ouest. La manifestation réunit plus de 10 000 cyclistes. Tout au long des années 70, ce terme va être repris pour des actions cyclistes. La revue écologiste Silence en fait son titre de une en mars 1983" (wikipédia).


La paternité du terme Vélorution reste controversée. Certains l'attribue à Julos Beaucarne, écrivain et Chanteur wallon. Philippe Colomb, de Vélorution Paris, met tout le monde d'accord : "Personne ne sait exactement d'où vient le terme Vélorution, mais tous ceux qui la rejoignent sont prêts pour la faire".

mercredi 2 janvier 2008

A 100 $ le baril de pétrole, la fête est plus folle


Pour la première fois de son histoire, le cours du pétrole brut a franchi la barre des 100 dollars le baril sur le marché des matières premières à New York. Comme il était convenu, un rassemblement à vélo aura donc lieu samedi 05 janvier 2008 à 15h Place du Ralliement.
Coïncidence fortuite, c'est aussi ce samedi qu'aura lieu la vélorution d'Angers. Le prix du baril de pétrole augmente, la pratique du vélo aussi.

samedi 29 décembre 2007

Le vélotaf

Le vélotaf, c'est quoi ?

vélotaf ou vélotaffe [velotaf] nom masculin
étym. XXIe s. vélo-boulot-écolo ; contraction populaire

* Bicyclette utilisée comme moyen de transport sain pour se rendre sur son lieu de travail. Faire du vélotaf : vélotaffer. A vélotaf ; (critiqué) en vélotaf ; sur son vélotaf. "Pour être en forme et préserver la planète, le vélotaf leur apparut comme l'alternative à l'automobile la plus évidente" (H.de Balzac).
* Par ext. Vélotrain, vélofac, vélochomdu, vélopotes, vélobus, véloplage, véloshopping, etc.
> déplacement à vélo effectué dans un but utilitaire et qui n'exclut pas le plaisir.



Si vous utilisez votre vélo pour vous rendre au boulot ou pour tout autre but utilitaire, Vélotaf.com est le forum de référence pour trouver les réponses à vos questions. Plus que de simples discussions pratiques sur les itinéraires, la sécurité et les équipements, vous y trouverez aussi des discussions traitant l'engagement du vélotaf ainsi que sa considération sociale et politique. En somme, une multitude d'idées déterminant ce simple acte matinal : choisir son vélo plutôt que sa voiture.

lundi 17 décembre 2007

Le vélo a un prix, notre esprit aussi

Angers, par une initiative aussi imparfaite qu'originale, fut une des rares villes à proposer un système entièrement gratuit de mise à disposition de bicyclettes.

Jugeant probablement les retombées pratiques insuffisantes au regard de l'enjeu - le centre ville sera très prochainement inaccessible à la circulation automobile mais le vélo n'est pas devenu pour autant le premier mode de déplacement des angevins - la municipalité actuelle - certainement peu satisfaite de l'impact médiatique de l'opération - en une parfaite illustration du consensus apolitique (qu'est-ce que je parle mal, c'est "transcendant les clivages" qu'il faut dire) qui caractérise notre époque, s'entend avec l'opposition pour faire de l'éco-affichage à peu de frais.

Et pour cause, il n'en coûtera au vainqueur des prochaines municipales que ton intégrité, ami cycliste.

Je m'explique.

A moins d'être récemment rentré de tes vacances passées dans une autre galaxie (en vélo, chapeau), tu as nécessairement eu vent de cette réussite interplanétaire que fut l'entrée en service du Vélib'.

Pour sûr, on a davantage entendu parler en quelques mois des utilisateurs branchés de ce nouveau service que de tous les cyclistes urbains anonymes (et dangereux, et irresponsables, et...) depuis le début du millénaire. Touché par la grâce Delanoienne, la mairie a donc laissé glisser l'idée, applaudie presque sans condition par l'opposition municipale, de décliner cette fomule à la sauce angevine. Nul doute qu'ainsi la dimension cycliste de la douceur angevine sera bien mieux reconnue. Tant pis si les jeunes de "I Love Angers" (qui distribuent des tracts pour Béchu sans bien évidemment n'avoir aucun rapport avec l'UNI/UMP, ah, ah, ah) se précipitent à confondre vélo et vélib' et à ne reconnaître qu'à ce dernier la qualité de "mode de déplacement propre et économique".

Un peu léger pour s'énerver me diras-tu.

Pourtant...

Certes, je n'ai pas la prétention de t'apprendre qu'un grand entrepreneur français se trouve derrière la mise en service des vélib' parisiens. Je ne t'apprendrai pas non plus qu'il a fait - grassement - fortune grâce à la publicité.

Sais-tu en revanche comment s'est faite cette fortune ?

Pour faire simple, une collectivité publique possède son espace public (la rue, les équipements collectifs...) et en réglemente l'usage. Toute "occupation" de cet espace doit satisfaire certaines exigences, et notamment donner lieu au paiement d'un droit d'occupation. Decaux fut un des pionniers de l'affichage publicitaire et conçut un modèle dont le succès ne s'est pas démenti depuis. En fait, les villes ont cru faire une bonne affaire en obtenant de ce grand philanthrope l'implantation d'abribus et de plans de ville, en l'échange de notre liberté visuelle (désolé, j'aime pas plus la pub que toutes les autres formes de manipulation mentale) puisque celui-ci encaisse les sommes versées par les annonceurs pour placarder leurs réclames de mauvais goût un peu partout sur notre passage.

Au fil d'une extension constante de ce modèle, de montages contractuels douteux et de péripéties judiciaires s'étalant sur des années, nous en sommes parvenus à la situation qui prévalait jusqu'à peu : les communes, habituées à accepter la pollution publicitaire en échange de l'installation et de l'entretien d'un mobilier urbain souvent luxueux et parfois inutile, sont devenues de fait le premier appui des publicitaires dans l'espace public.

Non contents de nous vendre leurs gros cubes à longueur d'années, ils voudraient en prime que la petite reine vienne ajouter sa caution !

Sous prétexte de balancer 2000 enclumes pour bobos qui n'auraient jamais envisagé de mettre leurs fesses sur un vélo sans le buzz médiatique qui va autour, ils ne proposent rien de moins que d'amener nos esprits à associer ce fantastique moyen de transport qu'est la bicyclette à la pub, histoire d'enraciner celle-ci encore plus profondément...

Perso, ça ne me convient pas comme deal, et n'y vois pas une réaction provinciale, s'il-te-plaît, c'est simplement que j'accorde un peu de valeur à ce qui se passe entre mes deux oreilles (et aussi un peu à ce qui se passe entre les tiennes).


Le vélo, c'est la voiture du futur

Le vélo, c'est la voiture du futur. A moins que ce ne soit la voiture qui soit le vélo du futur...

Michel de Broin, canadien et artiste contemporain, a retiré toutes les composantes superflues d'une Buick Regal 1986 pour réduire au minimum le poids du véhicule tout en en conservant l'apparence. La carrosserie a ensuite été équipée d’un ensemble mécanique constitué de quatre pédaliers autonomes permettant aux passagers de former un groupe autopropulseur. Une transmission a été mise au point afin de transmettre la puissance fournie par les passagers aux roues motrices et faire varier la démultiplication entre cyclistes et roues afin d’assurer leur accouplement progressif pour les démarrages. Capable d’atteindre une vitesse maximale de 15 km/h, cette voiture modifiée porte la résistance au culte de la performance à un niveau inédit. Mise à la disposition du public, cette voiture à propulsion partagée a permis à quelques volontaires de circuler dans les rues de New York afin de ralentir un peu plus le flot de la circulation.


samedi 15 décembre 2007

Flash mob à vélo

Un "flash mob", terme anglais, traduit généralement par foule éclair ou mobilisation éclair, est le rassemblement spontané d'un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer quelque chose de particulier avant de se disperser rapidement. Généralement organisé au moyen d'Internet, les participants ne se connaissent pas pour la plupart.
Le Flash mob peut se révéler être un outil efficace pour une nouvelle forme de convivialité urbaine, de contestation et une réappropriation de l'espace public, comme nous le démontrent les cyclistes urbains de Lübeck (Allemagne du Nord).




En savoir plus sur les flash mob...

dimanche 9 décembre 2007

Ceci n'est pas un horodateur

Le cycliste peut détourner certains objets urbains de leur fontion première ou de leur utilisation. Aprés y avoir accroché son vélo, cette drôle de machine que l'on nomme horodateur pourra accessoirement servir d'horloge, quant au stationnement interdit, il revêtira un non-sens. Ces détournements cyclistes démontrent en partie comment, à vélo, l'on échappe au système technico-social lié à la voiture.














"Un des grands aspects oubliés de la voiture, c’est son énorme capacité à transformer l’espace autour de nous et nos modes de vie. On acquiert pas simplement une voiture, on acquiert aussi toute une nouvelle relation à l’espace et au temps, de la pollution, du bruit, des amis différents, des relations différentes, un statut différent, un travail pour la payer, et des infrastructures énormes qui incluent entre autre, des routes, des voies rapides, des stations essence, un habitat disséminé, des hôpitaux pour les blessés, des garages, des parkings et des horodateurs, c’est ce qu’on peut appeller le système technico-social lié à la voiture."
(citation de François Schneider - source : Les renseigments généreux)

samedi 1 décembre 2007

Petroleum party à Angers

La fin de l'ère du pétrole bon marché va irrémédiablement entraîner la fin du monde tel que nous le connaissons. L'échéance, proche, nous laisse très peu de temps pour éviter le chaos. Les solutions existent-elles ? N'est-il pas déja trop tard pour chercher une alternative au pétrole ?
Nous pouvons certes dés à présent envisager la sobriété enérgétique dans un contexte flagrant de gaspillage. La seule issue possible consisterait donc, en premier lieu, à amorcer la décroissance pétrolière.

La fin du pétrole bon marché peut être vue comme une catastrophe, mais aussi comme une fantastique opportunité de diminuer le trafic insoutenable et de relocaliser l'économie. Pour en arriver à ce modèle d’alter-développement, c’est dès à présent qu’il faut amorcer une véritable révolution écologique et sociale des mentalités. Chaque jour qui passe apporte davantage d’éléments de preuve que notre mode de vie d’aujourd’hui condamne tout simplement notre existence de demain. La décroissance semble donc inévitable, mais sera-t-elle socialement juste ? Si l'on ne s’empare pas rapidement de la question, nous pouvons craindre que le capitalisme, fort de son extraordinaire capacité de récupération, ne s'en charge, au profit exclusif des dominants, et surtout au grand préjudice de l'humanité.

En Grande-Bretagne - pays reconnu depuis les années 1980 pour son avant-gardisme en matière de politiques sociales et imité depuis quelques années déjà par les froggies d'outre-manche - certains (oh, des doux dingues sans pouvoir; juste leur 1er ministre, quoi...) ont pu suggérer l'instauration de quotas individuels d'émission de carbone. Chacun aurait un droit contingenté d'émission, et tous ses achats, tous ses déplacements, toute sa consommation, y compris pour le chauffage ou la cuisine, seraient décomptés de ce montant maximal. Bien entendu, des dépassements seraient inévitables (on estime ainsi qu'à l'heure actuelle, si l'on divise par la population mondiale la quantité de CO² que la planète peut absorber, un aller-retour aux Etats-Unis en avion équivaut à 1 an de quota individuel...), et assortis d'un prix. Aux pauvres - éventuellement écologistes de longue date et refusant depuis toujours de prendre part au massacre - les restrictions dures, aux riches - marchands d'armes, de lotissements, de crédits, de véhicules tous terrains Ushumachin ou de temps de cerveau disponible - la possibilité, grâce au marché des "droits à émettre", de récupérer les quotas et donc de s'approprier de manière exclusive les attributs de la civilisation de surconsommation occidentale. Qui n'a jamais rêvé de disposer d'un réseau de milliers de kilomètres d'autoroute pour soi tout seul n'a jamais couru le trophée Andros, comme c'est le cas de Jean-Pierre Pernaut, notre Victor Hugo du 21 ème siècle...

Bref, la démocratie va mal. Et en la matière, hors le dialogue et l'échange de vue entre les premiers intéressés (et notamment nous les citoyens concernés de la France d'en bas), point de salut. Alors que l'on cherche à nous isoler toujours davantage et à nous mener au repli sur nous-mêmes, il pourrait être bon de multiplier les initiatives pour affirmer notre confiance en nous-mêmes et en la justesse de nos vues et pour diffuser l'information sur ce qui finira très prochainement par rattraper notre société dans son ensemble. Les rassemblements ne sont pas encore interdits, profitons-en.

Parce que, Grenelle ou pas, nous préférerions décider de nous-même des adaptations à mettre en oeuvre, parce que nous n'entendons pas demeurer passifs pendant que TF1 et l'ORTF nous indiqueraient la marche à suivre, parce que nous n'entendons pas laisser le champ libre à la mise à l'index des seuls comportements individuels qui ne ferait que préfigurer le fascisme de demain, pourquoi ne pas envisager un rassemblement à l'occasion du seuil de dépassement du baril de pétrole à 100 dollars, pour une petite balade spontanée à vélo ?

A défaut d'un banquet digne de 1848, nous pourrions toujours ensuite prendre un moment pour échanger nos vues sur l'avenir...

(cliquez sur le flyer pour l'aggrandir,
suivez patiemment la hausse inévitable du cours du baril
et
préparez-vous à faire la fête !)

mercredi 21 novembre 2007

Petit traité de vélosophie

Petit traité de vélosophie :
Le monde vu de ma selle
Didier Tronchet

Quatrième de couverture
"Et si le vélo était avant tout un moyen de déplacement intérieur ? Une formidable occasion de redécouvrir la ville, mais aussi soi-même... A travers une foule d'anecdotes savoureuses, d'envolées théoriques implacables et volontiers cocasses, sans oublier quelques bouffées d'indignation pamphlétaires contre la barbarie automobile, ce Traité de vélosophie démontre, par l'humour, que le vélo est un outil libérateur de la pensée. Sur un ton léger, mais percutant, l'auteur propose une manière inédite de penser la ville de demain, une ville enfin redevenue humaine après s'être vouée au totalitarisme motorisé. Aussi, quand vous verrez passer un cycliste, ne vous fiez pas à son allure inoffensive. A sa façon il est en train de changer le monde..."

Savourez quelques extraits vélosophiques sur le site de l'association Présence du Touch.

jeudi 15 novembre 2007

Entretien et réparation

Si votre vélo a besoin d'un entretien ou d'un petit réglage, nombreux sont les cyclistes angevins prêts à vous donner un coup de main. Voici les bons tuyaux du mois de novembre :

Samedi 17 novembre de 15h à 17h :
L'association Place au Vélo sera présente aux Trois-Mâts, le centre socio-culturel du quartier des Justices, pour proposer gratuitement petit entretien et conseils techniques.

Dimanche 25 novembre à partir de 15h :
L' atelier vélo de l'association l'Etincelle, c'est l'occasion d'entretenir et de réparer son vélo en profitant du matériel mis à disposition. C'est aussi un moment d'échange des savoirs, que vous soyez novice ou initié en mécanique.


mercredi 14 novembre 2007

La citation du mois

"La vie, c'est comme une bicyclette,
il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre."
Albert Einstein

samedi 10 novembre 2007

Live bicycle, le film


"Live Bicycle est un documentaire consacré au vélo, au mouvement de la Critical Mass et au thème de la mobilité durable/soutenable. Mouvement planétaire de cyclistes, la Critical Mass exige que le vélo reprenne sa place dans le plus quotidien des espaces publics : la rue. Le vélo, seul moyen de transport individuel absolument non polluant, au lieu d'être encouragé, est au contraire de par le monde poursuivi par la plupart des réglementations et des gouvernements .
Le film a été tourné pendant les trois jours de la Critical Mass mondiale qui a eu lieu à Rome les 26, 27 et 28 mai 2006."

La bande annonce :

mercredi 7 novembre 2007

Manifeste des sans-voie "irresponsables"

Des centaines de milliers de cyclistes roulent au quotidien dans les rues des villes françaises. Ils et elles le font dans des conditions dangereuses parce que les véhicules motorisés se sont accaparé la rue, avec le soutien des pouvoirs publics et au mépris des usagers de la voirie les plus vulnérables.

Alors oui, pour essayer de devancer la meute motorisée (dont ils doivent sinon supporter le bruit et l'odeur lorsqu'ils rentrent harassés du travail - ou des assedic - ou qu'il s'y rendent...), il arrive aux cyclistes de passer au rouge, comme le fait n'importe quel piéton ; et alors oui, il leur arrive aussi de prendre un sens interdit, parce qu'il est moins dangereux de croiser une voiture ou une moto que de se faire doubler par elles. Mais, au nom d'un code de la route conçu exclusivement pour les véhicules motorisés, l'autorité publique ne trouve rien de mieux que de sanctionner ces cyclistes, et au prix fort.

Je déclare que je suis l'un-e de ces cyclistes : légitime, mais illégal-e (du moins en France). Je déclare avoir brûlé un feu, avoir pris un sens interdit. Je déclare que, pour ma sécurité, je continuerai à le faire, dans le respect absolu des piétons et sans gêner les autres usagers, tant que n’aura pas été mis en place le code de la rue que nous réclamons.

Signez le manifeste.

vendredi 2 novembre 2007

Eloge de la légèreté

Faire du vélo à Angers, c'est dangereux ?

Faire du vélo à Angers, est-ce dangereux ? C'est la question que vous est posée sur le forum du site Maville.com. "C'est l'auto qui est dangereuse pour les cyclistes" aurait répondu Didier Tronchet afin de démasquer ce glissement sémantique. La présence de chaque vélo sur le bitume est un peu un acte de courage, c'est vrai. Mais à force de pratique, il s'avère beaucoup moins dangereux qu'on ne le répète.


L'incohérence du réseau cyclable semble être le premier point avancé par les cyclistes angevins. Cette situation est en fait vécue par tous les cyclistes urbains. Au point que certains aient eu l'idée de réaliser un bétisier. Je vous invite à découvrir celui de l'agglomération Grenobloise, qui promeut le slamon-vélo entre les poteaux, celui de Clermont-Ferrand, avec sa célèbre piste à angle droit , celui de Toulon pour les adeptes du freestyle et bien entendu celui d'Angers avec ses stops inutiles .
(wouh ouh, on se réveille les urbanistes, ce serait plutôt sympatoche d'arrêter de nous mettre des batons dans les roues. Nous aussi, on a une vie à mener, tout comme vous, alors on va pas poireauter à ce stop débile...). Grosso-modo, vous l'aurez compris, chaque agglomération a ses aménagements spécifiques et ses propres consultants, les "monsieur Vélo" qu'on les appelle...

"Pour ceux qui n’utilisent leur vélo qu’à Belle Ile et pour tous les inconditionnels de la bagnole, la réponse est évidente : il faut plus de pistes cyclables ! Chez les militants en revanche, la position est moins tranchée. Si la plupart des cyclistes apprécient les contre-sens cyclables et les aménagements le long des routes à fort trafic, beaucoup pensent que les pistes cyclables ne sont pas la solution en ville. Elles isolent les cyclistes et empêchent une bonne cohabitation autos-vélos." L'association Pignon sur rue, basée à Lyon, propose d'ouvrir le débat, Vélo² Ville d'Angers soutient : pour ou contre les pistes cyclables ?

mercredi 17 octobre 2007

Le déclin de l'automobile a-t-il commencé ?


Notre société de surconsommation comptait jusqu'à présent peu d'individus prêts à ne serait-ce que limiter l’utilisation de leur véhicule automobile. Celui-ci demeure en effet largement symbole de liberté individuelle. Et pour cause, notre autonomie passe par la possibilité de nous rendre où notre envie nous porte, quelle que soit la distance et quels que soient les horaires des transports en commun, par trop populaires. Peu importe les embouteillages sur l’autoroute des vacances ou sur le périphérique, nous nous contentions habituellement de pester et jurer une fois bloqués dedans.

Il n’est donc pas surprenant que le parc automobile ait augmenté constamment en volume. Il n’est pas plus illogique, mais en revanche beaucoup plus surprenant, de constater que le kilométrage moyen par véhicule baisse pour sa part de manière constante.

Personne n’ignore désormais plus la hausse des cours des matières premières et surtout du père de notre civilisation industrielle : le pétrole. Ces hausses se répercutent sur les prix à la consommation. Ceci était prévisible et annoncé de longue date par certaines voix, demeurées longtemps peu audibles, mais il semble qu'enfin les comportements individuels commencent à accuser le coup de cette progression des prix, qui aura réussi là où la sensibilisation écologique aura échoué.

Malgré cette hausse en effet, le budget moyen consacré par les français à l’automobile demeure stable, ce qui permet à Insee Première d’affirmer ici que ce budget s’adapte aux prix des carburants, tout comme les prix des équipements s'adaptent à l'évolution des dépenses des particuliers mais c'est une autre histoire. Toujours est-il que le nombre de kilomètres parcourus a BAISSÉ en 2005. Encore quelques dizaines d’euros le baril et c’en sera terminé de la suprématie automobile et peut-être de l’urbanisme complaisant.

Nous pouvons raisonnablement rêver d’assister à la révolution cycliste, mais est-ce si simple ?

Ne faut-il pas plutôt craindre les conséquences d’un tel bouleversement qui ne s’accompagnera probablement pas d’une refondation de l’organisation de notre société ? La voiture ne se trouvera-t-elle pas renforcé dans son statut de signe extérieur de richesse, de symbole d’appartenance à la société efficace, productive et socialement légitime une fois que seules les populations solvables – et donc intégrées au monde si sélectif du travail stable – pourront encore prétendre se rendre librement où elles le désirent ?

L’inaccessibilité du déplacement automobile emporte-t-elle rupture avec le modèle actuel, qui érige la capacité de consommation comme jauge indépassable de la valeur des vies ? Je crains que non, mais n’hésitez pas à me faire connaître votre point de vue sur le sujet.

Et puis bon, ne boudons pas notre plaisir. La bagnole recule ; c’est parti pour durer et se renforcer : Hip Hip Hip...


dimanche 14 octobre 2007

La citation du mois

A la mémoire d'André Gorz.

"Le vice profond des bagnoles, c’est qu’elles sont comme les châteaux ou les villas sur la Côte : des biens de luxe inventés pour le plaisir exclusif d’une minorité de très riches et que rien, dans leur conception et leur nature, ne destinait au peuple. A la différence de l’aspirateur, de l’appareil de T.S.F. ou de la bicyclette, qui gardent toute leur valeur d’usage quand tout le monde en dispose, la bagnole, comme la villa sur la côte, n’a d’intérêt et d’avantages que dans la mesure où la masse n’en dispose pas. C’est que, par sa conception comme par sa destination originelle, la bagnole est un bien de luxe. Et le luxe, par essence, cela ne se démocratise pas : si tout le monde accède au luxe, plus personne n’en tire d’avantages ; au contraire : tout le monde roule, frustre et dépossède les autres et est roulé, frustré et dépossédé par eux."

Extrait de "L'idéologie sociale de la bagnole" d'André Gorz, publié dans la revue Le Sauvage en 1973.

samedi 6 octobre 2007

Le vélo et le Hip-Hop

Loin de la thématique récurrente du gangsta-rap qui tourne autour de sujets comme la plastique des femmes, les grosses voitures ou les armes à feu et joue sur ces fantasmes pour construire des personnages en général sans lien avec leur vraie personnalité, il est d'autres rappeurs qui semblent plus en phase avec le quotidien réel...
Voici deux clips, le premier de Trunk Boiz intitulé "Scraper bike", l'autre de Cool Kids. Quand le rap rencontre le vélo...





Nate Byerley et Paul Freedman, co-fondateurs de Rock The Bike, ont mis au point un générateur qui permet de transformer l'énergie humaine en électricité afin d' alimenter une boite à rythme.




Le graffiti est aussi à l'honneur. Des "graffiti tour", balades citadines à pied ou à vélo, s'organisent à Londres, Amsterdam, New York ou Berlin.

"Alexandre Orion se livre à une session de graff dans le tunnel Max Feffer.
Quand la police arrive pour l'en empêcher, elle découvre que l'artiste ne possède ni bombe, ni peinture d'aucune sorte. Il est seulement équipé de chiffons mouillés et dessine des séries de têtes de mort en nettoyant les particules noires déposées par la fumée des pots d'échappement."
(source : Fluctuat.net).

jeudi 27 septembre 2007

Critérium des fossoyeurs

Le collectif Vélocifer à le regret de vous inviter à un rite funéro-vélocipédique de vitesse et d'orientation qui se déroulera le dimanche 21 octobre 2007. Rendez-vous à 13h00 devant le n°10 de la rue Valentin Haüy à Angers. Cliquez sur le flyer pour plus d'infos.

lundi 24 septembre 2007

Autogestion & solidarité cycliste

Les 135 travailleurs de l’usine de fabrication de vélo Bike Systmes GmbH (dans la province de Thuringe Nordhausen - Allemagne) occupent leur usine depuis le 10 juillet 2007. Ils ont décidé de reprendre la production en autogestion. A cet effet, ils ont besoin d’une commande de 1800 vélos d’ici le 2 octobre. Les travailleurs de l’usine, en collaboration avec le syndicat anarchosyndicaliste FAU, lancent un appel à la solidarité.


News 12/10/07 : la campagne "strike.bike" est un succés ! (A voix autre)

dimanche 23 septembre 2007

JC Decaux, le marchand de vélo

"Jean-Claude Decaux a la réputation d'être inaccessible et de ne jamais s'adresser à la presse et encore moins aux caméras". Jérôme Messaoud Fenez à réussi a déjouer la vigilance de ses conseillers en communication pour réaliser cet interview lors de l'inauguration de Vélib'.



JC Decaux : "c'est pas un gadget le vélo. Moi, l'idée m'est venue (celle des vélos en libre service) parce que je fais énormément de bicyclette (comprendre le samedi dans la forêt de Rambouillet) pour mon plaisir personnel."

Comme une bonne idée n'arrive jamais seule, voici quelques références historiques qui permettront de rendre hommage aux véritables initiateurs du système de vélos en libre service :

A partir des années 60, Amsterdam va être au centre d'une révolution ou évolution culturelle qui va s'étendre sur presque 20 ans.
Les Provos, groupe d'anarchistes, mettent en pratique de nouvelles formes d'agitations. Ils proposent rapidement des solutions pratiques à des problèmes concrets en multipliant les initiatives.

A partir de l'été 1965, ils se réunissent sur la place du Spui pour lancer une action. Pour protester contre la pollution et les automobiles, ils mettent en circulation de nombreux vélos peints en blancs mis gracieusement à la disposition de tous, libres de toute taxe, à travers la cité. Mais ils seront confisqués par la police et le vol et le vandalisme anéantiront en quelques mois l'initiative. Malgré tout, cette action ludique mit les pouvoirs publics dans l'embarras et joua un rôle catalyseur pour qu'une meilleure place soit faite à la bicyclette dans l'avenir.

Depuis quelques années déja, Amsterdam a ressuscité ce concept mettant à la disposition du public des vélos blancs pour circuler en ville, mais cette fois-ci garantis contre le vol grace au système de stations. On retrouve désormais ce système dans de nombreuses villes à travers le monde. Des vélos blancs des Provos à Vélib' de JC Decaux, voici une démonstration frappante de la récupération de la contre-culture et de son intégration dans le consumérisme et la culture de masse. A fond la pub...


JC Decaux: "Je vais vous dire une seule chose. Le vélo, ce qu'il y a de génial, c'est que la voiture, le tramway, le taxi, la moto, le scooter, vous passez à la pompe prendre de l'énergie. Là, vous emmenez votre propre énergie et vous vous faites du bien. Trouvez-moi un modéle comme ça, ça n'existe pas. C'est un modéle ou le client apporte sa propre énergie, personne n'a pensé à ça."

Personne n'a pensé à ça...
Pour Ivan Illich, philosophe autrichien, passé un certain seuil de développement économique, les outils deviennent "contre-productifs". L'automobile et la vitesse structurent la société, elles sont donc partie prenante d'une véritable doctrine politique industrielle. Il écrira dans son célèbre ouvrage La Convivialité : "La solution de la crise exige une radicale volte-face: ce n'est qu'en renversant la structure profonde qui règle le rapport de l'homme à l'outil que nous pourrons nous donner des outils justes. L'outil juste répond à trois exigences: il est générateur d'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle, il ne suscite ni esclaves ni maîtres, il élargit le rayon d'action personnel. L'homme a besoin d'un outil avec lequel travailler, non d'un outillage qui travaille à sa place. Il a besoin d'une technologie qui tire le meilleur parti de l'énergie et de l'imagination personnelle, non d'une technologie qui l'asservisse et le programme." C'est cette réflexion qui l'amena à écrire cette phrase, véritable défi à la pensée dominante: "Entre des hommes libres, des rapports sociaux productifs vont à l'allure d'une bicyclette, et pas plus vite.». (source)

mercredi 5 septembre 2007

La fabrique à souvenirs

100 cyclistes réunis lors du 3éme anniversaire, de quoi se fabriquer quelques souvenirs...



Deux articles parus dans Ouest France, rien de bien percutant mais si ça peut susciter chez d'autres cyclistes l'envie de rejoindre la plus grande coïncidence de cyclistes urbains jamais connue à Angers (rien que ça !).

"Ils veulent vélorutionner vos transports"
"La vélorution contre la pollution"

lundi 27 août 2007

Une date à retenir


Plus d'une centaine de cyclistes sont attendus. A chaque anniversaire, c'est l'occasion d'évoluer au travers d'un long peloton et d'entrevoir ce à quoi pourrait ressembler nos rues avec toujours plus de cyclistes. Ceci est une invitation à rejoindre la plus grande coincidence de cyclistes urbains sans organisateurs. Pour plus d'infos, faites un tour sur le forum.

vendredi 10 août 2007

Jours de Fête

Y'a quoi à la rentrée ? Des expos, des films, une véloterie, des balades, des lectures, une bourse d'échanges, etc. Cliquez sur l'image pour accéder au programme.

Bonnes vacances

Un rapide détournement de panneau pour souhaiter de bonnes vacances à tous les cyclistes urbains. Certains d'entre-nous se métamorphoserons en cyclotouriste durant la saison estivale. Pensez à vous alléger au maximum ou bien optez pour une caravane Airstream...


Lien pratique : warmshowers.org est une passerelle web donnant accès à une liste d'internautes offrant l'hospitalité aux cyclotouristes. C'est l'hôte qui détermine l'étendue de son hospitalité : du simple espace pour monter une tente aux repas et de la douche chaude à un lit douillet.

dimanche 24 juin 2007

La fête du vélo vue d'en haut

Voici un récit trés personnel et livré à chaud de la fête du vélo en Anjou, qui avait lieu aujoud'hui dimanche 24 juin 2007.
7h15 : le réveil sonne.
7h25 : le réveil sonne toujours, j'ai enfin la force de me lever. J'ai encore quelques séquelles de ma bringue du samedi soir. Ensuite, café, douche, je vous passe les détails...
7h45 : en selle sur mon tallbike ! (La veille, j'ai pris le temps d'y aposer quelques autocollants à l'effigie de la Vélorution, histoire de faire un peu de propagande...)

Je dois traverser Angers puis Trélazé avant de rejoindre la levée de la Loire réservée aux cyclistes de 08h à 18h. J'appréhende un peu de devoir traverser la ville perché sur cet engin. J'ai eu à plusieurs reprises l'occasion de l'essayer au coin de la rue mais c'est la première fois que j'entame un tel périple avec. Finalement, la traversée d'Angers se déroulera sans encombres, le trafic à cette heure de la journée étant presque nul et il m'aura suffit d'anticiper de loin, plus loin qu'à l'habitude, le passage des feux tricolores, pour que je n'ai pas à m'arrêter ou à griller le feu. Car bien évidemment, la conduite d'un tallbike a cette particularité, celle de compliquer quelque peu les arrêts...

8h20 : ça y est ! J'y suis ! La levée de la Loire rien que pour nous les cyclistes ! Eh hop, je me fond dans la masse. Ah zut, non, pas du tout en fait. On m'a remarqué du haut de mon engin. Les questions, souvent ironiques, fusent dans tous les sens :
- "Y fait beau là haut ?"
- " Y'a un peu de vent mais la vue imprenable sur la Loire, ça compense..."
- "C'est toi qui l'a fabriqué ?"
- "Oui, avec mes potes du gang Rayons d'Action ..."
- " Vous l'avez breveté ?"
- "Heu, je pense qu'il est un peu tard, on est pas les premiers. (le giraffe lamplighter date de 1898)
- "Et comment tu fais pour descendre ? Et comment tu fais pour monter ?"
- "bah comme ça! (démo)"
...







Petite halte à la Ménitré, au port Saint Maur. Un cadre de carte postale. On peut y apercevoir une toue, bateau de Loire traditionnel. Diverses associations ont monté leurs stands. J'y rencontre Xavier, coursier à vélo sur Angers, qui viens faire la promo de sa nouvelle petite entreprise La cyclopostale.
11h00 : direction Le Thoureil. Nouvelle buvette, nouvelle halte. Je me suis arrêté à toutes celles qui se trouvaient sur mon chemin. Je vous vois venir mais c'est pas (que) pour ça ! Ces buvettes sont tenues par des comités des fêtes et autres assos de village. Sans leur contribution, cette journée ne serait pas. J'apporte donc modestement mon soutien en me goinfrant de gateaux maisons. Mais cette buvette, celle-ci précisemment, est incontournable. Elle est tenue par des membres de la société de boule de fort de Bessé, nommée "le casino" par les intimes. L'ambiance est cette année assurée par un groupe de musique country, ça dépote ! Et plus ça dépote et plus les gens s'arrêtent. Et plus les gens s'arrêtent et plus on fait des rencontres !










16h30 : quoi, 16h30 ! Ah oui, quand même ! Bon bah ciao les bikers, à l'année prochaine !

16h40 : traversée du Thoureil, village de charme.

17h30 : J'aperçois une voiture calcinée à la Daguenière. Tout un symbole. La voiture est morte (tout au moins en ville) et cette vélorution tant nécessaire gagne peu à peu les esprits. Pourtant, dans les faits, les changements significatifs se font attendre. Tout le monde s'accorde à dire que c'est l'avenir, seuls pour quelques uns d'entre tous, c'est déjà le présent...


18h00 : J'arrive à Angers. Le trafic du dimanche soir m'attend. Aprés plus de 60 kms à tallbike, j'ai gagné en aisance. Je ne résiste pas à l'envie de m'engouffrer à travers les rangées de bagnoles et à tenir la dragée haute aux automobiles et tout particuliérement aux 4x4 ! Yeah ! De haut de ma selle, la vie est plus belle...

jeudi 21 juin 2007

On m'a piqué mon vélo !

Les statistiques sont formelles. La Fubicy confirme "qu'un cycliste sur deux s'est déja fait volé son vélo. En France, une enquête de l'IFRESI- CNRS a montré que 20 à 25% des cyclistes renoncent à racheter un vélo après un vol, et la majorité des autres se contente d'acheter un vélo d'occasion, bon marché, d'autant plus que le marché de l'occasion est alimenté en partie... par le vol. Cette enquête estime à plus de 400 000 le nombre de vélos volés chaque année en France (données de 1999 à 2001)."
L'ampleur de ce phénomène mérite que l'on se mobilise. Une nouvelle rubrique viens donc s'ajouter à ce blog. Elle servira à un espace de reflexion sur ce sujet et puisque l'on ne sait jamais, permettra aux cyclistes angevins victimes d'un vol d'y déposer une annonce.

jeudi 14 juin 2007

Velo & rythme samba

Parce que la samba est une musique populaire, elle se devait de rencontrer le vélo.
Voici une impro du collectif lillois BLNK. Le rythme est encore destructuré mais on sent qu'il ne manque pas grand chose. Continuez, ça viens !




On ne la présente plus : "bicycle samba", réalisée par John Hendicott en collaboration avec Sophie Clements. Aucun son n'a été ajouté.



mercredi 23 mai 2007

Aïe ! J'ai un vélo dans l'oeil...

Perdu dans la foule grouillante d'un village urbain de plus en plus globalisé, chacun connaît ce sentiment de transparence, d'anonymat. Pour en sortir, la seule solution est de retenir le regard d'autrui. En ces temps peu charitables que nous connaissons, il n'est que trois hypothèses dans lesquelles le passant gaspillera de son attention en arrêtant ses yeux sur vous :
a- Il vous connaît. Cette rencontre impromptue pourra indifféremment être plaisante ou fâcheuse, selon l'identité du promeneur et votre propre humeur.
b- Il ne vous connaît pas, mais quelque chose dans votre mise ou dans votre comportement lui apparaît comme digne d'attention et peut-être propice à moquerie. Classiquement, vous avez glissé sur la dernière marche de l'escalier et vous vous êtes étendu de tout votre long dans le hall de la gare, surpeuplé en cette heure de pointe.
c- Il ne vous connaît pas et, comme précédemment, quelque chose le surprend, mais cette fois ci de manière positive ou tout du moins ambiguë.
Pour provoquer une réaction de ce dernier type il est possible de faire étalage d'un signe extérieur d'opulence en affichant des atours dont le bon goût aura été préalablement consacré par un aréopage autorisé : L'important n'est pas que vous considériez Porsche comme le meilleur constructeur automobile du monde, mais bien que ceux qui vous voient au volant d'un tel bolide le pensent. Vous, après tout, n'en savez rien. Vous souhaitez juste que votre aisance matérielle vienne conforter votre ego en vous offrant une image valorisante.
Mais il est une autre méthode, à tout le moins plus humble mais pas moins efficace et que beaucoup pratiquent : la créativité.
Dans un flot de vélos toujours plus perfectionnés et onéreux mais surtout toujours plus conformes, les vieux clous qui furent un temps rouillés détonnent et ne passent que rarement inaperçus, pour peu qu'on les arrange un minimum.
C'est probablement ce qu'a dû se dire le propriétaire de ce véritable clown roulant, dont les couleurs ont au moins le mérite de rafraîchir la grisaille urbaine qui fait notre quotidien.

dimanche 20 mai 2007

Logos vélo

Des logos originaux réalisés par Manfred Klein qui s'avèreront bien pratiques pour réaliser vos flyers, tracts et autres dépliants ou bien encore pour agrémenter les billets de votre blog.


Téléchargez gratuitement ces logos sur Dafont.com ici.

vendredi 18 mai 2007

Le lièvre et la tortue

Du haut de son vélo, il est toujours insolite d'assister aux mini-courses urbaines que se livrent les automobilistes sur les boulevards. Départ en fanfare dés que le feu passe au vert, positionnement stratégique sur la double-voie, parfois à droite, parfois à gauche, accélération, freinage, changement de vitesse, dernière accélération, petit coup d'oeil dans le rétroviseur avant de se rabattre, freinage : gagné, premier au feu ! Vous avez effectué cinquante mêtres avec départ à l'arrêt en moins de 12 secondes. You are a winner. Nouveau feu rouge d'une durée de 16 secondes, merci de bien vouloir patienter...
En général, c'est à ce moment là que le cycliste que vous aviez gazé au dernier feu se pointe à nouveau, et se positionne juste devant vous sur la "ligne d'arrivée". Cela fait irrémédiablement penser au conte du lièvre et de la tortue. Et si cette fable était poussée à son paroxysme ? Les cyclistes strasbourgeois pourront bientôt tourner à droite quand le feu est rouge. Terrain d'expérimentation, cette mesure pourrait être généralisée sur tout le territoire.

Les cyclistes strasbourgeois pourront bientôt tourner à droite quand le feu est rouge.
Source : site de la ville de Strasbourg

Le Maire de Strasbourg et le Président de la Communauté urbaine se réjouissent que les 100 000 cyclistes de l'agglomération soient bientôt admis à tourner à droite aux feux rouges sans commettre d’infraction tout en respectant la priorité accordée aux piétons. Strasbourg, avec ses 480 kilomètres de pistes, demeure la 1ère Ville cyclable de France et semble plus que jamais déterminée à faire ce qu'il faut pour le rester.
Dominique Perben, Ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer vient de proposer d’expérimenter à Strasbourg, le « Tourne à droite » pour les cyclistes quand le feu est au rouge.

En effet, sous certaines conditions, les cyclistes arrêtés à un feu rouge pourront poursuivre leur chemin à droite et continuer sur cette voie.
Ce nouvel aménagement facilitera leurs déplacements grâce à un gain de temps certain. Ainsi, le cycliste sera favorisé par rapport à l’automobiliste.

Cette possibilité de « Tourne à droite », qui existe à l’étranger et notamment en Belgique est réclamée en France par les cyclistes et leurs associations représentatives. Strasbourg, capitale de l’Europe, est aussi un territoire d’expérimentation des mesures adoptées chez nos voisins européens et participe ainsi à l’harmonisation des règles de circulation.

Hubert Peigné, coordonnateur interministériel pour le développement de l’usage du vélo devrait se rendre très prochainement à Strasbourg pour étudier la faisabilité de l’expérience « Tourne à droite » sur le territoire de la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg.
_______

Des expériences bien plus surprenantes ont lieu dans d'autres pays de l'Union européenne. Comme aux Pays-Bas, où il existe désormais des villes sans panneaux. L'absence de signalisation et d'indications de priorités responsabiliserait ainsi les usagers sur le partage de l'espace public et sur la nécessité de cohabiter de façon civique. Plus d'infos ici.

jeudi 17 mai 2007

Entretien et réparation

Si votre monture a besoin d'une menue réparation ou d'un petit réglage, nombreux sont les cyclistes angevins prêts à vous filer un coup de main. Voici les bons tuyaux du moment:

* Un atelier bricolage à lieu à L'Etincelle chaque quatrième dimanche du mois, à partir de 15h. (Faites un tour sur le programme de cette association pour vous assurer que celui-ci aura bien lieu...)


* Dans le cadre du festival "un dimanche de fête à la campagne" organisé par l'association Paradigmes, Nico vous propose ses services pour remettre votre vélo en état. C'est le 27 mai, à partir de 10h à la Ferme de Paula - Suie - 49640 Daumeray.

* Place au vélo, l'asso Fubicy locale, organise de temps à autre un atelier brico-vélo. Le prochain en date aura lieu le samedi 09 juin en haut des Halles.

mardi 15 mai 2007

Ascension urbaine

A vélo vers d'autres sommets...

Groupement d'achat pour cycliste éclairé

Forts du réseau de connaissances qui s'est peu à peu constitué au sein du mouvement Vélorution, certains cyclistes en ont profité pour réaliser le deuxiéme achat groupé d'un éclairage plutôt révolutionnaire, se débarassant ainsi des soucis auquels chacun d'entre nous a dû être confronté.
Fini donc l'éclairage gourmand en piles qui vous lâche au milieu de la nuit, terminé le frottement de la dynamo qui rend les montées pénibles, fini le faux contact du cable électrique ou de l'ampoule qui grille au moindre choc.

Les lampes Iflash utilisent l’induction électromagnétique par le biais d'aimants néodynium. Chaque kit est composé d'une lampe avant et arrière ainsi que de quatres aimants. Fixées derriére les écrous de vos roues, ces lampes sont à l'abri des voleurs peu scrupuleux, à moins bien sûr qu'ils se décident à faucher votre vélo...

Ce second achat groupé a permis à chacun de se procurer un kit à moindre coût (25e au lieu de 36e pour un achat individuel) sans oublier les cyclistes n'ayant pas accés à internet.
Petite précision à apporter : ce produit n'est pas homologué en France. Il ne peut pas encore se substituer aux éclairages imposés par la loi. Gageons que ceci évoluera rapidement, la vélorution est en marche et il va bien falloir que les législateurs changent de braquet s'ils veulent éviter que les cyclistes urbains que nous sommes ne s'organisent en assemblée constituante !

PS : une coïncidence nocturne aura lieu à Angers au mois de Juillet, tenez-vous au courant, ça va scintiller.

mardi 24 avril 2007

Ghetto cyclable

Il était une fois un cycliste urbain chevronné. Habitant Trélazé, il envisagea de rejoindre le centre-ville d'Angers en passant par la rue des Perreyeux qui longe la clinique Saint-Léonard. Il n'y a pas si longtemps encore, il y partageait le bitume avec les automobilistes. Une bande cyclable, certes peu large, y avait été dessinée, qui suffisait à rendre le partage de l'espace légitime au yeux des automobilistes. La chaussée étant suffisamment large pour accueillir autos et vélos, tout se passait donc à peu près pour le mieux dans le meilleur des mondes...



Puis un jour, des élus locaux, à grand renfort de consultants en voirie et urbanisme, définirent une politique cyclable d'envergure devant faciliter le trajet du cycliste et pacifier la ville au passage. Après d'interminables études et recherches, le projet fut lancé, achevé et finalement, trois coups de peinture plus tard, inauguré en grandes pompes.



Mais quel ne fut pas leur désarroi quand le cycliste fut venu. Il s'avéra que celui-ci persistait à rouler sur la chaussée avec les automobilistes malgré les récurrents coups de klaxons de ces derniers qui du coup ne supportèrent plus sa présence.
Les élus, agacés, lui demandèrent :
-"Mais monsieur, pourquoi n'utilisez-vous pas notre nouvel aménagement ? Une si belle piste, construite à grand renforts de centimes d'euros et largement annoncée dans les médias locaux. Vous y seriez fort aise, à n'en point douter, ainsi installé loin des voitures !"
Le cycliste répondit :
-"Vous vous méprenez, messieurs, je ne m'y sens pas en sécurité. Avant, mon trajet empruntait, fort logiquement, une ligne droite. S'il est généralement sécurisant d'être à l'écart du trafic, ici tel n'est pas le cas. A trois reprises, je dois marquer un arrêt et laisser la priorité aux automobilistes. Trois intersections, autant d'occasions de collision en cas d'inattention, de ma part ou de celle d'un automobiliste, alors qu'avant jamais nos chemins ne se croisaient ! J'ajouterai de surcroît que si j'utilise le vélo en ville c'est que celui-ci constitue un moyen de transport rapide, or vos aménagements me soumettent au trafic automobile et m'imposent un parcours qui me fait perdre beaucoup de temps."
Les élus ne surent que dire. Eux qui avaient investi tant de centimes d'euros dans cet ouvrage sans jamais rechigner sur les efforts des employés municipaux avaient pourtant oublié un détail essentiel, pourtant dans l'air du temps : procéder à une concertation, consulter le principal intéressé...

samedi 21 avril 2007

Un vélo lévitant

Non, il ne s'agit pas de l'histoire d'un cycliste fou furieux gymkhanant entre les files de boîtes en métal arrêtées par un archaïque feu rouge, mais bien d'une bicyclette en état de lévitation. Il ne s'agissait pas davantage d'une hallucination dûe à quelque abus de boisson. Et pour cause, cette rencontre a eu lieu en arrivant au Donald's pub, pas en en sortant...
Rien de plus à dire à propos de ce superbe bicloune de course taillé pour les virées sauvages sur bitume urbain.

Qui a dit que la bicyclette ne permettait pas de prendre de la hauteur ?

Laissez votre égo au garage

Des bouquins, j'en aurais un certain nombre à vous conseiller, mais il en est un, assez récent, qui mérite d'être présenté alentour, même s'il ne parle qu'accessoirement de bicyclette. Oeuvre de vulgarisation rédigée par une plume de qualité, celle d'Hervé Kempf, ce petit livre - quelques heures de lectures seulement - assure une mise en perspective de tous ces éléments diffus qui devraient clairement nous alarmer (la disparition fulgurante des espèces, le réchauffement climatique, la pénalisation du traitement de la pauvreté et surtout de la contestation potentielle, le dépérissement orchestré de la démocratie, l'enrichissement éhonté de certaines classes sociales possédantes à défaut d'être moralement méritantes...)
Il ne suffira certes pas de rouler à bicyclette pour sauver notre civilisation, mais si nous souhaitons la voir survivre, nous opterons forcément, dans nos déplacements les plus quotidiens, pour la petite reine... D'ailleurs nous sommes de plus en plus à l'admettre. Regardons autour de nous, à Angers les rues se remplissent peu à peu de bicyclettes, et pas seulement le dimanche. La vélorution est en marche, pas de doute, mais le rythme peut encore s'accélérer.
Faire connaître ce livre (qui doit être dispo dans certaines bibliothèques j'espère parce qu'il coûte 14 euros, quand même) ne saurait freiner le mouvement.
Pour ceux que la lecture ne passionne pas, il est possible d'écouter l'auteur exposer la teneur de son ouvrage lorsqu'il y était invité par Daniel Mermet dans l'émission Là-bas si j'y suis. Ca se passe ici.

lundi 16 avril 2007

Un zèbre dans la ville

Bon, vous me direz, ça ne présente pas un grand intérêt, mais ce n'est pas totalement mon avis. Moi je trouve plutôt ça rigolo de croiser pareilles manifestations gratuites de créativité. Ceux qui seraient tentés de comparer cette démarche avec celle des fanas de tuning auto seraient d'une mauvaise foi au moins partielle. Eh oui, le support fait toute la différence. Ici point de volant moumoute, et je doutes que les sacoches à l'avant abritent 2,5 Kilowatts de son susceptibles de réveiller tous les habitants des quartiers traversés.
Qu'il s'agisse en plus d'un vélo pliant ajoute au charme et à l'utilité de la bête, qui constitue de la sorte un compagnon de voyage transposable facilement d'un cadre urbain à un autre... La SNCF peut faire des progrès pour faciliter l'intermodalité, spécialement sur les grandes lignes. M'enfin, les infos pratiques pour partir au bord de la mer, en train avec son vélo sous le bras se trouvent par.

Chapeau bas, l'artiste...

vendredi 13 avril 2007

Cyclisme de masse ?

A l'heure où une partie de la Chine tourne le dos au petit cheval de fer, celui-ci (re)gagne ses lettres de popularité en occident. C'est semble-t-il à Budapest que le record absolu a été enregistré en termes de manifestation cycliste de masse. Avec 30 000 participants en 2005, jamais un rassemblement n'a pu aussi légitimement prétendre à l'appellation de "masse critique".
Un tel spectacle ne se verra probablement pas sur Angers avant longtemps, même si ce ne sont pas les cyclistes qui manquent, mais rien n'empêche de rêver...



Sympa, non ? Ce fond sonore vous plaît ? Téléchargez le podcast "song in the key of bike" (43min/30,6mo) regroupant une selection musicale éclectique inspirée par la bicyclette.

Du nouveau ! 50000 cyclistes réunis le 22 avril 2007 à Budapest...




Quel avenir pour nos enfants ?

Quoi que l'on pense de l'expression "démocratie participative" et du concept qu'elle recouvre, force est de constater que celle-ci compte des réalisations à son actif.
Sans entrer dans une étude sociologique et urbanistique approfondie des quartiers d'Angers, on relèvera que ceux-ci, au travers de leurs "Conseils Consultatifs de Quartier", portent leur vision d'un cadre de vie plus agréable. Chacun en jugera. Celui du Lac de Maine, préoccupé par le stationnement anarchique qui semble le gagner, s'inquiète d'aménager des parcours piétonniers en son sein. Nulle part dans ses travaux il ne semble cependant se soucier d'encourager d'autres modes de déplacement qu'automobiles vers le centre-ville, pourtant distant d'à peine plus de 6 km.
Mais le meilleur n'est pas là. Parmi les retombées de son implication, cet organe se targue d'avoir fait oeuvre utile pour l'éducation de ses chères têtes blondes.
Voici ce que l'on trouve sur le site de la ville d'Angers :

Ce ne serait rien sans la légende associée qui énonce : " un dragster pour vos enfants, rêve ou réalité ?"
Trop gros pour être faux. Vous ne me croyez pas ? Allez voir ici ou encore .

Dans un autre parc à enfants, situé le long du boulevard Lattre de Tassigny, nos chères têtes blondes gouteront à l'aventure. Ce 4x4 tout terrain, paré d'animaux exotiques, invite les générations futures à parcourir la brousse tiers-mondiste dans le cadre d'un safari organisé...


C'est sûr, les déplacements doux ont de beaux jours devant eux, à moins que ce ne soient les marchands de camions, je ne sais plus. Enfin, on ne va pas trop se plaindre, ce n'est pas comme si notre ville était activement impliquée en faveur du "développement durable"...

lundi 9 avril 2007

Un peu de BMX et beaucoup de talent...


Démo de Bouyx, streeteur d'Angers

dimanche 8 avril 2007

Vélorution 07/04/007

Critical Mass et moi.

J’aime bien ce concept de masse critique.

D’infimes éléments s’ajoutent doucement, lentement, petit à petit... Et puis un jour tout bascule et c’est irreversible. Le hasard ou le destin a désigné l’élu, un élément que rien ne distingue des précédents si ce n’est que c’est lui qui va assumer la responsabilité du changement d’état, comme ça, sans même s’en rendre compte.

Un peu comme ces expériences que l’on faisait gamin en cours de chimie, goutte à goutte, jusqu’à que le liquide passe du violet à l’incolore (ou le contraire, mes souvenirs sont volatiles).

Citadin automobiliste ou mieux piéton, peut-être avez-vous été comme moi un jour le témoin du passage d’un joyeux cortège bigaré de cyclistes ? Où je vis c’est chaque premier samedi du mois en fin de journée qu’ils envahissent la ville pour une promenade à travers la cité.

Deux roues, trotinettes, rollers, n’importe quoi qui roule à l’huile de genou. Ils sont parfois déguisés, leurs montures décorées, le sourire aux lèvres. Vous ne pouvez vous empêcher de vous arrêter pour les regarder passer. Alors ils vous interpelent gentiment : "Rejoignez-nous avec votre vélo !" disent-ils simplement en choeur.

Derrière il y a cette idée de s’approprier autrement l’espace urbain, de lutter contre la polution, etc. Mais le "message", si message il y a, serait donc avant tout une invitation à participer. L’idée c’est donc de passer un bon moment ensemble en bougeant un peu son corps par la même occasion. Difficile de résister non ?

Bien entendu si le nombre devient conséquent cela commencera à faire sens (d’où le nom Critical Mass).
L’irruption de Critical Mass dans le monde des transports me fait inévitablement penser à celui des logiciels libres dans le monde tranquille des logiciels.

Pas de chef. Pas de course, donc pas de classement. Une utilisation d’internet pour s’informer et s’organiser. Un adversaire désigné (la voiture, ou tout du moins son omnipotence). Une irritation de ceux qui sont de l’autre côté de la barrière (manifestée ici par d’aussi récurrents que ridicules coups de klaxons). Un simple dénominateur commun : le vélo. Une destination moins importante que le chemin qui y mène. De l’art de faire du politique sans avoir l’air d’y toucher. Une ambiance festive. Un chien dans un jeu de quilles. Une irréverence pour les codes en vigueur qui apparaissent du même coup pas si naturels que ça. Une belle occasion de faire des rencontres en toute décontraction. Une alternative. Une forte capacité de séduction. Pas de clivage politique, l’acceptation de tous peu importe leurs origines et leurs contradictions, pas la moindre notion d’argent apparente. L’idée que c’est possible si un seuil est atteint. Des manifestations modestes mais planétaires. Une incitation à être vous aussi des leurs la prochaine fois...

Le prochain premier samedi du mois, c’est décidé, j’enfourche ma bicyclette, avec ou sans Paulette...

Auteur : Jules [source de l'article]





L'homme au vélo

Eh bien oui, un homme en vélo, ça trotte, ça trotte.
Pire quand il a son propre vélo dans sa tête... il passe dans la vie, tous les jours, devant les gens, chaque seconde, il passe... un murmure à peine se remarque... une couleur, un geste, une douleur...
Rond comme le mouvement oscillant sur lequel s'appuient ses deux jambes pour l'emmener se promener. De temps à autre, lève la tête... de temps en temps, salue de sa présence.
Il tourne, inconsciemment, consciemment, sciemment... Il tourne.
Echapper à son quotidien ou le remplir. Une question après l'autre... Une réponse sans l'autre.
La rencontre au moment du choc l'émeut l'instant où justement il cherche à oublier, s'oublier.
Et pourquoi donc ?
Bingo le crash...
Les pompiers, le SAMU, la santé... tout cela ; beaucoup de monde pour un tout petit monde.
L'effroi le gagne alors que l'effet cherche à le rassurer. Mais que faire, quand de sa vie solitaire, amène et recherchée, certes, il faut se devoir d'accepter pour son bien l'autre, celui tant rejeté.
Et cette personne se mord les doigts...
"Mon Dieu qu'aie je fait ?"
Un manque d'attention ; l'inattention qui apprend l'attention par la tension du moment.
Etrange sensation, étrange sentiment ...
Et là, on se dit : "S'il y avait le rêve, il y a le rappel d'une vie !"
Certes douloureuse peut être... qui se veut, douceureuse, certes !
Mais il y a ce rappel, cette angoisse qui frappe... une douleur de vivre, de plus... le choc de deux mondes.
Vivre, oui, et comment ?
A fond ?!
Au fond ?!.
La vie est-elle, un vélo, elle aussi ? A-t-elle son propre vélo ?
Ainsi deux personnes l'apprennent... et d'autres ?
Chacun sa roue, chacun son vélo.

Auteur : Esteban Hache [source de l'oeuvre] Licence Art Libre.

samedi 7 avril 2007

Surprenants véhicules...

Chacun connaît le tandem. Beaucoup de cyclistes ont dû un jour, probablement pendant leur jeunesse, se contenter de s'assoir sur le porte-bagage d'un ami et endurer stoïquement pendant le trajet les douleurs associées. Beaucoup mais pas tous. Il en est au moins un qui, en France, prend en compte le confort de ses passagers...


vendredi 6 avril 2007

La Cyclopostale - inauguration

La cyclopostale est la première entreprise de livraison express à vélo sur l'agglomération d'Angers.
Un tel service ne saurait nuire à l'image des entreprises angevines qui s'assureront ainsi d'un procédé d'acheminement économique et écologique.
Beaucoup d'amis - essentiellement cyclistes - s'étaient réunis pour inaugurer le Q.G. de la Cyclopostale, au 56 de la rue Bressigny. C'est dans la convivialité que tout le monde a pu souhaiter bonne chance à Eric, Xavier et leur toute jeune initiative. Personne ne doute que cette jeune société saura se pérenniser... Si cela ne tenait qu'au capital sympathie, ce serait déjà gagné. De toute façon, le besoin est bien là - qui pourrait prétendre que les coursiers automobiles constituent une solution d'avenir en un centre ville congestionné et bientôt piétonnisé ?
Allez, bonne route les gars...

dimanche 1 avril 2007

Les vélos de Renée

Quai des Carmes. Amsterdam
et son rayonnement culturel...

Specialized : ciné-vélo

Cinéma en plein air,deux séances possibles : "Outlaw in Lycra", une course poursuite sur l'autoroute entre un cycliste et la police. Et "Happy entrails", du mountain bike version trash. Une fois la projection commencée, défoulez-vous en lançant des tomates sur l'écran et les spectateurs...



En fin d'année 2006, Specialized nous proposait une e-carte de voeux sur un fond musical entiérement réalisé avec des piéces de vélo : "The Nutcraker suite" de Tchaikovsky.

mardi 27 mars 2007

La suburbanisation, ennemi du vélo ?

(St Lambert du Lattay -25km sud d'Angers)
La dernière livraison d'INSEE Première confirme ce que chacun savait déjà : plus les gens habitent loin de la ville, où ils travaillent généralement, plus ils prennent leur voiture pour de longs et quotidiens trajets.
Il semble donc que si l'ennemi naturel du vélo urbain est l'automobile, celui du cycliste urbain pourrait être le néo-rural. Celui-ci est en effet condamné, dès lors qu'il souhaite réaliser son idéal de cadre de vie (vous savez, ce gentil pavillon gazonné que l'on trouve de plus en plus loin des villes), à se taper en moyenne plus de 60 kilomètres par jour... ça c'est si le couple ne compte qu'un seul emploi, sinon vous multipliez par deux. Les cadres mangent encore plus de bitume. Le temps moyen correspondant est grosso modo d'une heure. Pas étonnant du coup que ces travailleurs soient peu enclins à la patience lorsqu'ils se retrouvent, en ville, bloqués ou ralentis par un simple cycliste...
Ya que France Culture pour établir un lien avec la hausse des prix de l'immobilier. La note de l'INSEE, elle, ne propose pas de semblable explication. Faut dire qu'à ce moment là, il conviendrait de renvoyer d'autres INSEE première, notamment celui qui nous explique que la France compte presque autant de maisons individuelles que de logements collectifs ou cet autre qui rappelle que la surface habitable moyenne par individu a crû de 20 % en vingt ans pour dépasser 37 m². Forcément, du coup faut aller chercher l'espace plus loin, toujours...
Alors une société de cyclistes, c'est pour demain ? Faudrait qu'on soit tous pauvres, chômeurs, peu matérialistes et prêts à accepter à une promiscuité minimale ? A contrario, une société faite d'actifs riches, matérialistes et se fuyant les uns les autres verra nécessairement les autos se multiplier... Les preuves ne manquent pas.

Ainsi cette seconde photo montre que la vélorution peut se faire également en voiture. D'ailleurs elle a lieu tous les jours en de multiples points du territoire. D'ailleurs elle est beaucoup moins conviviale que celle réunissant des vélocipèdes. D'ailleurs elle est beaucoup plus connue sous l'appellation "embouteillages".
Il s'agit ici du ralentissement quotidien qui se tient entre 7h30 et 8h00, sur la nationale Cholet au lieu dit "Petit Claye", à tout de même 20km d'Angers. Ainsi, tous ces rurbains qui ont choisi de vivre à la campagne tout en travaillant à Angers peuvent communier chaque jour durant de longues minutes et célébrer le bien-être associé à leur choix partagé.
Cette nationale borde l'autoroute reliant Cholet à Angers. Conviendra-t-il malgré l'ouverture récente de celle-ci d'élargir les voies de la nationale afin de désengorger un trafic en constante augmentation afin de permettre à terme, le flux de l'installation des néo-ruraux continuant (voir 1ere photo), une nouvelle saturation encore plus démente et disproportionnée ?! A moins qu'un simple élargissement des voies existantes ne suffisent à permettre aux conducteurs de 4*4 de se sentir suffisamment à l'aise pour enfin acheter des tanks et contourner les bouchons en roulant dessus.
Devant ce classique cas de figure, d'autres solutions existent. "
La question n’est plus de savoir si des choix doivent être pris, mais quand est-ce que nous aurons enfin le courage de les prendre" dixit l'incontournable blog Antivoitures.

lundi 26 mars 2007

Tord-Boyau - n°2.

Tord-Boyau, c'est le nom d'un fanzine réalisé par Xavier et Julien. Au programme, punk et vélo. Des textes décapants, des pages pleines de photos et un CD 5 titres. Vous pouvez vous le procurer à L'Etincelle, 26 rue Maillé 49100 Angers. Prix Libre.


dimanche 25 mars 2007

Serviette, vinaigrette & bicyclette.

Des cyclistes urbains à la campagne.

Samedi 24 mars 2007. Déjeuner sur l'herbe organisé par Rayons d'Action. Bouffée d'O² & convivialité...sauf peut-être de la part de quelques automobilistes intraitables qui n'approuvent
pas devoir partager LEUR route et perdre 30 secondes. Une bonne expérience cependant, celle de partager le sort des cyclistes sportifs du dimanche. Après celle de Sebos31, voici une autre main tendue entre deux communautés cyclistes bien distinctes.



réappropriation, nomadisme et liberté


L’aventure est au coin de la rue. La rue, la ville, la campagne, le monde.

Espace

L’Espace connu est délimité. L’Espace autorisé est circonscrit.
Il y a les endroits où l’on peut aller, privés ou publics.
Il y a les endroits interdits, souvent privés, parfois publics.
L’accès aux Espaces dépend également de l’heure : certains Espaces (souvent publics) ne sont accessibles qu’à certaines heures de la journée.
Tout cela est bien codifié !

Réalité

Si l’accès à un Espace est limité, l’accès à la Réalité qui régit cet Espace se voit également limité.
Et quel plaisir de faire sauter le verrou qui protège l’Espace interdit.
Quel plaisir de s’ouvrir une fenêtre pour accéder à une autre Réalité, Réalité encore inconnue mais qui vous tend les bras.

Esprit de conquête

Allez, on se lance. On veut savoir, on veut comprendre, on veut connaître.
On veut palper cette Réalité qu’on nous a toujours cachée.
A l’attaque !

On se fait discret, on se fait petit, car on est dans l’interdit.
On enjambe, on saute, on force même parfois. On souffle.
On avance, et on palpe, on hume, on observe. On vit une autre Réalité.
On prend ses aises, on sourit, on est là. On y est !

Quel plaisir de visiter un lycée la nuit, de le connaître ! De saisir sa Réalité.
Quel bonheur de monter en haut de la grue interdite !
Quelle jouissance de fouler la voie du RER "attention danger" !
Quelle rigolade de passer une soirée dans un chantier, à tout examiner, à connaître l’emplacement de toutes les portes, tous les escaliers, à tout comprendre ! Et se sentir pratiquement chez soi, et de pouvoir se dire "ça je connais, allons connaître autre chose !"
Quelle réelle jouissance de se balader sur les toits du quartier, et d’avoir une vue nouvelle sur ce que l’on connaissait, d’avoir un autre angle de vue, d’embrasser une nouvelle Réalité !
Quel bien-être de piétiner le pavé lors d’une Street Party et de marcher non plus sur les jolis trottoirs, mais sur la chaussée réservée aux gentilles autos et interdite aux pieds !
Quel plaisir de se retrouver en forêt à manger avec les doigts (gros déguellasse !) les saussices qui dorent sur le feu (interdit les feux en forêt !), et de sentir les arbres, les étoiles et tous les petits animaux n’être pas forcément mécontents que l’on soit là avec eux !
Quel amusement de se réfugier dans les tribunes d’un stade, Espace réservé aux grands sportifs et à leurs supporters, pour y dormir !
Quelle joie de s’endormir le museau à l’air et les yeux rivés sur les étoiles ! Liberté !
Quelle réjouissance de se réapproprier l’Espace qui se situe sous nos pieds, en visitant souterrains et autres catacombes !
Quelle satisfaction d’échapper à la télé qui fait que l’on reste seul chez soi avec ses certitudes, ses peurs, son ennui ! Satisfaction d’échapper à la petite Réalité que tout le monde connaît, pour aller en saisir d’autres, nouvelles et donc intéressantes.
Quels plaisirs de se libérer des Espaces impossibles et des Réalités interdites !
Quelle liberté de pouvoir proclamer "Cette Réalité est mienne. Celle la aussi. Là, on est chez nous. Là aussi. Là encore. Chez nous. Chez nous, chez nous, chez nous !"

On est chez nous !

Toujours à la conquête.
Toujours se réapproprier les Espaces pour en saisir leurs Réalités.
On est partout chez nous !

Auteur : Poulos [source de l'article]
Licence copyleft

vendredi 23 mars 2007

A vélo vers le 5e pouvoir

Une histoire de deux roues.

"Thierry Crouzet baigne dans l’informatique depuis le début des années 1980. Il a vécu la montée en puissance de la pensée réseau. Avec Le peuple des connecteurs, il a essayé d’en mesurer les conséquences politiques. Son dernier livre, Le cinquième pouvoir, montre que les citoyens, fédérés grâce aux nouvelles technologies de communication, vont devenir les acteurs majeurs de la vie démocratique."

"L'affaire Kryptonite, celle d'un cadenas U défectueux et d'un cycliste anonyme qui va le révéler sur internet. Chris Brennan annonce sur bikeforums.net qu'il a réussi à forcer son cadenas U avec un simple stylo à bille. Le réseau fonctionne. 10 jours plus tard, Kryptonite accepta d'échanger tous ses produits défectueux. Coût de l'opération : 10 millions de dollars. Un cycliste anonyme San Franciscain, avait déclenché une petite révolution dans le monde des cyclistes urbains. Il avait démontré que sur internet la parole m'appartient, vous appartient, nous appartient."


jeudi 22 mars 2007

Vélo et autonomie

Le vélo est à la base un instrument d’autonomie : elle permet de se déplacer où l’on veut, quand on veut. La maintenance est assez simple pour permettre des réparations individuelles. Pour ceux et celles qui sont à la recherche d'une autonomie maximale, Pile Poil.net nous explique comment fabriquer ses propres rustines (PDF).



Le vélo-machin à laver de Dédé.

Récupérez un vieux vélo, une vielle machine à laver, assemblez les deux avec ingéniosité et vous obtenez l'outil idéal pour vous mettre définitivement au cyclisme de haut niveau tout en lavant votre linge.


L'art urbain et le vélo



Découvrez l'expo-pochoirs de Janet Bike girl sous le site Stencil Archive. Une partie de ces oeuvres sont placées sous licence creative commons.








Détournements des logos de pistes cyclables. Découvrez la galerie "Portland Bike Stencils"








Bike against Bush proposait (il fut arrété) une résistance originale et pacifique via wifi interposé : Joshua Kinberg, un cycliste doté d’une couverture bluetooth et connecté en direct au réseau diffusait sur le sol via un robot-spray, des messages de contestation des internautes.




L'art urbain, la contestation et le vélo :
Un graffiti à San Francisco.
Des cyclo-activistes à Marseille.
Peinture sur un logo vélo à Rennes.
Un pochoir à Angers.
Un pochoir à Toronto.
L'homme noir de Nemo.