lundi 15 décembre 2008

Interconnexion des problématiques : pédaler ne suffit pas (suite)

Fin de la bagnole, on y est...
Et maintenant ?

Ceux d'entre vous qui ont vu le dernier film des frères Coen comprendront peut-être ce que je veux dire lorsque j'évoque les limites indépassables de la notion de "pensée positive", qui apparaissent crûment une fois que celle-ci ne dispose plus d'aucune assise concrète.

Vous savez, cette pensée positive, chantée et reprise par un de nos anciens premiers ministres les plus drôles (the yes needs the no to win... et autres rafarinées plutôt fines),

Cette pensée positive dont le défaut était censé expliquer tous les tracas des plus désenchantés de nos nouvelles générations perdues,

Cette pensée positive qui constituait l'ultime ligne de démarcation entre les aspirants légitimes au bonheur corporate et les autres, indécrottablement arc-boutés sur des postures archaïques de résistance idéologique,

Cette pensée positive qui, si on l'écoutait, nous commanderait de nous ruer sur les belles voatures toutes neuves à prix cassé, histoire d'être des bons petits patriotes du capitalisme industriel, pendant que les projets de petites exploitations agricoles sont tenus en échec par les SAFER,

?

Eh bien, pour ce qui est des mirobolantes promesses d'une technologie ne requérant que notre foi pour nous assurer un avenir meilleur mais toujours fait de consommation à outrance,

Pour ce qui est du maintien d'une société juste et égale à la seule condition de se plier sans rechigner aux exigences si réalistes du Grand Kapital,

Pour ce qui est de maintenir le niveau de vie des petites mains méritantes, qui se lèvent le matin pour aller mettre les pieds dans la fange graisseuse des lignes de montage,

C'est terminé.

Oui, oui.

C'est pas oui-oui qui le dit, ni bibi,

Non,

C'est Carlos Ghosn,

Grand Humoriste devant l'éternel.

Ceci pour ceux qui croiraient encore que le grippage généralisé d'un système peut laisser la moindre de ses composantes à l'abri.

Question: Combien croyez-vous qu'il y ait de cyclistes à Détroit ?

Réponse : on s'en fout, ils vivent tous dans une ville fantôme.

Notre société a été délibérément construite autour de l'automobile. Lorsque celle-ci ne peut plus tenir sa place, qu'est-ce qu'il reste ?

Il serait de peu d'utilité de continuer la liste des éléments problématiques qui émergent simultanément dans notre si beau système. Vous les connaissez probablement.

Peut-être les tenants les plus impliqués de ce truc en déshérence chercheront-ils encore à nous vendre la solution "tout-techno", avec moult voitures électriques.

Pour autant, vous n'oublierez probablement pas que :


Je ne dis pas qu'il convient de remettre frontalement en question la mobilité individuelle : la SNCF, avec des tarifs défiant plus l'entendement qu'une concurrence que personne ne souhaite, s'en charge (Il ne vous aura bien entendu pas échappé que ses tarifs favorisent ceux qui, dans un contexte où la flexibilité de la force de travail est le critère ultime de sa valeur, peuvent réserver leurs billets plus d'un mois à l'avance).

Non, je dis juste que tout (y compris la politique tarifaire grandes lignes de la SNCF) est à revoir.

Tout,

Vite,

Ensemble,

Dans la restauration des principes directeurs les plus essentiels.

Sinon ?

Homo homine lupus

Sinon ?

Eh bien cette maxime, ce postulat idéologique indissociable de l'ultra-libéralisme, deviendra réalité concrète.

Bien trop concrète.

Encore plus qu'il ne l'est déjà.

En un énoncé par trop performatif, certains des écologistes les plus libéraux esquissent ce que ça pourrait bien vouloir dire.

...

Du haut de nos vélos,

On les laisse faire ?

4 commentaires:

Yobat a dit…

Faut suivre, les liens sont denses en idées. C'est quoi l'idée générale à retenir ? On entre dans une époque charnière, une crise de civilisation, écolo, sociale & éco, limite inter-générationnelle, va falloir se serrer les coudes, ça tombe bien, aujourd'hui, à 25-30 ans, on étouffe et on se fait grave chier. Boulot,vélo, windows, dodo. Cool! Moi qui pensait être né dans une vague molle, me suis trompé. Et sans l'attente d'un grand soir, un peu d'expérimentations sociales, ça sera déja pas mal...patience...

Anonyme a dit…

Sur la SNCF :
La SNCF incite les usagers à prendre leur voiture

Le problème, pour prendre le train, c'est qu'il ne s'arrête plus (sauf fer à cheval sur caténaire).

Anonyme a dit…

Avec un forte mobilisation, certains résistent pour rétablir des dessertes, au prix d'être trainé en justice par le gouvernement...

julie a dit…

Salut, très intéressant votre article, je vous rejoins sur bien des points !