samedi 1 décembre 2007

Petroleum party à Angers

La fin de l'ère du pétrole bon marché va irrémédiablement entraîner la fin du monde tel que nous le connaissons. L'échéance, proche, nous laisse très peu de temps pour éviter le chaos. Les solutions existent-elles ? N'est-il pas déja trop tard pour chercher une alternative au pétrole ?
Nous pouvons certes dés à présent envisager la sobriété enérgétique dans un contexte flagrant de gaspillage. La seule issue possible consisterait donc, en premier lieu, à amorcer la décroissance pétrolière.

La fin du pétrole bon marché peut être vue comme une catastrophe, mais aussi comme une fantastique opportunité de diminuer le trafic insoutenable et de relocaliser l'économie. Pour en arriver à ce modèle d’alter-développement, c’est dès à présent qu’il faut amorcer une véritable révolution écologique et sociale des mentalités. Chaque jour qui passe apporte davantage d’éléments de preuve que notre mode de vie d’aujourd’hui condamne tout simplement notre existence de demain. La décroissance semble donc inévitable, mais sera-t-elle socialement juste ? Si l'on ne s’empare pas rapidement de la question, nous pouvons craindre que le capitalisme, fort de son extraordinaire capacité de récupération, ne s'en charge, au profit exclusif des dominants, et surtout au grand préjudice de l'humanité.

En Grande-Bretagne - pays reconnu depuis les années 1980 pour son avant-gardisme en matière de politiques sociales et imité depuis quelques années déjà par les froggies d'outre-manche - certains (oh, des doux dingues sans pouvoir; juste leur 1er ministre, quoi...) ont pu suggérer l'instauration de quotas individuels d'émission de carbone. Chacun aurait un droit contingenté d'émission, et tous ses achats, tous ses déplacements, toute sa consommation, y compris pour le chauffage ou la cuisine, seraient décomptés de ce montant maximal. Bien entendu, des dépassements seraient inévitables (on estime ainsi qu'à l'heure actuelle, si l'on divise par la population mondiale la quantité de CO² que la planète peut absorber, un aller-retour aux Etats-Unis en avion équivaut à 1 an de quota individuel...), et assortis d'un prix. Aux pauvres - éventuellement écologistes de longue date et refusant depuis toujours de prendre part au massacre - les restrictions dures, aux riches - marchands d'armes, de lotissements, de crédits, de véhicules tous terrains Ushumachin ou de temps de cerveau disponible - la possibilité, grâce au marché des "droits à émettre", de récupérer les quotas et donc de s'approprier de manière exclusive les attributs de la civilisation de surconsommation occidentale. Qui n'a jamais rêvé de disposer d'un réseau de milliers de kilomètres d'autoroute pour soi tout seul n'a jamais couru le trophée Andros, comme c'est le cas de Jean-Pierre Pernaut, notre Victor Hugo du 21 ème siècle...

Bref, la démocratie va mal. Et en la matière, hors le dialogue et l'échange de vue entre les premiers intéressés (et notamment nous les citoyens concernés de la France d'en bas), point de salut. Alors que l'on cherche à nous isoler toujours davantage et à nous mener au repli sur nous-mêmes, il pourrait être bon de multiplier les initiatives pour affirmer notre confiance en nous-mêmes et en la justesse de nos vues et pour diffuser l'information sur ce qui finira très prochainement par rattraper notre société dans son ensemble. Les rassemblements ne sont pas encore interdits, profitons-en.

Parce que, Grenelle ou pas, nous préférerions décider de nous-même des adaptations à mettre en oeuvre, parce que nous n'entendons pas demeurer passifs pendant que TF1 et l'ORTF nous indiqueraient la marche à suivre, parce que nous n'entendons pas laisser le champ libre à la mise à l'index des seuls comportements individuels qui ne ferait que préfigurer le fascisme de demain, pourquoi ne pas envisager un rassemblement à l'occasion du seuil de dépassement du baril de pétrole à 100 dollars, pour une petite balade spontanée à vélo ?

A défaut d'un banquet digne de 1848, nous pourrions toujours ensuite prendre un moment pour échanger nos vues sur l'avenir...

(cliquez sur le flyer pour l'aggrandir,
suivez patiemment la hausse inévitable du cours du baril
et
préparez-vous à faire la fête !)

2 commentaires:

Jacques a dit…

C'est avec plaisir que je danserais sur les ruines de ce vieux monde qui s'écroule.

Anonyme a dit…

Ne rien attendre du grenelle de l'environnement, c'est certain. La montagne vient a l'instant d'accoucher d'une souris...