mardi 30 septembre 2008

La citation du mois

"Seuls les millionnaires gagnent vraiment du temps en auto. Les autres ne font qu'effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport."

"La vitesse généralisée d'un mode de transport tient compte de la quantité de travail nécessaire à celui qui s'en sert pour acquérir le moyen d'être transporté; pour l'obtenir, il faut diviser le kilométrage annuel effectué par ce mode, par le temps passé en un an dans ce mode de transport et à l'extérieur, par exemple à gagner de quoi le payer;
Jean-Pierre Dupuy a calculé que, pour toutes les classes de revenus « moyennes » - de salarié agricole à cadre supérieur, à l'exclusion des millionnaires-, la vitesse généralisée de la bicyclette est égale ou supérieure à celle de l'automobile ; seuls les très riches gagnent vraiment du temps en auto. Les autres ne font qu'effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport."

(source J
EAN ROBERT, Le temps qu'on nous vole, Paris, Seuil, 1980, p. 64 - L'encyclopédie de l'Agora)

lundi 29 septembre 2008

Le vélo, l'anti-stress pour traitement local

Tout cycliste urbain remontant une file de voitures stagnantes
s'expose à un facteur important de pleine satisfaction.
La notice prescrit généralement une absorption par la
gauche pour des raisons de sécurité, si celle-ci est obturée,
aucune contre-indication n'empêchera d'user de la droite.
Dosage préconisé : intensif progessif - traitement d'une durée minimale
de deux ans jusqu'à fin des travaux
et arrivée du tramway.
Effets secondaires pour le cycliste urbain: possibles crises d'euphories.
Effets secondaires pour l'entourage : impatience, stress et irritations pouvant
se manifester par d’aussi récurrents que ridicules coups de klaxons.
Médecine douce délivrée sans ordonnance.

(Photos Bd Foch - Angers)

mardi 9 septembre 2008

A vélo à l'Amap

Un supermarché ne pourait survivre sans automobile puisqu’il est situé essentiellement en périphérie de ville et donc qu’il dépend de la sur-mobilité des ménages. A moins que ce ne soient les ménages sacrifiant aux exgences de sur-mobilité qui se croient dépendants du concept de supermarché. C'est vrai quoi, y'a des grandes places pour garer des grandes voitures avec des grands coffres pour mettre des gros packs de cola et d'eau minérales dedans. Le tout plus cher qu'au détail parce que bon, qui va aller vérifier les prix alors que les produits soi-disant en promo et leurs homologues au prix habituel sont disséminés sur plus de 1 500 m² de surface commerciale, hein ?
S'aventurer à vélo dans ces zones commerciales, souvent excentrées et toujours aménagées en fonction des besoins des seuls automobilistes, relève autant du non sens que du sport extrème. Parvenu à atteindre l'entrée du complexe sans se faire écraser, ayant résolu le casse-tête du parquage de son véhicule, le cycliste urbain se demande ensuite rapidement ce qu'il a à gagner à passer une heure ou davantage dans un dédale de rayons d'où il ne pourra guère ramener que l'équivalent d'un panier ou deux, mais certainement pas le contenu de tout un caddie.

Bref, par souci de praticité, d'art de vivre, mais aussi pour leur santé mentale, nombre de cyclistes urbains optent davantage pour les commerces de proximité.
En matiére de transport et d'alimentation, les marges de manoeuvres restent à la main de chacun et les utiliser à bon escient pourrait permettre, sait-on jamais, d'impulser une évolution positive.
Partout dans le monde, de plus en plus de gens cherchent à se nourir autrement - se libérer du racket des intermédiaires/transformateurs/empoisonneurs tout en défendant une agriculture humaine. Un pont jeté entre producteurs heureux de son activité et personne ayant besoin de s'alimenter et plaisir à le faire, entre milieu rural et milieu urbain. Une manière de restaurer, autant symboliquement qu'en pratique, l'interconnexion, la symbiose nécessaire entre toute forme de vie et ce qui produit les moyens de sa subsistance.

Soucieux de sortir de sa posture passive du consommateur, le cycliste lassé des grandes surfaces croise, à un moment où à un autre, une Association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP). L'acronyme désigne, en France, un partenariat de proximité "à ma portée" entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un système de distribution de « paniers » composés des produits de la ferme.

Pour le paysan, c'est l'assurance du maintien de son activité agricole grâce à la garantie d'un revenu stable et cohérent; pour le consommateur, des aliments frais, de saison, souvent biologiques ; pour les deux partenaires, un prix équitable. Le tout permettant de court-circuiter un intermédiaire gourmand de marges arrières et d'emplois précaires : la grande distibution.

Voici une liste non exaustive d'Amap dans le maine et Loire, dont une,"L'Aneth" qui distribue ses paniers à la MPT de Monplaisir, 3 rue de l'Ecriture, à Angers (contact : amaplaneth@gmail.com)

dimanche 7 septembre 2008

Dynamique de groupe

Retour en images sur le quatrième anniversaire de la vélorution d'Angers.

Quinze heures passées, la place du Ralliement se remplit peu à peu de cyclistes venus des quatre coins d'Angers, voire même d'un peu plus loin. La plupart des fidèles sont là - ceux qu'on n'avait pas vus depuis longtemps ne voulaient pas rater l'événement - mais il y a aussi les novices, qui viennent un à un enrichir le réseau des cyclistes urbains vélorutionnaires.
La première demi-heure est toujours l'occasion de serrer quelques mains, de se retrouver, de se demander comment la vie a été, pour chacun de son côté... y'a pas à dire, les coïncidences, ça crée des liens. Les moins ponctuels arrivent au compte-goutte, renforçant in extremis les effectifs, et puis ça y est, il est 15 heures 30, heure habituelle du départ. Pas d'itinéraire prévu. Un esprit plus enclin à prendre l'initiative monte en selle. Il lance un "Allez, on y va", rapidement relayé - "C'est parti", "à l'assaut", "Go", et c'est une véritable marée à roues qui s'ébroue, s'élance, se répand. Jusqu'à ce que finalement la masse cycliste prenne possession de la chaussée en y imposant sa présence physique incontestable.

Certains, soucieux de rendre plus explicite la visibilité de notre réunion, recourent à l'image, avec efficacité, il faut bien dire.

L'un des logos du mouvement planétaire Critical Mass. Rappellons qu'il n'existe aucun logo officiel pour ce mouvement qui ne l'est pas lui même.

Le nombre de participants est aujourd'hui plus que suffisant pour que le groupe s'impose naturellement, ce qui rend la relation à l'automobiliste plus facile.
Chacun peut ainsi user de son vélo à sa guise, à son rythme, en toute sécurité dans une ambiance conviviale qui tient plus du "joyeux bordel" que de l'embouteillage des heures de pointe.
C'est là le trait le plus séduisant de la vélorution. Chacun d'entre nous se souvient combien il a été frappé, la première fois, de constater à quel point il était plaisant et reposant de pouvoir évoluer en ville, sur son vélo, sans avoir à craindre le trafic automobile. Combien il était imprévisible d'y trouver un tel plaisir. Les jours de retrouvailles, le rapport de force avec la masse automobile est temporairement inversé. C'est comme si elle n'existait pas, et nous, les cyclistes, pouvons ainsi jouir de la rue sans inquiétude. Le plaisir de la mobilité atteint ainsi une rare pureté.
Cette même remarque revient, inlassablement, au fil des coïncidences, chaque fois dans la bouche de nouveaux participants, surpris, qui ne s'étaient pas imaginé qu'il pourrait être si agréable de se balader en centre ville, à vélo, tout simplement. Comme toutes les connaissances, celle-ci, une fois acquise, demeurera indélébile. Nous ne le savions pas auparavant, mais nous ne l'oublierons jamais, la ville à vélo, c'est vraiment agréable !
Voilà ce qui rend le succès de la vélorution inéluctable (bon, ça et la fin du pétrole, c'est vrai).

On immortalise ce quatrième anniversaire par une photo de groupe et un dernier "lever de vélos".

Moment essentiel entre tous que celui de l'après : rencontres, prises de paroles en petits groupes ou devant tous, échanges d'infos en tout genre, de mails, de numéros de téléphones. On discute matos ou bricolage, on s'aperçoit que nos considérations esthétiques ou politiques ne sont pas aussi singulières qu'on avait pu le craindre ou le penser, on constate que notre sensibilité n'est pas si farfelue. Bref, dans les rues d'Angers, à vélo, on ne sera plus jamais vraiment seuls...

Le temps passe insensiblement, les cyclistes urbains se saluent les uns après les autres alors que la "masse cycliste" se disloque peu à peu. Certains poursuivront l'anniversaire jusque tard dans la nuit.

Post scriptum : S'il y avait eu une petite fête dans la foulée, probable qu'une grande partie des participants s'y serait retrouvée...
Pour les cinq ans, y'aurait peut être quelque chose du genre à goupiller, une couche de plus de coïncidence à ajouter pour y remédier, genre sound system inopiné...

samedi 6 septembre 2008

Sauver la planète à vélo… pour le bénéfice de qui ?


La prise de conscience écologique est indispensable pour adoucir le désastre écologique en cours. Dans cette croisade, quelle valeur nous sert de boussole ?

Sommes-nous mus par le seul instinct de conservation, par essence égocentrique, ou nous plaçons-nous au contraire sous la bannière de valeurs plus ambitieuses ? S’agit-il de préserver la plus grande part de notre confort ou au contraire de permettre à l’humanité, dans son ensemble, de perdurer ?

Moins dépendants de l’automobile, nous permettrons peut-être à des politiques différentes de celles déployées depuis 50 ans de voir le jour. Mais cela suffira-t-il ?

L’humanité est confrontée à une crise alimentaire sans précédent. Beaucoup le savent, mais ne peuvent que supposer la part de responsabilité qui est celle de l’occident dans cette situation. Peu de médias s’attardent à expliciter les mécanismes à l’œuvre.

Dans l’article dont je vous propose la lecture, Georges Monbiot montre que nos assiettes ne sont pas innocentes. Certe, notre culpabilité n’est qu’indirecte, tant nos grands décideurs se dispensent souvent de rendre compréhensibles les décisions prises en notre nom. Je ne suis pas un chantre de la responsabilité individuelle, mais peut-être la modification de nos pratiques quotidiennes, sans attendre qu’elles nous soient dictées par en haut, pourra-t-elle nous libérer un jour de l’hypocrisie représentative actuelle et nous permettre d'imposer des conceptions politiques plus... comment dire... humaines.

Famine manufacturée

Une nouvelle vague de colonialisme alimentaire retire la nourriture de la bouche des pauvres

Georges Monbiot, The Guardian, 26 août 2008, http://www.monbiot.com/archives/2008/08/26/manufactured-famine/


traduction O²

Dans son livre « les holocaustes de la fin de l’ère victorienne », Mike Davis nous narre l’histoire des famines qui frappèrent l’Inde dans les années 1870. La faim commença lorsqu’une sécheresse, causée par El Nino, tua les plans du plateau du Deccan. Alors que la morsure de la famine se faisait sentir, le Vice-Roi, Lord Lytton, supervisa l’exportation vers l’Angleterre d’une quantité record de 6,4 millions d’hundredweight (environ 320 000 tonnes) de farine. Pendant que Lord Lytton menait une vie à la splendeur impériale et commandait, entre autres extravagances, « le repas le plus colossal et le plus onéreux de l’histoire mondiale », entre 12 et 29 millions de personnes moururent[1]. Seul Staline fabriqua la faim à une aussi vaste échelle.

Aujourd'hui un nouveau Lord Lytton s’emploie à concevoir un autre raid alimentaire brutal. Courtisan favori de Tony Blair, Peter Mandelson a souvent donné l’impression qu’il ferait n’importe quoi pour complaire à son maître. Il est aujourd'hui commissaire européen au commerce extérieur. Depuis ses somptueux bureaux de Bruxelles et Strasbourg, il espère imposer un traité qui permettra à l’Europe d’arracher la nourriture de la bouche de certaines des populations les plus pauvres d’Europe.

Quelque 70 % des protéines consommées par les Sénégalais proviennent du poisson[2]. Traditionnellement moins cher que les autres produits animaux, il subvient aux besoins d’une population qui arrive en queue de classement au titre de l’Indice de Développement Humain[3]. Un sixième de la population du Sénégal est employé par l’industrie de la pêche ; les deux tiers de ces travailleurs sont des femmes. Au cours des trois dernières décennies, leurs moyens de subsistance ont commencé à décliner au fur et à mesure que les autres nations pillaient les stocks sénégalais.

L’Union Européenne est confrontée à deux problèmes majeurs en matière de pêche. L’un, qui résulte en partie de son incapacité à manager correctement les pêcheries européennes, tient au fait que celles-ci ne peuvent plus satisfaire la demande intérieure. L’autre résulte du fait que les gouvernements européens n’entendent pas entrer en confrontation avec leurs lobbies de la pêche en démantelant les bateaux excédentaires. L’Union européenne a tenté de résoudre ces deux problèmes d’un coup en envoyant ses pêcheurs en Afrique de l’Ouest. Depuis 1979, elle entretient des accords avec le gouvernement sénégalais qui autorisent nos flottes à croiser dans ses eaux. L’écosystème marin du Sénégal a, en conséquence, commencé à évoluer de la même manière que le nôtre. Entre 1994 et 2005, le poids du poisson pris au Sénégal est tombé de 95 000 tonnes à 45 000 tonnes. Submergée par les chalutiers européens, la pêche sénégalaise périclite : le nombre de bateaux emmenés par la population locale a décru de 48 % depuis 1997.

Dans un récent rapport sur ce pillage, ActionAid montre que les familles de pêcheur qui pouvaient se permettre trois repas par jour doivent désormais se satisfaire d’un ou deux seulement. Alors que le prix du poisson augmente, leurs clients connaissent également la faim. Le même phénomène s’est produit dans tous les pays avec lesquels l’Union européenne entretient des accords en matière de pêche[4]. En échange de misérables flux d’échanges internationaux, leur source primaire de protéine a été pillée.

Conscient de la situation, le gouvernement du Sénégal a refusé en 2006 de renouveler son accord de pêche avec l’Union européenne. Mais les pêcheurs européens, essentiellement espagnols et français, n’ont pas tardé à contourner l’interdiction. Enregistrant leurs bateaux comme sénégalais, ils ont acheté des quotas aux pêcheurs du cru et transféré leurs prises en haute mer depuis les bateaux locaux. Ils peuvent ainsi continuer à capter le poisson du pays, sans être aucunement obligés de l’y commercialiser. Leurs profits sont conservés sur la glace jusqu’à ce que la prise parvienne en Europe.

Les services de Mandelson s’emploient à négocier des accords de partenariat économique avec les pays africains. Ils devaient être signés avant la fin de l’année passée, mais un grand nombre de ces derniers, Sénégal compris, s’y est refusé. Ces accords prévoient le droit pour les compagnies européennes de s’installer librement sur le sol africain et disposent qu’elles y recevront le même traitement que les entreprises locales. Cela signifie que le pays hôte ne serait pas autorisé à traiter différemment ses propres entreprises et les compagnies européennes. Le Sénégal serait ainsi empêché de s’assurer que le poisson pris sur son territoire est employé par sa propre industrie pour nourrir sa propre population. Les subterfuges employés jusqu’à présent par les chalutiers européens seraient légalisés.

La Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique a décrit les négociations européennes comme « insuffisamment inclusives ». Elles souffrent d’un « manque de transparence » et d’une capacité insuffisante des pays africains à saisir les complexités légales[5]. ActionAid montre que les services de Mandelson ont ignoré ces problèmes, accru la pression sur les pays récalcitrants et « emmené les négociations à un rythme plus élevé que ce que pouvaient assumer les pays africains ». Si ces accords sont appliqués de force à l’Afrique de l’Ouest, Lord Mandelson sera responsable d’une nouvelle famine impériale.

Il s’agit là d’un exemple du colonialisme alimentaire qui en vient une fois de plus à gouverner les relations entre les pays riches et les pays pauvres. Alors que les ressources alimentaires globales se resserrent, les riches consommateurs entrent en compétition avec les affamés. La semaine dernière, le groupe environnemental WWF a publié un rapport sur la consommation indirecte d’eau par la Grande-Bretagne du fait de l’achat de nourriture[6]. L’essentiel du riz et du coton que nous achetons provient, par exemple, de la vallée del’Indus, terroir regroupant l’essentiel des meilleurs terres agricoles du Pakistan. Pour satisfaire la demande extérieure, les bassins aquifères de la vallée sont pompés plus vite qu’ils ne peuvent se régénérer. Dans le même temps, la pluie et la neige décroît dans l’Himalaya, probablement du fait du changement climatique. Par endroit, le sel et d’autres poisons pour les cultures se diffusent dans des cours d’eau affaiblis, rendant l’agriculture impossible pour longtemps. Les céréales que nous achetons sont, pour la plupart, librement commercialisées, mais leurs coûts masqués sont intégralement assumés par le Pakistan.

Maintenant nous apprenons que les pays du Moyen-Orient, Arabie Saoudite en tête, sécurisent leurs approvisionnements futurs en nourriture en essayant d’acheter des terres dans les pays les plus pauvres. Le Financial Times rapporte que l’Arabie Saoudite entend mettre sur pied une série de fermes à l’étranger, chacune d’entre elles installées sur des superficies pouvant dépasser 100 000 hectares. Leur production ne serait pas commercialisée mais envoyée directement à leurs propriétaires. Le Financial Times, généralement favorable à la vente, quelle qu’en soit l’objet, agite le « scénario cauchemardesque de céréales expédiées depuis des fermes fortifiées sous le regard des affamés locaux. » L’article indique qu’au moyen « d’accords bilatéraux confidentiels, les investisseurs espèrent être en mesure de contourner toute restriction commerciale que les pays hôtes pourraient imposer en cas de crise. »[7]

L’Ethiopie et le Soudan ont tous deux offert aux pays du pétrole des dizaines de milliers d’hectares[8]. Rien de plus simple pour les gouvernements corrompus de ces pays : en Ethiopie l’Etat considère posséder l’essentiel de la terre ; au Soudan, une enveloppe glissée sur le bon bureau transforme comme par magie la propriété d’autrui en échanges commerciaux internationaux[9]. Pourtant 5,6 millions de Soudanais et 10 millions d’Ethiopiens auraient actuellement besoin de l’aide alimentaire. Les accords proposés par leur gouvernement pourront seulement renforcer ces famines.

Rien ici n’entend suggérer que les pays pauvres ne devraient pas vendre de nourriture aux riches. Pour échapper à la famine, les pays doivent renforcer leur pouvoir d’achat. Ce qui signifie souvent vendre leur production agricole et en accroître la valeur en la transformant sur place. Mais les accords que je viens de décrire n’ont rien d’équitable. Là où ils utilisèrent par le passé la canonnière et le Cipaye[10], les pays riches recourent aujourd’hui au chéquier et aux hommes de loi pour s’approprier la nourriture de ceux qui ont faim. La bataille pour les ressources a commencé, mais – à court terme en tout cas – nous en aurons à peine conscience. Les gouvernements du monde riche se mettront à l’abri du coût politique des pénuries, quand bien même cela signifierait que d’autres populations doivent mourir de faim.



[1] Mike Davis, 2001. Late Victorian Holocausts: El Nino Famines and the Making of the Third World. Verso, London.

[2] ActionAid, 11th August 2008. SelFISH Europe. http://www.illegal-fishing.info/uploads/ActionAidSelFISHEurope.pdf

[3] Indice composite (santé, éducation et niveau de vie) entendant évaluer le bien être des populations (ndt).

[4] Vlad M. Kaczynski and David L. Fluharty, March 2002. European policies in West Africa: who benefits from fisheries agreements? Marine Policy, Volume 26, Issue 2, pp75-93.
doi:10.1016/S0308-597X(01)00039-2
Tim Judah, 1st August 2001. The battle for
West Africa’s fish. http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/1464966.stm

[5] UNECA, EPA Negotiations: African Countries Continental Review, African Trade Policy Centre, February 2007. Quoted by ActionAid, ibid.

[6] Ashok Chapagain and Stuart Orr, August 2008. UK Water Footprint: the impact of the UK’s food
and fibre consumption on global water resources. Volume one. http://assets.panda.org/downloads/wwf_uk_footprint.pdf

[7] Javier Blas and Andrew England, 19th August 2008. Foreign fields: Rich states look beyond their borders for fertile soil. Financial Times.

[8] Barney Jopson and Andrew England, 11th August 2008. Sudan woos investors to put $1bn in farming. Financial Times.

[9] For discussions of how landrights in Africa are overruled, see:

Lorenzo Cotula, September 2007. Legal empowerment for local resource control. International Institute for Environment and Development. http://www.iied.org/pubs/pdfs/12542IIED.pdf

Camilla Toulmin, 2006. Securing Land and Property Rights in Africa: Improving the
Investment Climate. Chapter 2.3 of the Global Competitiveness Report, World Economic
Forum, Switzerland.

[10] Soldat auxiliaire indigène (ndt)

Notes perso :

Ah ben c'est pour ça qu'ils préfèrent venir jouer les clandestins chez nous, alors...

Oui oui, tout s'explique. Je me demandais souvent pourquoi certains de mes compatriotes s'étonnent que les immigrés clandestins risquent leur vie à venir chez nous où on les accueille à grand coup de matraque alors qu'ils étaient si bien, chez eux. C'est qu'ils se trompent, ces bons français, voilà. En fait, là bas, nos immigrés, ils crèvent de faim, tout simplement.

Le monde meurt de faim et pédaler ne suffit pas : go vegan !

L'agrofuel n'est pas le seul à accaparer des terres autrefois utilisées pour l'alimentation humaine.
Chaque calorie animale consommée en aura nécessité sept d'origine végétale pour être produite.
Réduire sa consommation de viande jusqu'à remettre en question la place trop importante que celle-ci occupe dans notre régime alimentaire, c'est objectivement favoriser la possibilité qu'advienne un jour un modèle agricole plus équitable. La terre ne peut supporter autant de voitures que d'individus, elle ne peut pas davantage produire de viande pour plus de six milliards de carnivores.

dimanche 17 août 2008

4e anniversaire

Concepteur : RB. Merci Roro !

jeudi 31 juillet 2008

Le monde évolue, mais que faut-il pour qu’il change ?

Bientôt les voies automobiles les plus urbaines seront investies par les deux-roues non motorisés. Comme le montre cette vidéo, ce mouvement a débuté aux Etats-Unis.



La société automobile a atteint ses limites, mais la voiture individuelle est-elle le seul élément à remettre en question ?

A Angers, les voies sur berge sont aujourd’hui soulagées de l’essentiel du trafic qu’elles accueillaient naguère, désormais redirigé vers une bretelle autoroutière flambant neuve.

Nul doute que la mairie se félicitera prochainement de voir cet axe réapproprié par des cyclistes… mais cela devrait-il pour autant susciter l’enthousiasme ? Il ne s’agira pas nécessairement d’une avancée vers une société plus juste, même si la ville sera plus agréable pour ceux qui y vivent, cyclistes compris.

L’argument de la « qualité de vie » est le cheval de bataille des architectes d’une société dissimulant sa sévérité sous des atours agréables pour les citoyens les mieux intégrés et les moins rétifs aux changements en cours : peines planchers qui justifieront bientôt de nouvelles prisons en même temps qu’une surveillance accrue de l’activité sociale et intellectuelle des individus, recul des libertés individuelles, précarisation des plus faibles et expulsions massives d’immigrés, autant d’évolutions, pour n’en citer que quelques-unes, concomitantes de la « prise de conscience écologique », si favorable à l'utilisation de la bicyclette, actuellement en cours.

La mutation de nos villes tend à rendre ces durcissements imperceptibles pour ceux qui n’en font pas les frais.

Est-ce pour cela que nous pédalons ?

Les Etats-Unis viennent d’adopter une "loi" régularisant les écoutes illégales pratiquées depuis plusieurs années avec la complicité des opérateurs privés de télécommunication. En Europe, le « paquet télécom », qui favoriserait la surveillance de l’activité de tous les internautes sera soumise au vote des députés le 22 septembre prochain.

Pour tous ceux, cyclistes ou non, qui préfèrent le respect des droits de l'homme et la liberté à la peur et à la défiance organisée, rendez-vous est donné le 11 octobre 2008.

mercredi 30 juillet 2008

La citation du mois

Merveilleuse transparence de la bicyclette...

«La bicyclette fut peut-être la dernière invention compréhensible par n'importe qui à l'oeil nu. Merveilleuse transparence de la bicyclette, venant après l'évidence de la brouette, la simplicité du tonneau, la franchise du cabestan, la naïveté du vistemboire ! Après, nous entrâmes dans l'ombre. Il m'est souvent arrivé de penser que l'étendue globale de mes connaissances faisait de moi un homme du XVIIIe siècle, pas davantage. Et encore. Diderot, une fois qu'il eut fini de relire les épreuves de l'Encyclopédie, devait déjà être un peu plus ferré. C'est notre paradoxe, depuis la fin du XIXe siècle, que de vivre de plus en plus ignorants dans un monde de plus en plus savant. Dans le même temps où les sciences de la nature obscurcissaient l'univers préexistant (car la connaissance de l'ADN n'explique quelque chose qu'à ceux qui comprennent l'ADN; la science éclaire surtout le scientifique), les sciences appliquées et la technique saturaient le réel d'artefacts et de gadgets qui nous amenèrent peu à peu à la condition d'idiots émerveillés.»

François Taillandier
source : "Vers l'homme futur" - L'humanité

vendredi 25 juillet 2008

Cyclistes aspirant à société équitable cherchent rupture désespérément

En matière écologique et sociale, la politique déployée depuis mai 2007 paraît timorée et cosmétique. Si le grenelle de la communication environnementale a permis de conférer une légitimité certaine à des icônes nationales comme Nicolas Hulot en matière de green washing les réalisations concrètes demeurent indigentes. Bon, c'est vrai, maintenant on pense tous à fermer le robinet pendant qu'on se lave les dents...

Dérailleur grippé, changement de braquet impossible ?

Les faits évoquent plutôt une prolongation des tendances préexistantes, sans jamais sortir du registre « foutage de gueule ». Depuis l'utilisation peu raisonnée de l'aéroplane pour leurs déplacements officiels – notre bon Premier ministre a jugé nécessaire de se rendre à l'inauguration de la nouvelle ligne TGV Est... en avion – jusqu'au conseil de notre ministre de l'économie de recourir au covoiturage, non pour contribuer à endiguer l'effet de serre, mais bien pour faire face à l'augmentation du prix des carburants, les exemples ne manquent pas.

Il serait néanmoins tout aussi hypocrite de la part de nos dirigeants de nous intimer de partager notre voiture pour sauver la planète alors que les nouveaux projets de centrales nucléaires sont mis en route sur fond de multiplication des fuites d'uranium. Le covoiturage, digne d'être encouragé, n'est bien entendu pas en cause ici, mais il est clair que les mesures écologiques structurelles font pâle figure jusqu'à présent.

Égaux devant le rêve, seuls face au cauchemar

importance en termes d'enjeux globaux, mais ilLe comportement de chacun a certes son contribue surtout à définir le système qui viendra ensuite contraindre l'individu dans sa vie quotidienne. Ainsi la rurbanisation et la périurbanisation, décriées ici comme ailleurs pour leurs conséquences prévisibles, ont-elles logiquement aggravé la dépendance de la société occidentale vis-à-vis de l'automobile tout en rendant plus difficile le retour à une agriculture non industrielle. Le piège de cette conception du confort risque aujourd'hui de se refermer implacablement sur ceux qui, au cours des dernières décennies, ont cédé aux puissantes sirènes des Bouygues et autres pavillonneurs sans disposer des moyens d'acquérir en proximité immédiate des villes centres. Les résidants des beaux quartiers d'Avrillé (première couronne d'Angers) pourront venir parader en centre ville grâce au Tramway ou sur leur joli Fatboy G-String Raw à 2 000 euros. Cela coûtera un peu plus de sueur aux habitants des villages situés à plus de 20 km, précisément ceux sur le territoire desquels les lotissements se sont multipliés au cours des dernières décennies.

Anticiper, on s'y met ?

La crise actuelle était prévisible voilà déjà 40 ans, et les choix opérés depuis lors ont largement contribué à son avènement. Par le tout auto, c'était certes la liberté de déplacement que l'on offrait à la grande masse des travailleurs solvables des trente glorieuses, tout heureuse de son nouveau statut de consommateur, mais c'était également la mobilité des biens, des services et des travailleurs que l'on favorisait, pour le plus grand profit du capital.

Sans s'attarder sur le passé, il est possible de s'interroger sur les solutions à déployer face aux difficultés qui se profilent à l'horizon. Différentes approches peuvent probablement se concevoir, qui nous projetteraient dans autant d'avenirs distincts. N'est-ce pas sur ce point que les citoyens auraient leur mot à dire ? N'est-ce pas là l'avis exprimé par les militants antinucléaires lorsqu'ils relèvent que le choix de construire aujourd'hui de nouvelles centrales, sans parler du coût immédiatement associé, limite la marge de manœuvre politique de demain ?

Le déplacement, nécessité sociale et individuelle

Se déplacer en ville, pour rejoindre la ville, pour son travail, pour partir en vacances, autant de nécessités contraignantes. La bicyclette occupera une place importante, si ce n'est prépondérante, au sein des solutions à imaginer et à déployer. Toutes celles imaginables ne se valent pas pour autant.

Devant impérativement réduire la quantité de CO² émis dans l'atmosphère, les gouvernements occidentaux favorisent – comme c'est étrange – les solutions les plus compatibles avec le maintien d'une société structurellement productrice d'inégalités. Taxer lourdement les véhicules les plus polluants après avoir encouragé des modes de vie dépendants de l'automobile sonnera comme une blague amère pour les ménages modestes, qui ne comptent pourtant pas nécessairement au nombre des détracteurs les plus virulents de l'économie de marché. C'est pourtant bien pour ceux qui n'auront d'autre choix que de supporter ces nouvelles charges que la plaisanterie sera la plus cruelle.

Le gouvernement entend obliger les méchants chômeurs à accepter les emplois raisonnablement situés à moins de 30 km de trajet de leur domicile. Bon courage à ceux qui n'ont pas de voiture, qui devront prévoir quelques heures de trajet quotidien. Le sport, c'est bon pour la santé, le vélo, c'est écolo, mais tout de même...

Le bon fonctionnement de notre société suppose la mobilité. Comment en assumer le coût ?
Favorable à la socialisation équitable de cette charge, Vélo2Ville consacrera quelques articles à la question, largement débattue par ailleurs – voir notamment le site du Réseau pour l'Abolition des Transports Payants, de la « gratuité ».

Piste a priori prometteuse en matière de progrès social, les réalités multiples que cette expression peut recouvrir ne sont-elles cependant pas également susceptibles de dissimuler un redoutable cheval de Troie des chantres du green washing ?

A suivre...

image: www.freeimages.co.uk'

samedi 12 juillet 2008

Tout de même...


...c'est fou ce qu'on peut faire avec un vélo sans frein et sans roue libre. Gaffe aux ratiches ceci dit.

Macaframa Productions

jeudi 10 juillet 2008

Méfions-nous des évidences

Avez-vous vu, dernièrement, les bicyclettes se multiplier ?

Il n’est pas question ici de s’en offusquer, tant nous avons pu appeler cette évolution de nos vœux. Il est clair qu’il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit. Comme nous vous l’avions indiqué, en France, pour la première fois de l’histoire post-industrielle, les ventes d’automobiles ont récemment manifesté le début d’un déclin, au même titre que le nombre de kms parcourus. Evènement totalement inédit, ce mouvement gagne également les Etats-Unis, autrement compromis dans une civilisation et un urbanisme « tout auto ».

Il semblerait qu’avec un pétrole flirtant avec les 150 $ le baril, le crash civilisationnel ne soit plus éloigné.

Mais alors plus du tout.

Et ensuite ?

Certes, nous ne nous retrouvons pas dans le modèle de société actuel, aujourd’hui voué à une remise en question brutale et profonde, mais devons-nous pour autant nous abstenir de réfléchir à la suite ?

Les prix de l’énergie, comme de tout ce qui en dépend – les produits alimentaires figurent au premier rang de cette liste – sont appelés à grimper encore davantage. Probablement deviendront-ils rapidement insupportables pour une bonne partie de la population mondiale, celle des pays développés comprise.

La question qui se pose est donc la suivante:

Comment les individus feront-ils face à la crise systémique déjà en cours ? Restaureront-ils l’empathie comme principe directeur ou laisseront-ils consacrer une société davantage individualiste, violente et inhumaine ?

Rappelons ici que la crise des subprimes, que nos médias européens ne couvrent qu’avec une timidité de violette compte tenu de sa gravité, est directement liée au renchérissement du précieux combustible.

Rappelons que les conflits pour le contrôle des ressources énergétiques n’appartiennent plus, depuis plusieurs années, au domaine de l’anticipation et qu’ils sont appelés à se multiplier.

Rappelons enfin que le système financier dérégulé – esprit même de la mondialisation actuelle, est directement impliqué dans le déroulement de cette crise. Comme le prédisaient certaines banques en 2005, le libre jeu de la spéculation promet de porter les prix d’une ressource aussi indispensable au fonctionnement du monde que nous connaissons à des sommets encore inconnus (le baril pourrait atteindre 300 $ d’ici quelques années).

Nombre d’éléments laissent entrevoir un retour du protectionnisme, un repli des civilisations sur elles-mêmes. En un mot, un avenir où les ressorts les plus décriés du néo-libéralisme seraient battus en brèche.

Mais au profit de quoi ?

Dans une société devenue aussi individualiste que la nôtre, quelle sera la réaction spontanée de tous ces ego laissés à eux-mêmes face à un modèle consumériste impossible à maintenir ? Notre modèle de société, loin de proposer une alternative, n’a fait qu’encourager la fuite dans le matériel face à l’anxiété existentielle qui frappe toute forme de vie consciente d’elle-même et de sa finitude.

Chassez le naturel, il revient au galop

Nous pouvons prédire que le réveil, déjà amorcé, sera difficile pour la plupart d’entre nous, peut-être même pour chacun d’entre nous. En effet, la conscience des difficultés à venir ne sera qu’une maigre consolation pour les oiseaux de mauvais augure, habitués à être mis à l’index par la majorité conforme et bien-pensante, lorsque personne ne pourra plus compter sur les grandes surfaces pour s'approvisionner en nourriture.

Et si la dictature écologique qui se profile à l’horizon, focalisant la vindicte sur les comportements individuels en taisant le déterminisme social à l’œuvre, ne devait être qu’une étape supplémentaire dans la division des forces de résistance, condition du parachèvement de l’emprise du système ?

Soudainement culpabilisés et laissés à eux-mêmes, les rurbains, bientôt privés d’emploi, déchus de leurs rêves de réussite conforme et promis à des difficultés matérielles aussi inédites qu’insurmontables, ne risquent-ils pas – la psychologie humaine étant ainsi faite – d’adopter une posture défensive, par définition agressive ?

Au contraire, ceux caractérisés de longue date par une sensibilité écologique affirmée – décroissants, détracteurs du développement durable de tous poils – ne seront-ils pas tentés d’endosser les nouveaux habits d’excommunicateurs qui leurs seront probablement proposés ?

Tous victimes d’une même réalité, même si certains auront d’avantage profité des largesses du système, devrions-nous passivement accepter un avenir où nous nous entredéchirerions ? Repliés sur nous-mêmes, devrions-nous nous-mêmes donner le coup de grâce à un concept d’intérêt général, de bien commun, déjà moribond ? L’ego est-il promis à la victoire sur l’humanité ? Qui, alors, gagnerait au change ?

« Gouverner, c’est prévoir »

Les puissants actuellement aux affaires l’ont toujours su. Peu de chances qu’ils l’aient oublié.

Si notre désir est de nous réapproprier ce pouvoir et l’avenir qui va avec, nous devons également faire œuvre prospective et surtout éviter de nous laisser diriger par nos affects, de tirer des conclusions dictées par l’instant.

Aux rurbains de comprendre leurs erreurs et de réfléchir au moyen de les corriger, d’adapter dès maintenant leur mode de vie sans honte ni rancœur. Les saisies immobilières risquent de gagner nos contrées. Peut-être cette large frange de la population pourrait-elle préfèrer faire œuvre collective, se donner les moyens d’habiter pleinement son cadre de vie tout en en supprimant la dimension pendulaire plutôt que de s’arc-bouter sur un individualisme qui la voue à la déchéance si ce n’est au caniveau ?

Et si, en un opportunisme opportun, tous ces esprits conformistes et conformes, se découvrant une âme de Che, envoyaient bouler pêle-mêle boulots, trajets quotidiens et remboursements d'emprunts à taux variables ? Et s'ils réinventaient les piqueteros, les mettant à la sauce suburb occidental, attendant de pied ferme les uniformes chargés de les expulser en affirmant :
"Nous ne bougerons pas, nous ne paierons pas ! Que les banquiers et le système financier aillent au diable, nous allons nous prendre en main. Nous binerons nos pelouses et écroulerons les deux tiers des maisons. Nous réinventerons le village et l'agriculture vivrière pour nous préparer à accueillir les hordes d'urbains fuyant des villes désormais invivables (sans parler des réfugiés climatiques)" ?
On peut rêver, mais j'en connais qui n'en mèneraient pas large.


Aux activistes écologistes, dans le même temps de se raisonner. Qu’ils n’oublient pas la raison première de leur prise de conscience, de leur engagement : Fut-il en temps utile le seul clairvoyant, quel intérêt aurait l’humaniste à exécuter une sentence contre l’humanité ? Certes, les lotissements ont rogné les surfaces agricoles et naturelles, dopant au passage ventes de voitures, comportements irresponsables et états d'esprit douteux, mais au moins sont-ils déjà possédés par le peuple. Que gagneront les idéologies alternatives à voir toutes ces surfaces accaparées par ceux qui sont déjà de grands propriétaires ? Là encore, rêvons que ces espaces deviennent un océan sur lequel reconstruire le collectif.

Nous sommes tous l’imbécile de quelqu’un. Qu’aurions-nous à gagner à laisser libre cours à la haine, à la revanche ?

Surtout, que risquerions-nous de perdre dans l’opération ?

Le pardon est le privilège des forts, et l’espoir se cultive autant qu’il peut dépérir.

Bon, je veux pas dire pour autant qu'il faudrait pardonner toutes les formes d'entêtement, hein, faudrait pas pousser non plus. Mais face aux difficultés, toutes les bonnes volontés - sincères - seraient bonnes à prendre, non ?

lundi 7 juillet 2008

Bike Punks - Fanzine

"Le fanzine est un journal libre, parfois clandestin (une large majorité d'entre eux n'a pas de dépôt légal), publié sous l'égide du Do it yourself , souvent spécialisé, créé et réalisé de manière désintéressée par et pour quelques passionnés.
On se le procure dans quelques librairies, disquaires spécialisés, lycées, universités, salles de concerts indépendantes, ou par le bouche-à-oreille."
Voici un extrait tiré d'un fanzine formé de trois photocopies A4 repliées, composé d'une BD et d'un assemblage-collage de textes, poèmes et d'images. Trouvé sur le comptoir de L'Etincelle, l'auteur serait un lillois de passage à Angers. Celui-ci a eu la bonne idée de laisser trainer quelques exemplaires de ce fanzine imprégné de liberté.
Bonne route à l'auteur.



mercredi 2 juillet 2008

Angers mon village


L'engrenage frustration - consommation à crédit - prospérité factice que l'on nous vend comme du bonheur n'est pas encore parvenu à déshumaniser tous les individus. Imaginez-vous ? Certains ont dans la tête de faire perdurer des valeurs ancestrales telles que la convivialité, l'entraide et la simplicité !


Rencontrer son prochain, redécouvrir la ville autrement, développer une vie sociale de proximité grâce à la pratique du vélo urbain, bref faire de cette culture émergente une victoire contre l'indifférence à la solitude urbaine et à la déshumanisation qui l'accompagne, voilà l'occasion qui vous est donnée samedi. Rendez-vous, comme chaque mois, à 15h, Place du Ralliement.

dimanche 22 juin 2008

La citation du mois





"L'homme ne court pas à sa perte, il y va en voiture." Auteur inconnu




dimanche 15 juin 2008

Sport et vélo urbain

Aujourd'hui encore, beaucoup de gens n’imaginent même pas pouvoir utiliser un vélo pour se déplacer : ce mode de transport a totalement disparu du champ des possibles. Le vélo souffre essentiellement d’un problème d’image : la majorité de la population l’oublie ou évalue mal ses avantages. A tous les niveaux, les obstacles imaginés sont plus importants que les obstacles réels.

L'effort à fournir, par exemple.

N'avez-vous jamais entendu vos proches ou vos collègues s'exclamer : "Oui, mais toi t'es sportif, tu es jeune". "Ah ! Tu est venu à vélo. Tu es courageux !"

Et non. Les cyclistes urbains sont en grande majorité des non-sportifs. Vous et moi le savons bien, mais eux, l'ignorent (et s'ignorent).

Si le sport professionnel de haut niveau, quel qu'il soit, est depuis longtemps rongé par le système et accuse de nombreuses tares (corruption, dopage, etc), loin de moi l'envie de critiquer l'activité sportive où de nombreux individus se réalisent pleinement.

Seulement, voilà : le vélo urbain n'est pas un loisir et n'entre pas dans le cadre d'une quelconque compétition. Son usage est essentiellement pratique. Contrairement à de nombreuses activités sportives, son utilité est quotidienne sans systématiquement être plannifiée, autrement-dit, le vélo intégre pleinement votre quotidien. La durée de l'exercice est relativement réduite et ne requiers pas de conditions physiques exceptionnelles. L'usage quotidien du vélo permet simplement de se sentir en forme et n'incite donc aucunement à rechercher une activité physique.

Alors prendre sa voiture pour se rendre au terrain de foot ou à la piscine afin de réaliser ses deux heures de sport hebdomadaire, ceci dans le but, souvent inavoué, de palier à une vie trop sédentaire ? Vous n'y pensez-pas. Je suis non-sportif, je me déplace à vélo tous les jours...

jeudi 27 mars 2008

Velorium tremens

Rendez-vous samedi 29 mars, 16h, rue Louison Bobet.
Prendre un crayon et ses responsabilités.
Rayon d'actions

lundi 10 mars 2008

Vitesse et orientation

Avis aux pédales rouillées, le printemps est de retour, occasion toute trouvée de se décrasser un peu...
Certains ont pensé aux cyclistes en manque de sensations fortes et leur proposent une course urbaine. Ne reculant devant aucun péril, Vélo²Ville s'est procuré l'un des flyers circulant sous le manteau pour annoncer l'évènement et vous le présente aujourd'hui en exclusivité mondiale Bizarrement, en ces temps de mondialisation triomphante, les organisateurs n'échappent pas à un certain américanisme. C'est en effet à une alleycat qu'il vous est proposé de participer.


vendredi 22 février 2008

A la conquête de l'espace urbain

Enfin.

Enfin les beaux jours reviennent.

Se disent tous les cyclistes. Ils ont bien raison. Heureusement que le réchauffement climatique emporte également son lot de conséquences agréables, comme le raccourcissement de la phase hivernale.

Bref. Il est bien possible que la prochaine vélorution se déroule sous des cieux plutôt clément. Qui s'en plaindra ?

Pour une fois, une activité culturelle permettra aux curieux de prolonger la balade mensuelle. A l'étincelle sera projeté le film "Live Bicycle", qui permettra aux cycloactivistes (cherche pas dans le Robert, cette entrée n'y figurera qu'à compter de 2010...) angevins de resituer leur "engagement" dans un contexte plus global. Pour ceux qui l'ignorent encore, le mouvement critical mass est planétaire et, au regard du contexte, il ne demande qu'à s'amplifier encore. Bref, ceux que cela intéresserait pourront venir constater la vivacité du phénomène en Europe, plus spécialement en Italie, où s'est tenue, au printemps 2006, la première et autoproclamée "masse critique mondiale".

Par la même occasion, les cinéphiles rempliront la petite salle obscure du seul lieu alternatif de la ville, voué à la fermeture dans le courant de l'été, après 11 ans d'une existence sans compromis. Une belle occasion de lier esprit précurseur et nostalgie par anticipation, avenir et passé, de mesurer à quel point nos actes individuels influent sur notre réalité commune.

A samedi, donc.

PS: reste calé sur la fréquence Vélo², des news arrivent tout prochainement quant à l'actualité sportive des cyclistes urbains. Pour célébrer la fin de l'hiver, ce ne sont pas moins de deux alleycats qui devraient se tenir courant mars dans les rues de notre bonne vieille capitale de l'Anjou.

Faut ce qu'il faut.

samedi 9 février 2008

Travailler plus pour payer sa voiture

La voiture ? Plus qu'un moyen de transport, un art de vivre...

...au moins d'après les publicitaires.

Tu ne le savais pas encore ? Je te laisse en juger, même si ce morceau de choix ne date pas d'hier :


Mais, dans les faits, il semble que ce soit aussi la conclusion à laquelle arrive ce peuple fier et libre qu'est celui des Etats-Unis. Mieux vaut en effet que leur véhicule leur donne le sourire, lorsqu'ils rejoignent chaque jour leur boulot si épanouissant. Comme le rappelle Benoît Lambert, "L'Américain-type consacre plus de 1500 heures par an à sa voiture: il y est assis, en marche ou à l'arrêt, il travaille pour la payer, pour payer l'essence, les pneus, les péages, l'assurance, les contraventions et les impôts. Il consacre quatre heures par jour à sa voiture, qu'il s'en serve, s'en occupe ou travaille pour elle. Et encore, ici ne sont pas prises en compte toutes ses activités orientées par le transport : le temps passé à l'hôpital, au tribunal ou au garage, le temps passé à regarder à la télévision la publicité automobile" .

Personnellement, j'ajouterais que cette moyenne ne pourra, à données constantes, qu'augmenter. Les français, en occidentaux dignes de ce nom, continuent à acheter plus d'une voiture chacun et à alimenter en conséquence les bouchons aux entrées de ville, bloqués qu'ils sont dans leur pavillon implanté sur un carré de pelouse à 25 km de leur lieu de travail et du plus proche supermarché (dont ils dépendent pour approvisionner leur barbecue en charbon de bois).

Et toi, combien de temps passes-tu "autour" de ta voiture ? Et si la vitesse procurée par ta grosse (ou petite) cylindrée n'était en fait qu'une illusion d'optique ? Oui, oui, tu as bien lu, une ILLUSION... Je m'explique :

Ras la caisse t'invite à remplir ce formulaire (en francs) te permettant de calculer ta vitesse réelle (temps passé en voiture + temps de travail pour payer ton déplacement, le tout divisé par la distance effectivement parcourue).

Tu l'auras compris, deux facteurs jouent ici contre la célérité de ton bolide :

1/ les bouchons (vite, plus d'autoroutes, même si la voiture est condamnée à l'extinction),
2/ la faiblesse de ton salaire horaire, puisque moins tu gagnes, plus il te faut d'heures pour payer ta voiture et les frais annexes (vite, des postes de P-DG, ou de médecin, à tout le moins, pour tout le monde).

La prochaine fois qu'en voiture, tu doubles un vélo, il se peut donc qu'il ne s'agisse que d'une impression... (t'as déjà remarqué comment c'est pas cher la vidange, sur un biclou ?)

Tout ceci pour te dire que si, effectivement, laisser ta voiture au garage (voire la vendre après avoir relocalisé ton habitat en un endroit, certes moins champêtre, mais beaucoup plus fonctionnel pour un piéton que Trifouillis-les-Pavillons-Desservis-par-la-Nationale) permettra aux plus riches (qui ont, eux, un garage grand standing en centre-ville ou en première couronne) d'améliorer l'efficacité réelle de leurs déplacements motorisés, ce n'est pas une raison pour ne pas l'envisager.

Car si les privilèges reprennent aujourd'hui du poil de la bête, garde en tête en ces temps de crise que tout ce qui monte doit nécessairement redescendre un jour, les riches dont le melon ressemble à une montgolfière y compris.

mardi 5 février 2008

Réaliser soi-même des stickers

Comment fabriquer soi-même ses stickers ? Voici une méthode parmi tant d'autres pour réaliser une communication par l'autocollant, ce plus petit support d'art de rue.

Matériel nécessaire :

* un ordinateur équipé d'une imprimante laser. Si vous êtes équipé d'une imprimante jet d'encre, cette méthode reste envisageable, seulement vos autocollants ne résisteront pas longtemps aux intempéries.

* avoir préalablement installé le logiciel libre The Gimp sur votre ordinateur, un éditeur d'images puissant (souvent comparé à Photoshop).

* une rouleau de scotch double-face et une paire de ciseaux, en vente dans toutes les bonnes quincailleries.

* un rouleau adhésif vénilia transparent, de fabrication française.

* une table formica et 4 chaises rouges (optionnel).


Aprés avoir réalisé et imprimé votre planche A4, collez en premier l'adhésif vénilia. Pour éviter les plis, faites adhérer une première partie, puis d'une main, exercez une pression sur l'adhésif, de l'autre main, tirez progressivement le support vénilia jusqu'à la couverture complète de votre feuille A4. Ensuite, découpez grossiérement autour de votre planche de stickers.


Retournez votre planche et collez vos bandes de scotch double-face. Assurez-vous que les bandes ne s'enchevêtrent pas les unes sur les autres. De plus, faîtes en sorte qu'il se trouve un intervalle entre deux bandes au dos de chacun de vos stickers, ceci permettant de retirer aisément la protection au moment voulu. Ensuite, vous n'avez plus qu'à découper soigneusement vos stickers.


Les poches de votre pantalon sont désormais remplies de stickers. Au gré de vos envies et des possibilités urbaines, vous collerez vos autocollants où bon vous semble...

mercredi 23 janvier 2008

La citation du mois



"Chaque cycliste, même débutant, sait qu'à un moment ou un autre de sa vie il aura rendez-vous avec une portière de voiture."

Paul Fournel - Besoin de vélo.