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mercredi 7 novembre 2007

Manifeste des sans-voie "irresponsables"

Des centaines de milliers de cyclistes roulent au quotidien dans les rues des villes françaises. Ils et elles le font dans des conditions dangereuses parce que les véhicules motorisés se sont accaparé la rue, avec le soutien des pouvoirs publics et au mépris des usagers de la voirie les plus vulnérables.

Alors oui, pour essayer de devancer la meute motorisée (dont ils doivent sinon supporter le bruit et l'odeur lorsqu'ils rentrent harassés du travail - ou des assedic - ou qu'il s'y rendent...), il arrive aux cyclistes de passer au rouge, comme le fait n'importe quel piéton ; et alors oui, il leur arrive aussi de prendre un sens interdit, parce qu'il est moins dangereux de croiser une voiture ou une moto que de se faire doubler par elles. Mais, au nom d'un code de la route conçu exclusivement pour les véhicules motorisés, l'autorité publique ne trouve rien de mieux que de sanctionner ces cyclistes, et au prix fort.

Je déclare que je suis l'un-e de ces cyclistes : légitime, mais illégal-e (du moins en France). Je déclare avoir brûlé un feu, avoir pris un sens interdit. Je déclare que, pour ma sécurité, je continuerai à le faire, dans le respect absolu des piétons et sans gêner les autres usagers, tant que n’aura pas été mis en place le code de la rue que nous réclamons.

Signez le manifeste.

vendredi 2 novembre 2007

Faire du vélo à Angers, c'est dangereux ?

Faire du vélo à Angers, est-ce dangereux ? C'est la question que vous est posée sur le forum du site Maville.com. "C'est l'auto qui est dangereuse pour les cyclistes" aurait répondu Didier Tronchet afin de démasquer ce glissement sémantique. La présence de chaque vélo sur le bitume est un peu un acte de courage, c'est vrai. Mais à force de pratique, il s'avère beaucoup moins dangereux qu'on ne le répète.


L'incohérence du réseau cyclable semble être le premier point avancé par les cyclistes angevins. Cette situation est en fait vécue par tous les cyclistes urbains. Au point que certains aient eu l'idée de réaliser un bétisier. Je vous invite à découvrir celui de l'agglomération Grenobloise, qui promeut le slamon-vélo entre les poteaux, celui de Clermont-Ferrand, avec sa célèbre piste à angle droit , celui de Toulon pour les adeptes du freestyle et bien entendu celui d'Angers avec ses stops inutiles .
(wouh ouh, on se réveille les urbanistes, ce serait plutôt sympatoche d'arrêter de nous mettre des batons dans les roues. Nous aussi, on a une vie à mener, tout comme vous, alors on va pas poireauter à ce stop débile...). Grosso-modo, vous l'aurez compris, chaque agglomération a ses aménagements spécifiques et ses propres consultants, les "monsieur Vélo" qu'on les appelle...

"Pour ceux qui n’utilisent leur vélo qu’à Belle Ile et pour tous les inconditionnels de la bagnole, la réponse est évidente : il faut plus de pistes cyclables ! Chez les militants en revanche, la position est moins tranchée. Si la plupart des cyclistes apprécient les contre-sens cyclables et les aménagements le long des routes à fort trafic, beaucoup pensent que les pistes cyclables ne sont pas la solution en ville. Elles isolent les cyclistes et empêchent une bonne cohabitation autos-vélos." L'association Pignon sur rue, basée à Lyon, propose d'ouvrir le débat, Vélo² Ville d'Angers soutient : pour ou contre les pistes cyclables ?

vendredi 18 mai 2007

Le lièvre et la tortue

Du haut de son vélo, il est toujours insolite d'assister aux mini-courses urbaines que se livrent les automobilistes sur les boulevards. Départ en fanfare dés que le feu passe au vert, positionnement stratégique sur la double-voie, parfois à droite, parfois à gauche, accélération, freinage, changement de vitesse, dernière accélération, petit coup d'oeil dans le rétroviseur avant de se rabattre, freinage : gagné, premier au feu ! Vous avez effectué cinquante mêtres avec départ à l'arrêt en moins de 12 secondes. You are a winner. Nouveau feu rouge d'une durée de 16 secondes, merci de bien vouloir patienter...
En général, c'est à ce moment là que le cycliste que vous aviez gazé au dernier feu se pointe à nouveau, et se positionne juste devant vous sur la "ligne d'arrivée". Cela fait irrémédiablement penser au conte du lièvre et de la tortue. Et si cette fable était poussée à son paroxysme ? Les cyclistes strasbourgeois pourront bientôt tourner à droite quand le feu est rouge. Terrain d'expérimentation, cette mesure pourrait être généralisée sur tout le territoire.

Les cyclistes strasbourgeois pourront bientôt tourner à droite quand le feu est rouge.
Source : site de la ville de Strasbourg

Le Maire de Strasbourg et le Président de la Communauté urbaine se réjouissent que les 100 000 cyclistes de l'agglomération soient bientôt admis à tourner à droite aux feux rouges sans commettre d’infraction tout en respectant la priorité accordée aux piétons. Strasbourg, avec ses 480 kilomètres de pistes, demeure la 1ère Ville cyclable de France et semble plus que jamais déterminée à faire ce qu'il faut pour le rester.
Dominique Perben, Ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer vient de proposer d’expérimenter à Strasbourg, le « Tourne à droite » pour les cyclistes quand le feu est au rouge.

En effet, sous certaines conditions, les cyclistes arrêtés à un feu rouge pourront poursuivre leur chemin à droite et continuer sur cette voie.
Ce nouvel aménagement facilitera leurs déplacements grâce à un gain de temps certain. Ainsi, le cycliste sera favorisé par rapport à l’automobiliste.

Cette possibilité de « Tourne à droite », qui existe à l’étranger et notamment en Belgique est réclamée en France par les cyclistes et leurs associations représentatives. Strasbourg, capitale de l’Europe, est aussi un territoire d’expérimentation des mesures adoptées chez nos voisins européens et participe ainsi à l’harmonisation des règles de circulation.

Hubert Peigné, coordonnateur interministériel pour le développement de l’usage du vélo devrait se rendre très prochainement à Strasbourg pour étudier la faisabilité de l’expérience « Tourne à droite » sur le territoire de la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg.
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Des expériences bien plus surprenantes ont lieu dans d'autres pays de l'Union européenne. Comme aux Pays-Bas, où il existe désormais des villes sans panneaux. L'absence de signalisation et d'indications de priorités responsabiliserait ainsi les usagers sur le partage de l'espace public et sur la nécessité de cohabiter de façon civique. Plus d'infos ici.

mardi 24 avril 2007

Ghetto cyclable

Il était une fois un cycliste urbain chevronné. Habitant Trélazé, il envisagea de rejoindre le centre-ville d'Angers en passant par la rue des Perreyeux qui longe la clinique Saint-Léonard. Il n'y a pas si longtemps encore, il y partageait le bitume avec les automobilistes. Une bande cyclable, certes peu large, y avait été dessinée, qui suffisait à rendre le partage de l'espace légitime au yeux des automobilistes. La chaussée étant suffisamment large pour accueillir autos et vélos, tout se passait donc à peu près pour le mieux dans le meilleur des mondes...



Puis un jour, des élus locaux, à grand renfort de consultants en voirie et urbanisme, définirent une politique cyclable d'envergure devant faciliter le trajet du cycliste et pacifier la ville au passage. Après d'interminables études et recherches, le projet fut lancé, achevé et finalement, trois coups de peinture plus tard, inauguré en grandes pompes.



Mais quel ne fut pas leur désarroi quand le cycliste fut venu. Il s'avéra que celui-ci persistait à rouler sur la chaussée avec les automobilistes malgré les récurrents coups de klaxons de ces derniers qui du coup ne supportèrent plus sa présence.
Les élus, agacés, lui demandèrent :
-"Mais monsieur, pourquoi n'utilisez-vous pas notre nouvel aménagement ? Une si belle piste, construite à grand renforts de centimes d'euros et largement annoncée dans les médias locaux. Vous y seriez fort aise, à n'en point douter, ainsi installé loin des voitures !"
Le cycliste répondit :
-"Vous vous méprenez, messieurs, je ne m'y sens pas en sécurité. Avant, mon trajet empruntait, fort logiquement, une ligne droite. S'il est généralement sécurisant d'être à l'écart du trafic, ici tel n'est pas le cas. A trois reprises, je dois marquer un arrêt et laisser la priorité aux automobilistes. Trois intersections, autant d'occasions de collision en cas d'inattention, de ma part ou de celle d'un automobiliste, alors qu'avant jamais nos chemins ne se croisaient ! J'ajouterai de surcroît que si j'utilise le vélo en ville c'est que celui-ci constitue un moyen de transport rapide, or vos aménagements me soumettent au trafic automobile et m'imposent un parcours qui me fait perdre beaucoup de temps."
Les élus ne surent que dire. Eux qui avaient investi tant de centimes d'euros dans cet ouvrage sans jamais rechigner sur les efforts des employés municipaux avaient pourtant oublié un détail essentiel, pourtant dans l'air du temps : procéder à une concertation, consulter le principal intéressé...